Jill. Viir/o ij(rnitens
mailles, lapins haute expression de la vie chrétienne. Il ne serait ni juste ni possible de chercher autre chose dans les écrivains du seizième siècle que le portrait satirique et chargé du moine dégénéré. L'impartialité commande aussi d'ajouter que si la vertu monastique s'était en effet visiblement affaiblie, c'était là une suite d'un mal plus profond, plus général, qui était la décadence du sentiment chrétien dans la société entière. Elrasme le reconnaissait lui-même, cj[uand il écrivait ces sages paroles : « Quelle est cette perversité de haïr un moine parce qu'il est moine? Vous faites profession de christianisme, et vous êtes l'ennemi de ceux qui sont les plus semblables au Christ! Je sais bien que la plupart sont très-éloignés de cette image des premiers moines. Mais combien y a-t-il de chrétiens qui aient gardé aujourd'hui la sainteté de la primitive Église? Il n'est plus aucun genre de vie que nous puissions approuver, si les méchants nous font haïr les bons \ »
Est-il vrai d'ailleurs qu'au milieu de cette corruption trop réelle de la vie n^ nastique, aucun ordre, aucun monastère n'eût échappé à la contagion? Hutten luimême a parlé de l'austère discipline qui régnait sous la direction de l'abbé Jean II à l'abbaye de Fulda. Au quinzième siècle, la sève parut avoir abandonné ce grand arbre monastique qui avait si longtemps couvert et défendu la chrétienté ; elle n'était nullement tarie, et le seizième siècle, dès les premières années, vit repousser sur ce tronc puissant do vigoureux rameaux qui allaient donner à ri'^gliso des fruits abondants. Un écrivain sérieux résume fort bien les principaux faits de cette régéuération
1. Épltre an chartreux Jean Emstedius, citée par M. de Montalembert dans les Moines d'Occident.