‹ ErasmeChapitre 203 sur 247 · Ep. 387. — 3. Ep · texte numérisé non relu

Ep. 387. — 3. Ep

zième siècle si peu en garde contre le danger de ces recours en matière de foi à la juridiction de César, on comprend pourquoi les progrès de la liberté religieuse furent lents et pénibles. Loin de faire cesser la confusion des deux pouvoirs dont le moyen âge avait souffert, on en aggravait encore les maux. Les protestants et les catholiques allaient payer cher cette protection qu'ils demandaient à la puissance séculière. Comment se dérober aux effets d'une sentence que l'on avait soi-même imprudemment provoquée? Comment empêcher que le prince ne vît dans une opinion religieuse contraire à la sienne une résistance à son autorité, une provocation à la révolte? Morus, toujours guidé par une àme droite et généreuse, avait établi la liberté de conscience dans l'ile d'Ltopie. Erasme, c{ui semble à tant d'égards prendre l'avance sur son siècle, s'arrête ici comme à michemin. « Le prince, dit-il, brandit l'épée pour défendre l'Evangile du Christ. Dans plusieurs contrées, quand le prêtre, récite l'Evangile, il se tient debout le glaive nu ou la main sur la garde de son épée. Qu'il se réconcilie donc d'abord lui-même avec l'Evangile ; qu'il retranche les mauvaises passion.» de son âme avec le glaive évangélique, et ensuite, s'il le croit juste, qu'il ['ivc un fer menaçant contre les ennemis de l'Evangile ' . » Cette dernière concession marque la limite à laquelle Erasme s'arrête, trop peu assuré encore du succès et de la vérité de sa cause pour l'affirmer hautement et la placer sur son vrai terrain, le droit de la conscience à la libert»'.

Erasme traite moins timidement les questions ([ui appailicnnt'iil à Tordre piircnicnl |>olili(|U(;. Cependant,

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