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118 VIE DERAS.ME.
Il parlait même de la nécessité où il serait peut-être de quitter rAllemagne pour faire imprimer sou livre, «. de peur de tomber avant de descendre dans l'arène ^ » D'autres motifs, qui nous sembleraient plus généreux si les premiers no les rendaient suspects, Farrètaient encore. Il ne voulait pas donner à croire qu'il demandât des mesures de répression violente contre les luthériens, et cela à un moment où le pouvoir civil commençait î» craindre sérieusement les dangers politiques de l'hérésie. On parlait d'un luthérien brûlé à Paris. Ferdinand s'apprêtait à exiger que l'édit de Worms ne restât pas lettre morte -. Enfin revenaient sous la plume d'Erasme ses habituelles doléances. Il était dur pour lui de reparaître à soixante ans sur le théâtre, comme Laberius, d'être un rétiaire à son âge, et d'avoir à combattre seul des bêtes féroces qui avaient des griffes et des dents empoisonnées ^
Le livre d'Erasme, par la modération et la courtoisie de langage qui y régnaient, sauf quekjues échappées de hne malice, n'était nullement fait pour offenser un adversaire cpii eût respecté chez autrui la liberté d'opinion ({u'il réclamait pour lui-même. Erasme put même espérer quel([ue tenq»s que Luther, s'il répondait, garderait hi mesure dont il avait (bumé l'exemple. « Votre traité sur le Li/jrr ai'hitrc, lui écrivait Mélanchthon, a été ac- /ueilli ici avec faveur. Il serait de la dernière ini([uité d(; défendre aux autres de parler librement dans l'h^glise sur la religion. Tous doivent être li])res, à la condition de n'y pas mèl(M' leurs passions propres. Votre moib'rotion a plu, malgr»'» la raiUerie pitpiaule (|ue vous y nuMez quelque; pari. Mais Euther n'est [)as si irritable cpiil m;