Hid. (Ir Vurt-Hinjal, t. 111, p
codification minutieuse, détaillée à l'infini, des divers articles de la morale révélée, codification faite exclusivement par les théologiens, et surtout destinée à instruire et à diriger les clercs, les confesseurs.
Or la sécularisation de la morale consiste dans l'application d'une méthode radicalement différente. La morale prend alors pour point de départ non plus le dogme, mais la conscience; non plus une révélation extérieure, mais une révélation intérieure. Elle ne procède plus exclusivement d'une doctrine positive, mais des lumières naturelles de la raison : elle trouve dès lors un terrain qui lui appartient en propre, et du même coup un champ immense et inexploré s'ouvre au moraliste qui désormais, distinct du théologien, s'efforcera d'observer l'homme, de connaître sa nature, ses inclinations, ses passions. Il pourra conclure, comme Pascal, à la vérité du dogme, à la nécessité de la foi : mais cette foi sera pour lui le point d'arrivée, et non plus le point de départ.
On peut donc dire que la sécularisation de la morale est une révolution qui annonce et fait pressentir de loin la révolution autrenf-ent profonde et générale que Descartes accomplit plus tard dans la philosophie, en faisant de la pensée et de l'évidence de la raison le critérium de toute vérité. Descartes sécularise toutes les sciences, au point de vue métaphysique, et consacre cette sécularisation antérieure de la morale.
Cette révolution <hnis la morale, que l'on voit poindre en Italie chez Pétrarque, si grand admirateur des anciens, et qui, favorisée par Erasme et .Montaigne, s'achève au dix-septième siècle, fut d';il)ord aidée par le réveil de l'esprit séculier à la tin (hi (juinzième siècle. L'Église fut ciitiainéf cllc-inéine diinslc mouvement gé-