‹ ErasmeChapitre 165 sur 247 · Coll. Cliavon · texte numérisé non relu

Coll. Cliavon

'.). Cuil. Exsequiœ Seraphicœ.

Il évitera jusqu'au purgatoire, car les démons ont plus peur du capuchon de saint François que de la croix de Jésus-Christ '.

Les moines pénètrent surtout dans les familles; car, pour assurer la fortune de l'ordre, c'est l'enfance dont ils cherchent surtout à s'emparer. De là tant d'intrigues mauvaises, si souvent racontées par Erasme, pour jeter les enfants de riche maison dans une vie contraire à leur goût, que ceux-ci subissent avec répugnance, et qu'ils déshonorent bientôt par leur conduite déréglée. Tantôt c'est par de séduisantes promesses, tantôt par les sophismes d'une fausse dévotion ou des menaces ridicules, au besoin par le charlatanisme de prétendues incantations magiques que les moines dérobent h des parents timides des tilles bien dotées. Ils disent, pour rassurer au besoin leur conscience, que c'est un vol pieux, agréable à Dieu et utile au monastère ^

Nous n'insisterons pas plus longuement sur la satire d'Erasme contre les moines. Il suftit d'en connaître l'esprit général, le ton irrité ou amer. Aussi bien cet accent continu de dénigrement et de haine est-il propre à nous fatiguer, quand même il ne blesserait pas notre respect pour ce qui reste à nos yeux, en dépit des faiblesses hu-

1. Coll. Ex.sequi.v Seraphic.v. M. Heiiiricli (Hist. de in littérature allemande, t. T, p. 282) montre à quel point les légendes avaient habitué l'esprit populaire à la familiarité avec les saints. « Les saints, dans les maîtres chanteurs, sont caractérisés moins par leurs vertus que par ce qu'on boit ou mange à leurs fêtes. On célèbre saint Jean-Baptiste « qui fait rougir les cerises, » le bon saint Gilde « qui nous donne la bière nouvelle, » le noble saint Martin « qui remplit les tonneaux de vin. » On y ajoute même l'éloge du grand saint Mardi-Gras « qui couvre les rues de fous joyeux. » Par contre, saint Antoine » met le feu aux jambes, » saint Eutrope « fait les liydropiques. » Cf. Rabelais, éd. Rathery, t. i, p. 173.

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