I. Ep. G
Adrien VI comprit ce langage et témoigna à l'égard (FÉrasme des sentiments qui un instant déconcertèrent ses ennemis. « Levez-vous, mon cher fils, lui écrivait-il, prenez en main la cause do Dieu que vous avez si bien soutenue jusqu'à présent. Croyez qu'avec son secours tout-puissant vous pourrez ramener dans le droit chemin ceux que Luther en a fait sortir, affermir ceux qui ne sont pas encore tombés, prévenir la perte de ceux qui sont prêts à faire un triste naufrage ' ! » Encouragé par cet appel, Erasme offrit au pape de lui envoyer dans ime lettre secrète une sorte de consultation, dans laquelle il lui exposerait librement les causes du mal et les remèdes qu'il fallait y apporter ^ Cette lettre toute confidentielle nous est parvenue incomplète ^ Ce fragment d'ailleurs n'a qu'un intérêt secondaire. Les conseils <lonnés au pape sont, on l'a pressenti, d'une généralité un peu vague. On y pourrait aussi relever des contradictions assez singulières. Après avoir déclaré, par exemple, que le mal a fait trop de progrès pour être guéri par le fer ou par le feu, qu'il est à propos de regagner par la persuasion et la promesse d'un généreux oubli ceux qui ont été égarés, Erasme demande que les princes et les magistrats répriment les nouveautés séditieuses qui font du tort à la piété, et que la liberté de l'imprimerie soit restreinte. En retour, certains articles, dont le monde chrétien se plaint à juste titre, seront changés. Mais quels sont ces points de réforme? l'Erasme posait la question sans la résoudre. Quoi qu'il en soit, nous ne savons pas quelle fut l;i destiiuM» «le cette lettre. Si le pape l;i reçut, ce qui est douteux, il ne fit aucune ré[)onse, cl l^asmc s'en montra blessé *.