Dr iAllenuif/nc, cli. l
2. V. 11! passage entior dans Yllisloiic ilc I.id/irr do M. Aiidiii, au chai), iulilulé : Catherine IJora.
une pensée de colère a traversé son esprit, et son chant lyrique se termine par une injure brutale.
Esquisser le portrait de Luther, c'est déjà montrer l'opposition de son caractère avec celui d'Erasme, c'est indi- ({uer la cause vraie de cette aversion réciproque qui se changera bientôt en hostilité déclarée. Il n'est pas besoin, pour expliquer leiu" rupture, de répéter qu'Érasme ne pardonna pas à Luther de s'être emparé du premier rôle, que convoitait son ambition, et que laissa échapper sa timidité. Erasme n'a de Luther ni les tendresses de cœur, ni l'intime sentiment de la nature, ni les élévations mystiques, ni les emportements grossiers. Presque toujours maître de lui, aussi incapable de souffrir un joug que peu soucieux de l'imposer aux autres, il a cette ironie raisonneuse qui exaspère un chef de parti. Luther, par un mélange de grandeur et de rudesse, est l'homme de la foule et le chef naturel de la Réforme ; Érasme, l'homme du petit nombre, des classes éclairées, le chef de la Renaissance. A ses yeux, si la morale chrétienne s'adresse à tous, les questions théologiques doivent être réservées aux loisirs des érudits assemblés sous la présidence des princes. Pour Luther, elles relèvent du peuple qui ne peut et ne doit pas s'en désintéresser. Luther traduit la Bible en allemand, Érasme traduit le Nouveau Testament en latin. Dans le débat qui va suivre, ce sera de la part d'Érasme un grief contre Luther que cette invasion de la foule dans le domaine théologique. « On entend les soldats répéter çà et là : Qu'importe? il n'y a pas de libre arbitre. Dieu opère en nous le bien comme le mal... Les corroyeurs en buvant ensemble dis])utent sur le lil)re arbitre. * » Il reproche