‹ ErasmeChapitre 183 sur 247 · PAMPHLETS THÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PAMPHLETS THÉOLOGIQUES

testants comme des catholiques, et souvent le théâtre lui-même sera le champ-clos où se rencontreront les haines théologiques. Ici Cochlœus dirige contre Luther une comédie satirique, pendant c[ue Nicolas Manuel, dans le Mangeur des morts (1522), tourne grossièrement en ridicule les messes et les offrandes des catholiques pour le rachat des âmes. Là Stricker de Lubeck, dans le Débauché aUeniand, fait pièce aux catholiques en montrant un homme qui par le seul secours de la foi passe sans transition de ses orgies aux délices du paradis. Aux lettrés prudents succèdent les rudes soldats c|ui combattent à visage découvert.

Peut-on dire cependant, à prendre la question au point de vue moral, que ces hommes, de la famille des Erasme, des Montaigne ou des Bayle, qui commencent par la satire des révolutions dont les premiers ils détesteraient les suites, soient en droit de repousser toute responsabilité? Ce serait le dernier triomphe de leur habileté. L'écrivain que nous avons déjà cité, parlant de Marnix de Sainte-Aldegonde, l'ami de Guillaume d'Orange et l'auteur du pamphlet amer des Différends de la relif/ion., conclut ainsi : < iC'est le dernier acte du grand drame théologique du seizième siècle. La Folie en avait écrit le prologue par la main légère d'Erasme ; elle en rédige l'épilogue par la plume implacable de Marnix ' . » Mais la Folie peut-elle se croire toute innocente parce c|ue dans les sons durs et bruyants de Marnix elle ne reconnaît plus le tintement léger et discret de ses grelots? Tout se tient, et l'épilogue, dans une œuvre suivie et logique, est déjà dans h; prologue.

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