‹ ErasmeChapitre 229 sur 247 · LES ADAGES · texte numérisé non relu

LES ADAGES

jointes aux Adages, sont en général d'un ton sec et dédaigneux. Il se montre plus curieux de surprendre Érasme en faute qu'empressé à reconnaître le mérite et l'étendue d'une érudition qui n'avait à son service que des instruments aussi imparfaits ^ Une critique plus fondée porterait sur l'extension donnée par Érasme à l'idée contenue dans le mot d'adage. La définition à laquelle il s'arrête : « L'adage est un mot célèhre, remarquable par une certaine finesse et nouveauté % » n'est pas assez propre à l'objet défini. Elle no dégage pas cette idée, il nous semble, essentielle, que le proverbe est la forme populaire d'une de ces vérités relatives qui trouvent dans la vie commune leur fréquente application, et sont comme la monnaie courante de la sagesse moyenne et pratique. La définition d'Érasme a le tort de forcer l'entrée des adages au profit de beaucoup d'expressions qui ne sont proprement que des métaphores ou des allusions. Érasme ne remplit pas seulement le cadre de son ouvrage, il le dépasse ^

Quoiqu'il en soit de ces réserves, et sans insister d'ailleurs sur des erreurs de détail que la philologie a depuis

sont perdus. Athénée cite dans sa Dipnohgie plusieurs autres recueils de ce genre (V. Bibl. gra-c. de Fabricius, 1. iv, c xi). Érasme réclame aussi avec insistance contre Polydore Vergilius qui prétendait avoir publié avant lui son recueil d'adages. Il aflîrme que Polydore publia sou ouvrage trois mois après lui, et que son recueil ne contenait que 200 articles (Ép. 602).

\. Henri Estienne s'était proposé, ce qu'il n'a pas eu le loisir de faire, de donner une édition réduite des Adages d'Érasme. Vers la fin de sa vie, il consacra cependant aux ])roverbes un traité spécial : Les prémices ou le premier livre des proverbes épigrammatisés ou des épigrammes proverbialisées (1594). V. Léon Feugère, Essai sur Henri Esiie»a>\ p. 177.

Page 1