‹ ErasmeChapitre 127 sur 247 · S. Math · texte numérisé non relu

S. Math

protestations, de ne pas reconnaître quelque affinité entre son esprit raisonneur, positif, et une doctrine qui, en niant l'unité de substance dans les trois personnes divines, et supprimant ainsi le côté surnaturel du Christ, a toujours séduit le rationalisme *. A propos du texte : Dominus meus et Deus meus - : « C'est le seul passage, dit Erasme, dans lequel l'évangéliste donne ouvertement au Christ le nom de Dieu. » « Il est rare, remarque-t-il encore, que dans les lettres apostoliques le nom de Dieu soit attribué au Christ et au Saint-Esprit. Saint Pierre, dans les Actes, appelle le Christ un homme approuvé de Dieu ; saint Paul, devant les Athéniens, le nomme de même. Dans le Symbole des apôtres, le nom de Dieu n'est donné ni au Fils ni au Saint-Esprit. Sans doute il ne faut pas tout dire à tous et en tout temps ^ » La raison alléguée ici par Erasme pour expliquer le prétendu silence des apôtres sur un point de doctrine si essentiel pouvait paraître assez faible pour ressembler à une précaution de langage. Il va plus loin; il lui

1. Sur l'arianisnie d'Érasme on peut consulter Bellarmin dans la préface aux livres sur le Christ ; Possevin, dans ses livres sur les athéismes des hérétiques et dans celui de l'Appel des nouveaux ariens à Érasnip.

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