Coll. FiuiHs
tant de temples vivants du Christ meurent de faim, font horreur par leur nudité et sont privés de tout le nécessaire '. » Ce sont eux encore qui s'insinuent dans la confiance des princes et leur soufflent l'esprit de guerre et de conquête : « Il y a certains animaux couverts de manteaux noirs ou blancs, de robes couleur de cendre, revêtus d'un plumage différent, qui ne quittent jamais les cours des princes. Ils leur versent goutte à goutte l'amour de la guerre; ils y exhortent le peuple et les grands; dans leurs discours évangéliques, ils crient sans cesse que la guerre est juste, sainte et pieuse... ils le répètent aux deux partis. Chez les Français, ils prêchent que Dieu est pour les Français, et qu'on ne peut vaincre celui qui a Dieu pour protecteur. Chez les Anglais et les Espagnols, ils disent que ce n'est pas César, mais Dieu qui fait la guerre. Si un soldat vient à tomber, il ne périt pas, mais il vole tout droit au ciel, et comme il était, tout armé. C'est que ces hommes tirent plus de profit des mourants que des vivants. Il y a des testaments, des repas funéraires et mille autres gains qui ne sont pas à dédaigner ^ » Mais pendant que les moines jouent leur jeu auprès des puissants avec toutes les ressources d'une flatterie savante, ils n'ont besoin que de grossiers artifices pour séduire le peuple et exploiter sa crédulité. C'est presque uiiic^uement des saints ({u'ils lui parlent. Ils vont dire aux simples : « François enverra de terribles maladies, s'il ne reçoit pas les honneurs qu'il mérite, et fargent qu'il demande pour son ordre '. » Au contraire, le Seigneur a juré que nul ne mourrait mal, s'il mourait revêtu de la robe de saint François.