‹ ErasmeChapitre 207 sur 247 · Ilistoirr de France àti M. H. Martin. 1. xi.v · texte numérisé non relu

Ilistoirr de France àti M. H. Martin. 1. xi.v

livrée en grande partie au caprice arbitraire du vieux fédéralisme féodal.

L'esprit féodal, nulle part vaincu, entravait surtout la liberté du travail et du commerce. Dans plusieurs districts, l'étranger, loin d'être protégé, était comme traité en ennemi publie. Le droit à-albinage permettait de confisquer ses biens, s'il mourait sans laisser de legs au seigneur du lieu. Les habitants des côtes réduisaient parfois en esclavage les malheureux qui y venaient échouer. Malgré l'anatlième du concile de Latran (1079), l'usage était presque généralement établi de s'emparer tout au moins des effets de ceux qui avaient fait naufrage, et de les confisquer au profit du seigneur'. Le règlement des impôts était, nous l'avons dit, tout arbitraire. Les droits de \)éRge [portoria], se répétant sans cesse à chaque barrière élevée par le caprice féodal, entravaient l'importation des produits étrangers. Les monopoles ruinaient tout esprit d'initiative et mettaient la fortune d'un pays dans les mains du petit nombre. Luther, dans sa célèbre Exhortation à la paix de 152o, reconnaissait la justice des demandes formulées par les paysans touchant les charges qut de jour en jour les écrasaient davantage. Erasme, avec moins de hauteur, ne laisse pas de plaider fortement la cause du faible et de l'opprimé. Comme il ne croit qu'au progrès relatif et lent des choses humaines, il n'espère pas voir tomber en un jour des abus invétérés. Du moins il signale et flétrit les plus criants, fait honte à son siècle de conserver encore l'esclavage, « ({ui devrait avoir disparu depuis longtemps

I. V. l'oljjii'scr, ilf Stnlii scrvoriDii,^ 17: Du (laiitic, voiiili. Ijnjanutn ; Uohf!rlsoii, ïiihlctni (II' r l-h'.nipc, nul. xxix ; Érasme, coll. di' Rrhia fir roctiljulis.

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