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était ainsi coiu-ue : >< Notre Maître et Seigneur .lésus- Christ ayant prononcé ces paroles : Amendez- vous, il s'ensuit que toute la vie de ses fidèles doit être une continuelle et incessante repentance. » Luther d'ailleurs ne prétendait encore, en attaquant les indulgences, que « défendre l'honneur et la dignité du pape, » et sa lettre à Léon X respirait la plus tendre vénération pour le chef de l'Eglise. Aussi, pendant que l'agitation était générale en Allemagne, Léon X ne voulait encore voir dans toute cette affaire qu'une querelle de moines, et à ceux qui témoignaient leur inquiétude, il répondait en souriant : « A présent nous pouvons vivre en paix : la hache ne frappe plus l'arlu'e au pied, elle ne fait ([u'en émonder les branches ' . "
Le nom d'Erasme ne tarda pas à être mêlé à celui de Luther. Ses ouvrages, disait-on de toutes parts, étaient l'arsenal dans lequel Luther allait chercher ses armes empoisonnées. C'est là, on le sait, l'accusation qui sera sans cesse portée contre Erasme et que nous aurons nous-même à débattre. Pour le moment, nous [daçant en face de sa correspondance, et la lisant avec un redoublement d'attention, ce n'est pas Farrière-pensée d'Erasme, s'il en eut un(% que nous prétendons surprendre. i\ous voulons seulement faire suivre dans ses lettres, au |»rix même (h' <[uel([ues longueurs, les dispositions mobiles, successives et coulradicloin^s de sou esprit à l'égard de Luther, et aussi cette singulière adresse à se dérober aux ({ueslious les plus directes, à dérouter ceux qui le pressent, à cacher bien des restricliniis el des liabiletés sous l'appareuce d'uue franchise phuiie de siuqdicilt'". à mainlem'r. en uu iu(tl, aussi long-
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temps que possible, sa iieiilralilt^ entre des partis plus \iolents de jour eu jour, et ([ui, désespérant de laNoir tout entier à eux, finiront l'un cl l'autre par se retourner contre lui.
A cette date (I0I8), si nous interrogeons les lettres d'Erasme, elles nous le montrent ne prêtant qu'une attention distraite au mouvement qui déjà passionne l'Allemagne. Des premiers ouvrages de Luther il n'a lu, dit-il, qu'une ou deux pages, non par dédain , mais parce que ^ loisir lui a manqué. « Il ne le défend ni ne l'accuse '. » Mais il n'approuve pas qu'on prodigue à tout propos le nom d'hérétique. Ces injures amènent des représailles de la part d'un homme jaloux de défendre sa réputation. Les auteurs de tout le mal, à l'entendre, ce sont encore les moines qui compromettent par leurs déclamations et leurs violences la cour romaine. Il partage le sentiment d'Alexandre YI qui eût mieux aimé offenser un puissant monarque (ju'un de ces mendiants, vrais tyrans de la république chrétienne 2.
C'est à peu près tout ce que dit ou veut dire Erasme dans cette grave année qui se termine par la rupture des conférences ouvertes à Augsbourg entre Luther et le cardinal Cajetan. Il ne marque à l'égard de Luther ni faveur ni éloignement; il semble même peu curieux d'en savoir plus à son sujet que le gros du pid»lic. Il alïecle de ne vouloir à aucun prix se détourner de ses travaux. Il vient en effet passer plusieurs mois à Bàle. (ii'i il vit avec Q']colampade. ])(>ur achevei- la seconde édition du Nouveau leslanienl . el , ((U()i(|iril eût i>sé davantage dans la Iradiiction el rinterpretalioii