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CHAPITRE III

VIE b'érasme depcis l'année ou il se fixe a bale

jusqu'à son départ pour fribourg en brisgau.

I. Érasme à-Bàle en 1522. — Ses Paraphrases. — Attaques de Stunica. — Polémique eutre Érasme et Hutteu (1323). — Érasme offre à Adrien YI une consultation secrète sur les maux de l'Église. — Clément YII pape. — II. Tristesse d'Érasme. — Insurrection des paysans. — Traité d'Érasme sur le Libre arbitre (1324). — Luther répond par le traité du ■Serf arbitre (1323). — Rupture déclarée entre Érasme et Luther. — m. Les Colloques d'Érasme (1324). — Le traité siiv VUsage et l'abus de ia langue (1323). — \! Institution du mariage chrétien (1526). — Rôle d'Érasme dans la querelle sacrameutaire (1326). — IV. Érasme et Noël Béda. — Livre de Béda contre les Paraphrases d'Érasme (1526). — François I^"", au retour de sa captivité, arrête les attaques de Béda. — Démarche de Berquin contre Béda. — Jugement doctrinal de la Sorbonue contre Érasme (1527). — Procès et mort de Berquin (1329). — V. Travaux d'Érasme eu i327. — .Mort de Frobeu. — Démêlés d'Érasme avec Henri d'Eppeudorf (1328). — Révolution religieuse à Bâle (1329). — Érasme quitte Bàle pour Fribourg en Brisgau.

Belle n'était pas encore en l.')22 la ville où, quatorze ans plus tard, Calvin achevait li])remcnt son livre de V Institution chrétumnc . Erasme écrivait même an pape <[ua les liabitants étaient attachés à la commnnion romaine '. Cependant bien des éléments contraires s'y trouvaient déjà réunis. Là en effet se rencontraient et se mêlaient les lettrés, les imprimeurs célèbres, les théologiens amis des nouveautés. Œcolampade y fortifiait

Ï.Ep. 641.

chaque jour son autorité, et, bien qu'il n'hésitât pas, aux jours de fête, à dire la messe selon le rite catholique, il travaillait avec ardeur, mais dans des vues différentes de celles de Luther, aux progrès de la Kél'orme ' . Erasme fut accueilli avec empressement et honneur par cette société d'esprits curieux, actifs, d'une orthodoxie douteuse, qui tendaient à faire de Bàle ce que Venise était déjà, une Hollande du xvi" siècle ^ Froben, jaloux de retenir Erasme près de lui, avait disposé dans son jardin un pavillon écarté où il put travailler loin du bruit plusieurs heures de la journée. Erasme néanmoins avait assez bien démêlé l'état intérieur de Bàle pour ne pas penser à se mettre en garde contre des dangers toujomx possibles, et cette année même il demandait un passe-port au roi de France, et un autre à Ferdinand, poiu- se ménager une double retraite ^ Il s'excusa sur sa santé de ne pas se rendre auprès de l'Empereur, dans le Brabant, et, par une singulière distraction, il annonça en même tenqxs qu'il allait partir pour Rome '. Il prit même la route d'Italie ; mais la maladie et d'autres causes peut-être qu'il jugeait prudent de taire l'empêchèrent de dépasser Constance.

Cette fois du moins, et comme par mégarde, il prit le loisir de fermer le livre qu'il portait toujours avec lui

1- Sin- toiil II- mouvement théologique de Bàle depuis lo:22 jiisiin'ji r.'iiiiiùti lyi'J, où la réforme triomphe déliuitivement, ou trouvera ilimpoi-tauts documents d&ns In. Con-esponckmce des réformateurs publiée ]>;n M. Hermingard, t. i et ii.

2. Les réformés fram-ais félicitcut souvent reiix de Uàlo dliahilor uiir ville vraiment libre, .b-an Canaye écrit de Paris (13 juillet i;i24,i à Guillaume Farel «piil l'estime heureux de s'être réfugié à Bàle : » Basileam, inquam. vere [iaiTi).ixT)v quod Uex Keguni in ea Evangelium suum leges que internas vigere. le^j. jirunndiiari velil. Cnrr. tlos rcf-- t. i,p. :i24.

:î. Ep. *'>'M\. — 4. Kp. (ifi.

et de jelor sur le paysage (jui reiiLourait un rapide regard qui nous a valu une assez agréable description. (( Le lac de Constance est d'une étonnante étendue ; en long et en large il mesure plusieurs milles. Des montagnes couvertes de bois lui donnent de la grâce : on en voit de tous côtés, les unes éloignées, les autres plus rapprochées. C/est là que le Jlliin, lassé de sa course dans les passages raboteux et escarpés des Alpes, vient se reposer, comme dans un agréable asile, et, glissant doucement à travers le lac, à Constance il rentre dans son lit et y reprend son nom. Puis, après avoir laissé le lac sur sa droite et un peu dépassé la ville, comme en jouant et folâtrant, il enveloppe une île, et bientôt, rassemblant ses eaux, forme un lac plus petit, (jue l'on appelle vénitien, on ne sait pour quelle raison '. « Erasme, accompagné de Beatus et d'Eppendorf qui devait le trahir quelque temps après, descendit chez le doyen Botzemus Abstemius. Des joueurs de llùte vinrent lui donner des sérénades. Mais là il eut à subir une nouvelle crise de sa maladie, qu'il attribuait à son habitude d'écrire debout ■ : il en accusait aussi les vins du pays qu'il déclarait « faibles, acres, verts, cruels, désagréables et bons pour des hérétiques. » Il n'éprouva quelque soulagement (pi'en les remplaçant par des vins de Bourgogne ; il en fut même si content qu'il se sentait, disait-il, rajeunir et devenir un autre homnn;. « Heureuse Boiugogne, s'écriait-il dans une lettre, tu es bien digne d'être appelée la mère des hommes, puisque tu portes un tel lait dans tes mamelles ! Non, il iw faut pas s'étonner ([ne les premiers mortels aient mis au rang des dieux ceux qui, par leur industrie, leur ont

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