Adage 0?i est vite cojirlâmné par les rois
inspire à Érasme les accents les plus indignés. « Autrefois, même sous des tyrans encore grossiers, la mer, les rivières, les routes, la chasse, tout cela appartenait à tous. Aujourd'hui les seigneurs, comme s'ils étaient seuls des hommes ou plutôt des dieux, revendiquent tout pour eux. L'infortuné navigateur est forcé de tout souffrir au gré d'un insolent pirate, comme si c'était trop peu pour ce malheureux d'avoir affaire aux flots et aux vents, sans qu'il ait à supporter d'autres tempêtes. Un port se présente, on lui extorque quelque chose; un pont, il faut donner; un fleuve, vous avez à compter avec le privilège des princes. — Vos marchandises, il faudra les racheter à ces sacrilèges ! Pour comble de cruauté, le pauvre peuple est privé du nécessaire ; la nourriture du misérable est rongée par toutes ces dîmes et impôts. Il n'est pas permis de rapporter le blé de vos champs sans payer la dîme. Le plus souvent le vin importé paye la dîme. Chez plusieurs nations, on met à part pour le prince la moitié de la bière. Vous ne tuez pas une bète sans payer le fisc, vous ne revendez pas un cheval, acheté de votre argent, sans payer quelque chose. Il est dea contrées où l'on ne peut conclure un mariage légitime sans payer une rançon. Est-il aujourd'hui dans la plupart des pays une magistrature, un office, une charge qui ne soit pas achetée? Enfin, comme tout cela ne saurait remplir ce tonneau percé qui est le fisc des princes, on a recours à la guerre, et les princes jouent ce jeu, pendant que le malheureux peuple est sucé jusqu'à la moelle ^ »
1. AdfKjas. » Le roi (Fordiiuuitl I<"" do Niiples), dit Coinmines, faisait toute la niarcliaiidisfi du royaume, jus([u'A bailler les pnurceaux au \\('\\ple et il les l'aire engraisser pour mieux les vendre. S'ils mouraient, il fallait ([u'ils les payassenl, et si la niareliandise sabaissait de prix, il