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Eccleniastcs, lib. m. passiiu

cateurs étaient incapables de faire l'éducation religieuse et morale de leur auditoire. Aussi la parole de Dieu n'était pas moins profanée par la manière de l'écouter que par la manière de la donner. On interrompait l'orateur par des ricanements, quelquefois par des sifflets. Sa voix était couverte par le bruit des conversations particulières, auxquelles se mêlaient les cris des enfants et les aboiements des chiens. On n'avait guère plus de respect pour le prédicateur que « pour le charlatan qui vient poser sa table sur la place publique, et vendre le moyen de détacher les vêtements, ou de guérir le mal de dents, les yeux chassieux et la fièvre quarte '. » Mais la faute était à ceux qui provoquaient un pareil rapprochement. La scolastique n'avait rien fait pom' débarrasser la chaire des souillures qui la déshonoraient : par impuissance ou dédain, elle n'essayait pas de relever la dignité de la prédication chrétienne, elle n'était pas éloignée de croire que la trivialité du langage et une certaine grossièreté de pensée doivent être excusées chez celui qui parle à la multitude ^

La prédication chrétienne était donc moins encore une reprise à faire sur la scolastique, qui l'avait dédaignée, qu'une précieuse conquête à tenter au nom du goût et de la morale. C'est le but AaV Ecclésiaste ; et si, en élaguant les broussailles, nous parvenions à réunir les traits qui composent la ligure principale, celle du prédicateur chrétien, nous verrions se détacher un type sérieusement élevé, qui tout à la fois rappelle l'orateur

1.' Jïcc/., lib. II. — 2. Trois conciles provinciaux de 1528 tenus en France interdirent ;iux prédicateurs de faire rire leur auditoire par des fables et contes burlesniies, et de citer les poètes et auteurs profanes. Le concile 'de Trciit(! clierrlia aussi h corriger ces abus. V. sessio xxiv, decteluin de reloiindliouc, c.'ip. iv.

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