‹ ErasmeChapitre 129 sur 247 · Prop. 23 nd Tihim, II · texte numérisé non relu

Prop. 23 nd Tihim, II

n'ose se découvrir? ou mieux, l'un de ces raisonneurs, plus curieux de contredire et d'ébranler que de renverser?

Mais ce qui ne saurait plus nous surprendre, ce sont les jugements contradictoires que dut subir la religion d'Erasme. Gliacun dans c|uek{ue mesure pouvait croire qu'il lui appartenait. Il avait fait des déclarations de foi assez nombreuses et assez explicites pour que les catlioliques le comptassent encore dans leurs rangs et couvrissent même, s'ils l'eussent voulu, de quelque indulgence les curiosités téméraires, les vœux de réforme et les révélations compromettantes que laissait échapper ce trop libre esprit. Les luthériens, de leur côté, avaient le droit de relever chez Erasme une certaine communauté de vues sur plusieurs points importants de la discipline ecclésiastique et de la morale religieuse. N'avait-il pas avant Luther censuré les mœurs du clergé, des moines, de la cour romaine elle-même? N'avait-il pas condamné le commerce des indulgences; provoqué le pouvoir civil à restreindre dans de justes limites la juridiction ecclésiastique ; réclamé pour le culte une gravité plus sérieuse, et insinué que celle attache aux formes extérieures de la religion n'était que l'opiniâtre résistance de l'esprit judaïque, la lutte toujours renaissante de Pierre et de Paul? S'il avait abandonné la Réforme, n'était-ce pas par amour de son repos, par timidité, par crainte de la colère des princes, peut-êire par une secrète jalousie contre Luther, (pii avait saisi le premier rang? De leur côté les déistes, que l'on apjielait ariens dans ce siècle théologique, dis[)utai('nl lùasiue ;ni\ ciillndiques comme aux protestants, et ils lucttaieiit avec (|ii('l([ue vraisem])lance sur la dureté des lenq>s la faute des rcslriclioiis et des i''qniv(»((nes par les<[uelles

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