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peint Guichardin, il ne sut ni triompher, ni même honorer ses défaites.
Cependant cette bienveilhinec de la cour romaine, sans ramener à Erasme aucun de ses ennemis parmi les catholiques, ne servait qu'à animer encore contre lui le parti de la Réforme. Farel l'appelait Baiaam, parce qu'il avait pour un salaire, disait-il, maudit le peuple d(! Dieu \ D'autres plus habiles cherchaient à exciter ses défiances contre Rome ; ils venaient lui apprendre que le pape avait fait publiquement brûler ses ouvrages -. En même temps ils répandaient le bruit parmi les catholiques qu'Erasme ne se déclarait pas ouvertement luthérien pour mieux servir la Réforme, qu'il faisait venir des luthériens à Dàle, et qu'il avait avec Luther lui-même des conférences secrètes ^
Tant d'accusations passionnées et de calomnies perfides ne laissaient pas d'accabler Erasme, et sa correspondance de 1524 porte la trace d'une mélancolie découragée. D'autres misères s'ajoutaient encore pour lui à cette fatigante nécessité d'avoir à repousser des attaques toujours renaissantes. La gouvernante des Pays- Ras, Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint, malgré les ordres formels de l'empereur, ne voulait pas
1. La collection des Lett.des réform. do M. Ilcrmliigard donne des détails intéressants sur les querelles d'Erasme avec Farel. V. une lettre du secrétaire d'Érasme, Hilaire iJertolph. dans laquelle celui-ci blâme Farel de ses violences (tom. i,p. 210). Cf. les lettres d'Anémond de Coct (2 sept. 1524) et de Pierre Toussain (même date). Il est probable qu'Érasme ne fut pas étranger ù l'expulsion de Farel, qui eut lieu vers 1« mois de mai 1524.