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peiils appli(|iiés à sou adversaire '. 11 redoublait ses iujures deux ans après (lo24), malgré la défense formelle des cardinaux-, et, s'il faut croire ce détail piquant donné par Erasme, il lit distribuer sojti nouvel écrit aux passants par les enfants qui vendent à Rome dans les rues des œufs, des champignons, des pronostics et des chansons. Une dernière réponse d'Erasme porte la date de 1529 \
Stunica n'était pas le seul ennemi d'Erasme en ce moment, et nous risquerions bien de fatiguer, si nous prétendions les énumérer tous : ce Caranza, Espagnol encore, et n qui n'est pas édenté, » auquel il répond par une courte apologie * ; ce Jean Cannius « dont le vêtement est aussi Idanc que Fàme est noire '" ; » et Bucenta, théologien de Louvain ^ et ces c trois furies » toujours acharnées contre lui par haine des lettres, (( Hogstraten, Vincent et d'Egmond '. » Aussi bien ces diverses attaques, en nous donnant le même spectacle des âpres querelles théologiques descendant aux plus violentes comme aux plus frivoles personnalités, ne nous apprendraient rien de nouveau. C'est toujours la même tactique consistant à dénoncer la complicité d'Erasme avec Luther, le même refrain monotone qui se répète : 'O \ou-
{.Eidsiiii (iiiol<jiji(i (idvcrsus lihi'lhuii .larohi Stunicr, eut titiilinn fc^il: Hlaspkemiœ et iinpietates Ernst/ii (10 jiihi l.'i22).
2. Co?iclusiones principolilev suspect.r et scandulos:r qu;c reperiuntur in tiljris Erfismi per Stioiictn/i excerptx (ï'.Vù'i).
3. Ce qui peut faire supposer (ju^il y eut cuire eux iuu> sorte de rapprocjienieut, i-"est ipie Sepulveda, eu 15;{lî, uclressait àErasuieles uotes uiauiiscrites de Stiuiica, mort eu lii.'iO, sur l'éditiou de saiut Jérôme, l'assuraul, t[[\e Stiiuiea voulait les lui cuuuuuuiiiuor à hii-uième. et nou lee |uil)lier. Ajip. Ep. .{72.
4. Ej). G28, G42. - .i. Ep. :;9;J. - 0. Ep. ti.lu. — 7. Ep. {•)42.
ERASME ET IlUTTEN. U)l
Cepeiulajit le parti de la Réforme repoussait ce prétendu allié avec une colère non dissimulée ou un apparent dédain. Luther écrivait en lo22 de Wiltemberg qu'il ne le craignait pas. « Moi qui ne sais que balbutier, j'affronterai avec confiance le très-éloquent Erasme, sans redouter son autorité ni son nom. » Mais si le maître, retenu sans doute par Mélanchtlion, semblait encore ménager l'homme auquel il décernait trois ans auparavant de fastueux éloges, le fanatique et infortuné Hutten avait de la Suisse, du dernier asile de sa vie errante et proscrite, lancé contre Erasme de sanglantes paroles qui n'étaient pas seulement l'explosion d'une haine de parti, mais la revanche -d'une injure personnelle. Quand, après la défaite de Sickingen, Hutten s'était enfui du château d'Ebernburg, traversant Bâle précipitamment, il avait vouluvoir Erasme. Celui-ci, peucurieux, on peutle croire, de donner prise à la malignité de ses ennemis, s'était défendu, sous de mauvaises raisons, de le recevoir ou de le visiter. Aigri par (*et affront, Hutten écrivit contre lui un pamphlet qui parut à Strasbourg au commencement de juillet lo23 '. « Pourquoi, s'écriait-il, toi qui naguère encore flétrissais d'une plume vengeresse le pontife de Rome, et Rome, lasentinede tous les crimes: toi qui détestais les bulles et les indulgences, toi qui condamnais les cérémonies, le droit canonique et les décrets des papes, toi qui en un mot poursuivais l'hypocrisie avec acharnement, pourquoi recules-tu aujourd'hui? suis-tu le parti opposé? fais-tu alliance avec le camp ennemi? » La colère (b' Hutten ne connaissait aucune borne : il accusait Erasme d'avoir calomnié Ueuchlin pour plaire aux théologiens de Louvain, d'être