ApiJ. E\>. m;. — 1. Ep. 30j. — 3. Ep. 310. — i. Ep
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diniM" par Beat us ' ; il lui répétera qu'il a l'esprit tj-op français pour parler sérieusement, qu'il aime à plaisanter suivant la mode de sou pays ; il le raillera avec une fine bonhomie de ses plaintes envers Plutus qui lui a donnt' maison de ville et maison de campagne; si bien (juc^ Jîudé, dérouté par ces railleries, perdra patience et lui écrira un jour : Budéà Erasme, sa hit pour la dernière fois - . Vives heureusement, leur ami commun, vient à pro{)Os pour faire sortir Budé de ses bouderies. Il est comuK^ un maître d'armes qui. dans un duel au fond peu sérieux, détourne les coups dangereux et ne permet (|ue le com- Itat au premier sang '' .
Cette première controverse avec Le Févre d'J'^taples et ces paroles piquantes échangées avec Budé n'étaient pas faites pour inspirer quelque regret à Erasme du parti (pi'il avait déjà pris sans doute de ne pas se fixer en France. Quoiqu'il en soit, on peut s'étonner que sollicité par tant de villes et de princes, Erasme se soit d'abord décidé à demeurer à Louvain, dont l'Académie, avec celle de Cologne, fut longtemps un des centres de la résistance scolasti(|ue. Le groupe des amis quiTentourail, et dont les noms, aujourd'hui trop effacés par le temps, sont souvent énumérés dans ses lettres \ ne pouvait le défendre efficacement contre le parti des théologiens, redoutable par sa discipline. Malgré l'apparence de paix ({ui semblait régner au commencement de iol7, il revenait à Ei'asme que « certains sycophantes aboyaient par derrière contre lui '. » A Cologne, les esprits étaient pins animés; rinstigateur de Hogstraten, Pfeffercorn, l'atta- (juait ouvertement. Erasme lui renvoyait avec colère le
1. Ep.343. - 2. Ep. 313. — 3. Ep. 397. 398. 432. i;io, etc. — 4. Ep. 307, 93. - :i. Ep. 307.
proverbe injurieux : «D'un mauvais juif on fait un chrétien pire encore j ; » mais les attaques de Pfeffercorn trouvaient de l'écho. Les théologiens de Cologne avaient à l'insu d'Érasme des intelligences secrètes avec plusieurs théologiens de Louvain, même avec Jean Briard (Atensis), chancelier de l'Académie, dont il avait cru les dispositions favorables à son égard. Ceux de Cologne cherchaient déjà à obtenir du pape une commission pour examiner théologicjuement les ouvrages d'Erasme ^
La première occasion c[ui lit éclater contre Erasme les haines sourdes dont il était entouré fut l'établissement du collège de Busleiden. Le flamand Jérôme Busleiden, occupé d'affaires d'Etat, avait laissé à sa mort (1517) plus de vingt mille livres pour fonder à Louvain un collège où les trois langues devaient être enseignées (collefjium trilingue) ^ Erasme dans ces deux années (1517 et 1518) travailla avec ardeur à cette œuvre qu'il jugeait avec raison propre à porter à la scolastique un coup redoutable. « Vous ririez, écrivait-il à Lorit de (ilaris, si vous voyiez Erasme assis chacpie jour sur un siège élevé au milieu de nos professeurs '*. » Mais la mauvaise volonté des théologiens de Louvain suscitait aussi chaque jour de nouveaux obstacles. Érasme même ne parvint à en triompher que grâce à rapj>ui (pic hii prêta le cardinal Adrien, qui, malgré son éducation toute scolastique, avait rm esprit de conciliation tolérante. Dès 1518 le nouvel enseignement était en
1. Ai)p. Ep. 202. — 2. Ep. 225, 231. — V. sur lo soooiicl séjour (]'Krasme en Hrabant, en lîiH, le Mémoire cité de M. Rottier, eh. vu.
3. V. Félix Nève, Mémoire historique et littérnire sur le collège des 7V';/.v- Lnnyues h rUniversité de Louvain. Bruxelles, 18,')6. — Cf. le ch. i\ du Mém. de .M. E. Ruttier sur Érasmi-, elles sources auxciuelles renvoie le savant belge.