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effet que déjà le dogme est plutôt accepté par Erasme avec résignation que reçu avec la foi confiante du chrétien. Il n'entreprend pas sur l'autorité de l'Eglise, il ne la conteste pas ; mais il impose respectueusement des limites à sa juridiction. Son effort visible, malgré ses prudentes restrictions, est de reléguer le dogme sur une hauteur inaccessible, en l'entourant d'un respect silencieux, et de soustraire à une autorité que la conscience de son infaillibilité rend jalouse de ses droits tout ce qui peut relever directement de la raison humaine.
Il serait facile de marquer par plus d'un exemple cette tendance d'Erasme. Pour n'en apporter qu'un seul, l'un des sujets que la morale scolastique et le droit canonique retenaient le plus étroitement sous leur dépendance était le mariage. L'Eglise, en plaçant le mariage au nombre des sacrements, semblait en avoir fait une question réservée. Théologiens et canonistes, les uns avec un esprit de défaveur qui s'inspirait des lettres de saint Paul, les autres ramenés à des sentiments moins durs par l'étude du droit romain, subtilisaient à l'envi sur un sujet dont après tout les laïques avaient bien quelque droit de ne pas ce désintéresser. Erasme fait effort pour limiter de ce côté les empiétements de la théologie, et cela toujours à couvert derrière l'autorité soit des Pères de l'Eglise, soit des anciens théologiens, qui ne comptaient pas le mariage au nombre des sacrements directement institués par le Christ. Ainsi il est curieux de suivre Erasme dans ses diverses polémiques à propos du divorce. Il incline toujours vers les concessions les plus larges, ^labile à affaiblir l'autorité des textes qu'on lui oppose, stins leur manquer de respect. Morus, plein de candeur et de sincérité, établissait liardiment b^ (liNoicc djnis sou !lc (l'rt«>[>i<'. l'Erasme donnait