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2. Divx Genovefx préfsidiu a qiiartnnn f'ebre •ibernti cnrmeii votirm/i. Bourdaloue a rappelé ce poiinie d'Érasme dans le Sermon pour la fête de sointe Geneviève (deuxième partie). Parlant des miraolos qu'opère le corps de la Sainte, il ajoute : ■< N'est-il pas (le corps) jusipii' dans le toni-

18 VIE DÉRASME.

A cette date (1498), Erasme vil à Paris avec deux jeunes gens qu'il appelle dans ses lettres Augustin et Henri. Tous trois forment une société que réunit et anime un seul intérêt, celui de Tétude. « A table, écrivait-il, on jase sur les lettres, et, grâce à cet assaisonnement, le repas est splendide. A la promenade, nous badinons sur les lettres ; nos moindres jeux ont les lettres pour objet. C'est en nous entretenant des lettres que le sommeil vient nous surprendre; nous rêvons des lettres, et, à peine éveillés, c'est par l'étude des lettres que nous commençons la journée '. » Ne croirait-on pas entendre la cloche même de cette petite communauté demi-laïque dans ce mot répété de litterœ , si doux à l'esprit et à Toreilb;? Cette passion chez Erasme domine toutes les autres : elle dirige ses jugements, elle explique ses répulsions comme ses sympathies. Pourquoi ses paroles dures contre les Hollandais, ses compatriotes, qu'il compare aux Phéaciens ^ ? parqu'ils résistent aux progrès des lettres, « de ces lettres tjui sont la seule et vraie richesse de l'homme, que la fortune ne peut ni donner ni enlever, qui ne vieillissent pas comme la b(Niulé, et ne s'affaiblissent pas comme la force du corps ^ » Au contraire, s'il aime l'Angleterre, s'il pense à s'y fixer, c'est parce qu'il croit la voir lutter avec ardeur contre l'ignorance. Aussi Erasme se plaît-il singulièrement dans ce petit groupe d'Anglais éi'udits (htnt il ]>iniage cl excite \o zèle. L'attrait ([ii'il

beau une source de vie pour tous ceux qui oui l'ecours à eefte précieuse relique, et les esprits les moi?i.<t disposés à en convenir, convaincus par leur propre expérience, \u- lui ont-ils jtas rendu hommage? Témoin celte action de îj;ràces en lurnie d'élofïe qu'Erasme conqiosa, et où il déclare si liautemcnt ipie Udlre Sainte était après Dieu sa liiiératrice, et qu'il ne vivait que |iar le hienfait de son intercession. ■■ I. Ep. -vi. — 1. Ep. :i:i. .iii. — '.S. Ep. :f2.

leur inspirr nest pas moins vif, et c'est peut-tHre dans ce cadre qu'il conviendrait de placer le portrait d'Erasme, arrivé à la pleine fleur de sa jeunesse, pour lui donner tout son avantage. Son extérieur n'est pas imposant, mais agréable et séduisant. Son corps, petit, délicat, est bien proportionné. Son habillement n'est pas sans élégance. Son regard et sa voix sont expressifs; ses cheveux blonds, ses yeux bleus, sa peau blanche, trahissent son origine germanique. D'ailleurs, il a l'humeur joyeuse, le rire éclatant, il ne veut pas que l'on soit sage à toute heure. Sa riche mémoire n'ote rien à la vivacité • souple de son esprit. Gai convive, facile alors à se livrer, prompt à saisir les ridicules et hardi dans ses railleries, il jette avec verve les mots plaisants ou téméraires, il amuse en racontant des légendes sur le paradis terrestre ' , il médit des rois et des théologiens, mord les moines jusqu'au sang, et, par cet entrain d'humeur franche et libre, plaît à ceux mêmes qu'il étonne ou irrite.

Mais les servitudes d'une vie étroite et mal assui'ée revenaient trop tôt dissiper ces courtes heures de gaieté expansive. La correspondance d'Erasme n'est guère en ce moment qu'une suite monotone de demandes d'argent ou de doléances sans dignité. Il s'irrite de se voir oublié par l'évèque de Caml)rai et la marquis*^ de \ Cra. 11 reproche même à Battus sa froideur, cl ^a jiis(|!rà insinuer que les libéralités de la mar<|uise s'(''gai('nt siu* des personnes qui ne les méritent pas. Il craint d'avoir inutilement compose un petit traité de morale j»rati(|n*'. qu'il a dédié au j(nine Adolphe de lîoiugogne '"'. On paraît lui en savoir peu de gré, puis([n'on ne lui fait

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