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ne s'accordent pas entre elles? » Les approbateurs du Nouveau Testament furent nombreux : la correspondance d'Erasme les éinimère avec complaisance ' ; mais les variantes introduites dans le texte de la Yulgate. les commentaires et notes dont l'édition nouvelle était accompagnée, ne pouvaient aussi manquer de soulever de vives contradictions qui furent souvent, il faut le reconnaître , les scrupules sincères d'une foi justement alarmée.
Après un séjour de plusieurs mois à Bàle, Erasme était à Anvers au mois de septembre 1516. Il apprend i\ un ami qu'il a vendu ses chevaux; détail, soit dit en passant, qui nous permet de supposer que la pauvreté dont il se plaint souvent était fort relative. « J'ai épuisé ma bourse pour me vêtir, écrit-il, et je m'équipe pour l'hiver qui approche. Il ne me plaît pas de monter nu à cheval, et je n'ai pas encore le moyen d'avoir des vêtements et des chevaux -. » Cependant on continue à s'agiter pour lui procurer une situation égale à sa renommée. Le roi d'Angleterre avait pris Tournai au mois de septembre de l'année précédente. Mountjoy demanda pour Erasme et à son insu le canonicat de cette ville ' : la collation n'eut pas lieu, et Erasme n'en conserva aucun regret, parce que cette charge entraînait des dépenses <pii en diminuaient singulièrement l<*s avantages ''. Le roi, (pii préférait l'attirer en Angleterre, hii offrit, s'il consentait à s'y fixer, une riche maison aAcc une pension de (iUO florins '. A la cour de Charles- Quint, on parlait de le donner connue précepteur à Ferdinand, frère du roi ; mais l^>asme se déroba à une offre <|iii menaçait trop son indc^pendance. lùil-il la pensée
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de céder aux soUicitalioiis de Ximénès, alors gouverneur général de l'Espagne, et d'accompagner le jeune prince, qui devait Tannée suivante quitter la Flandre pour aller prendre en Espagne les rênes du gouvernement? Sa correspondance témoigne qu'il n'avait aucun goût pour le caractère espagnol. Le proverbe : « Non tiitiim 'I(77raviÇ£tv revient souvent sous sa plume. « L'Espagne ne me plaît pas, dit-il nettement à Morus; beaucoup d'aboiements et nul profit ' . Il ne manquait même pas d'ennemis à la cour de Charles, et se défiait surtout de Briselot, confesseur du roi, qui venait de remplacer J. Clithovée ^. Sylvagius cherchait au contraire à le retenir dans les Pays-Bas. Il l'appelait à Bruxelles au mois d'octobre 1516, et, selon la promesse faite deux ans auparavant, lui procurait le canonicat de Courtrai qu'il résigna encore pour une pension qui lui fut retirée en 1329, grâce à de perfides intrigues d'un certain Pierre Barbirius. Mais l'habitude de médire de sa fortune était devenue si naturelle à Erasme qu'il écrivait encore l'année suivante à Budé : « J'ai épousé la pauvreté, la maudite pauvreté que je ne puis secouer de mes épaules, tant elle m'aime, moi qui la hais ^! »
Erasme était à Bruxelles ou à Anvers quand il recul les lettres d'Etienne Poncher et celles de Budé, qui l'invitaient, de la part de François P% à venir demeurer à Paris. Les relations d'Erasme et de Budé débutent d'une manière très-honorable pour celui-ci. Il se promenait, écrit-il à Erasme, le 4 février 1516 devant les échoppes des libraires, (juand il fit rencontre de Guillaume Petit, théologien fort estimé, confesseur du roi et |>rédicateur à la cour. " Son caractère, c(intiini(' Budé, joint à plu-
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sieurs autres motifs , me le fait aimer. Je n'ai , s'il faut être franc, qu'une seule raison de m'irriter contre lui, c'est qu'il témoigne trop de faveur à Erasme, à un étranger, dont la gloire me rend jaloux, parce qu'elle ne rayonne pas seulement sur toute l'Allemagne, sans parler des autres pays, mais encore sur la France, où elle éclipse notre faible renommée et nous rejette dans l'obscurité '. » Guillaume Petit apprend alors à Budé c|u'on a parlé chez le roi des hommes de lettres , et que le prince a exprimé la volonté de faire venir en France plusieurs savants étrangers . Le nom d'Erasme ayant été prononcé, François I" invita aussitôt Guillaume Petit à lui proposer un canonicat avec une pension de mille écus.
On voit par les termes de cette lettre que François P' ne songeait encore à cette époque qu'à attirer à Paris un célèbre écrivain , et nullement , comme on l'a dit, à fonder le collège royal à la tête duquel il aurait placé P^rasme. Ce ne fut que vers 1520 que l'on commença à parler à la cour d'un établissement public pour létude régulière de la littérature ancienne -.
D'autres savants joignaient leurs sollicitations à celles de Budé et de Petit; ce qui nous permet de connaître le groupe des amis qu'Erasme avait en France, ('/étaient Étiennede Poncher, évêque de Paris; le médecin Guillaume Cop; François de Rupefort ', le précepteurdu roi; François de Loyn, premier président au parlement'*; L. iUizé, sous-prévôt de la ville de Paris ; Germain Brice, chanoine de la cathédrale, qu'Erasme s'efforça phis tai'd d(! lécctncilicr avec Thomas Morus, blessé de