‹ ErasmeChapitre 110 sur 247 · i;i mai nu · texte numérisé non relu

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Ce qui est vrai et ce qui explique les extrêmes ménagements d'Erasme dans ses rapports directs avec les princes, c'est, avec le souci de sa propre sécurité, le désir plus élevé de ne laisser perdre aucune des forces qui pouvaient contribuer au progrès des bonnes lettres. « Il n'est pas de contrée si barbare, écrit-il, de pays si éloigné des cbevaux du soleil, comme parle Virgile, qui ne voie naître en foule d'iieureux génies dignes de la Grèce, quand les Mécènes ne lui font pas défaut '. » C'était trop compter peut-être sur les effets d'un patronage officiel, du moins c'était proposer un noble but à l'a-mbition des princes. Cette passion des bonnes lettres, en effet, est le trait qui domine cbez Erasme. L'ardeur de l'étude qui nait avec lui ne s'éteint qu'à son dernier jour. Volontiers dirait-on avec Rabelais : « Tel était son esprit entre les livres comme est le feu parmi les brandes. )) Il est bien de la famille de ces érudits, contemporains eux-mêmes des grands artistes de l'Italie, d'Angelico da Fiesole qui, avant de commencer un tableau, s'y prépare par la prière et le jeune ; de Michel-Ange qui à soixante ans fait voler en un quart d'heure plus d'éclats de marbre que n'auraient pu faire trois des plus jeunes sculpteurs, et dont la fureur est telle que l'on craint à tout instant que le marbre ne se fende. L'art pour ceux-ci, la science poiu' ceux-là, c'est toute leur vie, leur conscience, leur religion. Erasme dit que son salut est intéressé à poursuivre ses études, comme Michel-Ange répond au duc de Florence que « laisser Saint-Pierre inachevé serait un péché. » Ou encore ces travailleurs de la Renaissanctî ne font-ils pns|K'nser aux moines des premiers siècles, dont ils aimaient à médire,

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