‹ ErasmeChapitre 59 sur 247 · E.rpdxlijliitlo (ilj VlrirO rciii t'.riisiiio l{<i · texte numérisé non relu

E.rpdxlijliitlo (ilj VlrirO rciii t'.riisiiio l{<i

jaloux de Luther, parce que ses ouvrages se vendaient mieux que les siens. Il le menaçait même de dévoiler ses mœurs honteuses. Erasme répondit avec une égale violence. Il représenta Hutten comme un vagabond qui n'avait voulu le voir que pour lui escroquer de l'argent ; il le dénonça aux magistrats de Zurich, où il était réfugié, et à Zwingle lui-même comme un ennemi de la cause évangélique, des bonnes études et des mœurs. Deux fois il signala au grand conseil de Strasbourg l'imprimeur du pamphlet de Hutten. Eniîn lui-même publia, le 3 septembre lo23, une réponse en forme aux accusations de son adversaire *, dédiée à Zwingle, et dans laquelle il déclare avec une fermeté inaccoutumée qu'il n'est pas avec Luther, quoiqu'il ait voulu, en quittant Louvain, se soustraire à ceux qui prétendaient le faire écrire contre lui ; mais que la faction chercherait en vain à l'entraîner avec elle, « comme ces noyés qui saisissent qui ils peuvent, au risque de les perdre avec eux. » Ilutten était mort le 29 août de la même année ; d'autres, parmi lesquels Zwingle, Œcolampade et Bucer, prirent sa défense. Erasme échangea même à ce sujet deux lettres avec Luther, qui sont le prélude d'un nouveau et plus redoutable conflit -.

On voudrait, s'il était possible, échappera ces polémiques haineuses, où de chaque côté la colère est aveugle et sansjustice. Au contraire, à mesure que se déroulera hi longue vieillesse d'Erasme, elles s'imposeront à nous plus nomlu'euscs et plus anhMilcs. Nous n'en devons recherclicr qu a^(M' phis dv soin <•(> ipii jx'ul un instant,

l.Sp(»i(/i/i odi'crsus nilspcrginos Hutteni. Eriuliliss. llricho Zwiiiylio niniil iiii'lylaiii llelvclioruni civitalciii TIuuTo;jiiain coiirionalori.

1. Les rapiiortri (rÉrasino ot do llnttoii soiil livs-bifii suivis et exposés dans lo livre ci li;- de .M. Zcllcr sur iluttfii.

et comme entre deux combats, distraire notre esprit de ces spectacles, en l'appelant vers des régions plus hautes et plus calmes. Et n'est-ce pas, au milieu de ce déchaînement d'injures amères, comme un langage nouveau, d'une harmonie reposante, que ces belles paroles adressées par ]^]rasme au successeur de Léon X, Adrien YI, quand il dédiait une édition des Commentaires d'Arnobe à ce pontife d'une àme si pure et si élevée, et qui n'obtint, pour avoir voulu attaquer à leur racine les abus qui déshonoraient l'Eglise, que la dédaigneuse pitié de plusieurs prélats catholiques, les moqueries des luthériens, et les ironiques remerciements des Romains au médecin qui l'assista dans sa dernière maladie? Rappelant la puissance de la musique, Erasme njoutait que la religion doit, elle aussi, avoir une harmonie cpii apaise le cœur et épure les passions. « Comme elle résonne avec douceur, cette corde de la charité : Mon père, pardonnez-leur, cai' ils ne savent ce qu'ils font ! Le monde a aussi ses instruments qui rendent un son dur et infernal. Que dit la corde de la colère? Venge-toi, dépouille, tue. Que dit la corde de l'ambition ? Etends ton pouvoir, ne tiens compte ni des serments, ni de la piété, cpiand il s'agit de l'empire. Et la corde de l'avarice ? Le bonheur n'appartient qu'à celui qui possède le plus ; use de tous les moyens, bons ou mauvais, pour voler et entasser. Et la corde de la luxure et de la volupté? Yis agréablement ici-bas; tu ne sais pas le sort qui t'attend après la mort. Mais il a été touché par la musique divine, celui qui a dit: Qu'ils sont beaux, vos tabernacles, Dieu des vertus ! mon âme soupire après les demeures de Dieu ' ! »

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