‹ ErasmeChapitre 64 sur 247 · Monzel., loe. ril · texte numérisé non relu

Monzel., loe. ril

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eux-mêmes leurs pasteurs, ne plus payer la dîm qu'en froment, ohasser et pécher, parce que Dieu a donné à Adam l'empire sur les poissons de la mer et les oiseaux du ciel. Luther condamna les révoltés, mais Munzer renvoyait avec mépris « la huile luthérienne , >> et Osiandre Taccusait d'apostasie. Alors, faisant appel aux princes, Luther s'écria : « Frappez, percez, tuez en face et par derrière, car il n'est rien de plus diabolique qu'un séditieux; c'est un chien enragé qui vous mord, si vous ne l'abattez ' ; » et Mélanchthon écrivait luimême ces cruelles paroles : c< Que veulent-ils donc, ces hommes des champs qui ont encore trop de liberté? Joseph charge le dos de l'I^^gyptien, parce c|u'il sait bien qu'il ne faut pas lâcher la bride au peuple ^. »

La guerre éhiit partout, et pendant que se dénouait dans la plaine de Franckenhausen le premier acte de cette jacquerie tout à la fois religieuse, sociale et politique, qui coûta, selon Erasme, cent mille hommes à l'Allemagne, les querelles théologiques se poursuivaient avec une égale àpreté. Ce qui en redoublait la violence, c'est que chaque parti n'était pas seulement occupé à repousser les attaques extérieures : il se déchirait encore de ses propres mains. La liberté chrétienne, proclamée par l^uther, qui ne croyait pas à la liberté humaine, devenait le prétexte de tous les excès. C'était en son nom qu'on voyait le fanatisme violer les églises, détruire les monuments de l'art, fermer les écoles, maudire les lettres, verser enfin sur toute l'Allemagne des flots de moines relaps et ignorants qui donnaient le triste spectacle de leurs mœurs dépravées. Erasme ne cachait pas

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