Coll. Militis et Carthusiani
enseignes et bandes des capitaines, la plupart étaient gens de sac et de corde, méchants garnements échappés de la justice et surtout force marqués de fleurs de lys sur l'épaule, essorillés, et qui cachaient les oreilles, à dire vrai, par longs cheveux hérissés et barbes horribles, autant pour cette raison que pour se montrer plus effroyables à leurs ennemis '. » Morus, au premier livre de YUtopie, indique comme la cause princijiale des vols la quantité de soldats blessés réduits à voler pour vivre. Comme les armées régulières étaient encore dans leur enfance, les princes faisaient la guerre avec des aventuriers tirés d'Allemagne ou de Suisse. Ceux-ci, rarement engagés pour plus de six mois, se dispersaient après la campagne, et ils avaient bientôt dépensé dans les orgies le produit de leur solde et de leurs rapines. Pendant la guerre elle-même, il se commettait des atrocités qui auraient fait rougir un siècle païen. Les mercenaires italiens pillaient les villes qui s'étaient défendues, ou les vendaient à des entrepreneurs de pillages. Derrière les armées allemandes on voyait attachées à la queue des chevaux de longues files do prisonniers, hommes et femmes, et Maximilien, marchant contre Venise, conduisit jusqu'à des chiens dressés à prendre et à déchirer les hommes. Il est juste d'honorer ceux qui protestèrent, comme Erasme, contre ces crimes sauvages qui déshonorent le seizième siècle.
Erasme, d'ailleurs, nous avertit qu'il avait réuni toutes ses pensées sur la guerre dans un livre intitulé Antipolrmna^ écrit à Home sous le poiitihcat de Jules II, au moment où ce pape guerrier se préparait à combattre Venise ^ . Ce traiti' ne se retrouve pas dans ses œuvres