Ep
prêchent l'anareliie et la commiiiiaiité des biens, ont du moins des mœurs plus pures '. Mais « les villes d'Allemagne se remplissent de vagabonds, de déserteurs de monastères, de prêtres mariés, la plupart faméliques et nus. On ne fait plus que danser, manger, boire et faire le sabbat; ils n'enseignent et n'apprennent rien; nulle sobriété, nulle pureté de mœurs ; partout où ils sont, les lettres sont mortes avec la piété ^ » Erasme les poursuit tantôt avec l'arme aiguisée de l'ironie, tantôt avec un accent d'àpre colère. « S'il faut croire à la tradition qui nous apprend que l'Antéchrist doit naitre d'un moine et d'une nonne, que de milliers d'Antechrists le monde possède aujourd'hui ^ !» « Aujourd'hui ceux qui ont rejeté les livres de prières ne prient plus. Beaucoup ont déposé l'habit de pharisiens qui sont devenus pires qu'ils n'étaient auparavant. Ceux qui méprisent les constitutions des évêques n'obéissent pas aux préceptes de Dieu. Ceux qui ne reconnaissent pas les lois de l'Eglise dans le choix des mets se laissent aller à toute leur sensualité. S'il fallait, comme ils le veulent^ abolir la messe, parce que plusieurs en abusent, il faudrait faire de même pour leur prêche, qui est presque la seule cérémonie qu'ils conservent '*. » Ces fragments sont tirés de la correspondance d'Erasme, dans les années 1526 et 1527; mais cette vive répulsion pour les réformés va croître et s'aigrir encore. Si nous relisons les lettres de 1530, quand, chassé de liàlc par la faction d'(Ecolampade, Erasme s'est réfugié à Fril)()urg, nous trouvons lin accent d'irritation encore plus accusée. « Tousles évêques de llome, leur dit-il, jusqu'au vingt et unième, ont, si je ne me trompe, remporté la palme du martyre ;