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LES FilÈRES DE LA VIE COMMUNE. 391
ment était ainsi conçu : « Scribere qui noluerit substractiono cibi aut potus pimiatw . » Thomas-a-Kempis fut le plus célèbre de ces laborieux ouvriers de la première heure. Là aussi se formèrent la plupart de ceux qui, attirés en Italie par la résurrection de la littérature classique, revinrent ensuite la répandre en Allemagne. Les bons frères et sœurs, comme on les appelait encore, se dispersèrent en différentes parties de l'Allemagne et des Pays-Bas, tout en conservant un établissement central à Deventer '. Ils avaient quarante-cinq maisons en 1430, et plus du triple en 1460. Si leur réputation paraît avoir été surfaite par Eichorn, on ne peut nier cependant qu'ils ne rendissent, à la veille de la Renaissance, un service considérable, en s'occupant avec ardeur de transcrire et de relier les livres. Dès 1476, ils avaient une imprimerie à Bruxelles, et bientôt ils en établirent une autre à Gouda ^
Les universités allemandes apparaissent, elles aussi, à la même époque, c'est-à-dire dans la seconde moitié du quatorzième siècle ^ Le recteur Dôllinger marque ainsi le caractère qu'elles ont à leur origine : « Les grandes. universités de Par>s, Bologne, Oxford, Cambridge, personne ne les avait fondées : elles étaient nées, s'étaient développées comme d'elles-mêmes, et l'on ne saurait indiquer exactement la date de leur origine. Il n'en est pas de même en Allemagne. Ici ce sont les
1. V. Lambiiiet, Orujuies de Vhnprimcrie.i. ii, p. 170 ; Revins, Dnventria illustratn, 1. n, p. 308; Bior/rapliie universelle, aux noms (lérnrd ot Kempis ; Hallani, Littérat. de l'Europe, t. I, p. 109.
2. Le premier volume qu'ils imprimèrent fut un énorme in-folio intitulé : Arnoldi Geilhoven seu de Roterodnmis gnotosolitos, sive spéculum conscientiœ. V. Didot, loc. cit.
3. V. la date de la fondation tic diarune d'elles dans Adoli ho Mullor, Lehcn des Ernsinus, p. i;j8.
princes qui fondent les universités; plus tard ce seront les villes, comme à Erfurt, Altdorf, Cologne, Prague. Celle de Prague, fondée par l'empereur Charles IV, ouvre la série en 1348, mais sa prospérité n'est pas de longue durée; elle portait en son sein les germes de sa ruine, de l'antagonisme toujours vivant des Tchèques et des Allemands. De là la grande émigration de 1409, qui réduisit à un tiers les 11 000 étudiants de Prague. A de courts intervalles, avant la fin du quatorzième siècle, furent fondées encore Yienne, Heidelberg, Cologne et Erfurt. Ces universités allemandes étaient d'abord surtout des établissements religieux; elles servaient aux besoins du clergé ; c'étaient des institutions qui n'auraient pu se suffire sans les revenus des prébendes. Le droit canonique y dominait; elles avaient souvent une Faculté entière de droit canonique, composée de six chaires; quant au droit romain, les Allemands l'étudiaient en Italie, à Bologne, Padoue et Pavie, et ils en rapportaient soit le doctorat en droit civil, soit le double doctorat ^ »
A côté des universités allemandes, qui empruntaient à celle de Paris ses statuts ot son enseignement tout scolastique % paraissent déjà d'autres centres d'étude, où
1. Discours nu jnljilé de l' Université de Munich. 1872. — V. Revue des Cours littéraires, numéro du 24 août 1872.
2. V. la curieusfi descriptiou que fait dans ses lettres le savaut .'Eueas Sylvius (le futur pape Pie II) de l'état des études dans l'Université de Vienne. Le professeur le plus remarqué, à peu près à l'époque où naissait Erasme, était Thomas Ilaselbaeli « qui pendant vingt-deux ans se borna il commenter le premier cha[iitre d'Isaïe, sans pouvoir arriver jusqu'à la lin. » Ou n'y connaît ni la niusi(pie, ni la rhétorique, ni rarithmétique. Ou ne lil (pic les commentaires d'Aristuto, parce qu'on tient pour le proverbe « qu'une glose vaut plus que ceut textes. » Les étudiants en viennent sans cesse aux mains avec les artisans dans les rues de la ville. Ep. \i).\, livre I.