‹ ErasmeChapitre 146 sur 247 · Ep. 843. — 2. Ep. .Mrl.iiirlith. :illi, ilT · texte numérisé non relu

Ep. 843. — 2. Ep. .Mrl.iiirlith. :illi, ilT

Albigeois ; mais lui-mèmo n'avait-il pas reconnu d'ahord le droit de prendre les armes pour la défense de la doclrine? En relevant ces cruelles contradictions, en jetant à Luther rallusion terrilde de Néron assistant loin du danger à Tincendie qu'il avait allumé ', Erasme, il faut le reconnaître, montrait un courage qu'il ne convient pas de déprécier, et certes il avait quelque droit de rappeler aux sorbonistes de Paris qu'il avait combattu à un poste dangereux pour une cause qu'on l'accusait trop légèrement d'avoir trahie.

Mais Erasme (et c'est là le trait essentiel qu'il faut marquer), en se déclarant si vivement contre Luther, resta cependant lui-même, et ne donna pas à la cause catholique d'autrf^ gage que celui d'une obéissance tiède et résignée. Il était de ceux, on doit le dire, qui défendent leur parti jusqu'au bûcher exclusivement, et cela par une double raison : d'abord parce qu'il y a dans leur àme un fond de timidité qui paralyse et amortit bientôt un premier entraînement, et aussi parce que leur esprit, plus étendu que profond, sachant mieux embrasser les difficultés d'une question que les démêler, plus éloigné peut-être en réalité du dogme qu'ils acceptent que du scepticisme dont ils ne veulent pas être accusés, n'a pas de la vérité une vue assez claire pour lui porter ces incroyables amovu's dont a parlé Cicéron.

Ces sortes d'esprits, jetés dans les époques de transformation violente, se flattent parfois d'un rêve qui les honore, mais dont ils ne tardent pas à reconnaître euxmêmes l'illusion, et dont ils se fatiguent bientôt à poursuivre l'accomplissement. Ils voudraient, sans troubler cependant un repos (pii leur est cher, amener les deux

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