‹ ErasmeChapitre 128 sur 247 · Saint Jean, c. 20, note · texte numérisé non relu

Saint Jean, c. 20, note

3. V. Nov. Testam., p. 417, GIO, 930.— Mais il est au moins singulier qu'Érasme ne rappelle pas ici le plus explicite des textes de la Sainte- Écriture, et qui est celui de saint Jean au cli. i de son Évangile : « Dans le principe était le Verbe, et le Verlte était en Dieu, et le Verbe était Dieu. » — Saint Paul de même, au ch. ii de l'épitre aux Philippieus : « Ayez en vous les dis^jositions de Jésus-Christ qui, ayant la forme de Dieu, n'a point cru que ce fût une usurpation pour lui d'être égal à Dieu, mais qui s'est anéanti lui-même en i)ronaut la forme d'esclave et la ressemblance aux honnnes, éhint recdiiuu pour iiomuic i)ar tout ce qui a paru de lui au dehors. » La j'urinc de Dieu, c'est l'êlic, la uature de Dii'ii. Toutes les pages de l'Evangile supposent et auuouceut ru uiêuie leiup:^ le mystère de l'Incaruatiou.

échappe de dire : « Je ne patronne pas les ariens ; mais, si je déteste leur impiété, j'admire leur doctrine ' ; » et à propos du te solum verum Deum de saint Jean, il ajoute cette note relevée par Lee : « Ce passage entre tous les autres a fourni aux ariens l'occasion de leur erreur. Ils ont dit que le Père seul était vraiment et proprement Dieu, estimant peut-être, ce que nos théologiens accordent, qu'il est le seul principe de la Divinité. » Erasme récuse même les deux textes tirés de saint Jean et que l'on oppose aux ariens. Le premier est celui-ci : « Ils sont trois qui rendent témoignage au ciel, le Père, le Fils et le Saint-Esprit; » Erasme déclare n'avoir pas trouvé dans l'édition grecque ces trois derniers mots, et Lee lui reproche d'avoir fait cette dangereuse révélation. Le second texte : « Mon Père et moi nous sommes, un » ne suffirait pas à fermer la bouche aux ariens. Ils répondent que le mot un peut ne pas s'entendre de l'unité d'essence et appuyer leur opinion sur d'autres textes du même évangéliste. Mais après s'être avancé jusque-là, après avoir donné toutes les raisons qui paraissent justifier l'arianisme, Erasme revient vite, on peut le croire, à son propos ordinaire, à son refrain, et déclare qu'il ne croit sur cet article de foi rien de plus, rien de moins que l'Eglise catholique. « Quelle est ta foi? disait le diable à un mourant. — Je crois, répondit celui-ci, ce que croit l'Eglise — Et l'Église, que croit-elle? — Ce que je crois. » Erasme cite ce mot et se l'applique. La critique n'est pas ici moins embarrassée que le diable lui-même. Erasme cherche-t-il le repos dans cette ignorance c/irétienne où se réfugie la foi do Bossuct? N'est-il qu'un sceptique prudent, un incrédule honteux, (|ui

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