‹ ErasmeChapitre 134 sur 247 · fh' lih. urh · texte numérisé non relu

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à Luther do lui échapper en usant de l'idiome allemand, et lui-même oublie ce qu'il a souvent répété, que les apôtres avaient écrit en langue vulgaire pour être compris de tous.

On peut fixer à Tannée 1524 la date de la rupture complète entre Érasme et Luther. Joachim Camerarius, Nasen, Burkhard de Weimar, qui étaient allés visiter Érasme à Bâle, rapportèrent qu'il leur avait parlé en termes très-sévères de la Réforme. Il tenait cependant à montrer que ni les violences ni les dédains de Luther à son égard ne le feraient sortir de sa modération habituelle. Cette année même, un noble Polonais, qui était venu le voir, avait mis la conversation sur Luther. « Admettez-vous sa science? lui demanda-t-il. — Assurément, répond Érasme. — Et sa doctrine? » Erasme s'excuse. (( Ce sont des cjuestions qui dépassent mon entendement. Je ne saurais nier cependant qu'il n'ait dit des vérités, donné de justes avertissements, et touché avec force à bien des plaies. — Et quels sont ses livres que vous approuvez surtout? » Érasme nomme les Commentaires sur les vingt psaumes et le livre sur les Quatorze spectres; il. ajoute même qu'il en approuve que les autres condamnent, bien que dans ceux-ci Luther mêle du sien. Mais Érasme n'a garde de les citer. Un autre jour, le même personnage revient lui faire visite. Il voit sur le bureau une lettre dans laquelle Luther traitait Erasme avec peu d'honneur. Il la prend. « Vous préparez un larcin, dit vivement Erasme, et pourquoi ? — Je veux, répond le visiteur, prouver à mon roi qu'I*]rasme n'est pas du parti de Luther autant qu'on le ré[)èt(\ » Erasme lui montre alors d'autres lettres où Liillirr \{\ ménage moins eiicoi'e, mais il se défend [)ar sf raisons (n'dinaiies d'cM-rirc |tnbliqiiement conlre hii.

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