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LE TRAITE DU LllillJ; ARBITRE. 117
lever dans ses lettres, montraient de quel effroi, et, par instants, de quel doute de lui-même il était saisi à la vue de ces étranges mouvements.
Cependant Luther paraissait encore disposé à ménager Érasme, et, au mois de juillet 1524, il lui écrivait (( assez poliment ', » promettant de ne rien dire de lui, s'il avait lui-même la sagesse de garder le silence. Il n'était plus temps. l'Erasme s'était décidé à parler et, au mois de septemln'e de cette même année, il publiait le traité du. Libre arbitre, c^u'il ne dédiait à personne, contre son habitude, pour ne pas être accusé de rechercher la faveur des grands -. Ce n'était pas sans de bien longues hésitations qu'il s'était résolu à cet éclat public. Ses lettres en portent des témoignages C|ui dénotent sa prudence plus cpi'ils ne font honneur à son caractère. Déjà, en lo22, il avait commencé une dissertation qu'il eût intitulée De jiniendo nefiotio LutJieri ; il avait mis sur le compte de la maladie linterruption de son travail ^ Il cédait enlîn aux sollicitations de ses amis et aux lettres pressantes d'Henri VIII lui-même. Mais en choisissant contre Luther son point d'attaque, en limitant le débat à une question précise et circonscrite, il marquait encore son désir de ne pas s'engager trop avant et de donner à sa polémique l'apparence d'une controverse érudite et sans personnalités. Quand le traité sur le lilu'e arlntre fut terminé, il hésita à le livrer à l'impression. Il craignait, disait-il, de ne trouver personne (|ui consentit à le faire paraître. (( Aucun imprimeur, écrivait-il au roi d'Angleterre, n'ose rien publier où Luther soit seulement effleuré ; contre le pape on peut tout écrire. Voilà l'état de l'Allemagne '* . »