I. Kp. S.Ti
ACTIVITÉ DÉllAS.ME. 12o
dans cet ordre successif; elles s'accumulent au contraire et se pressent dans le même temps, enveloppant Érasme, pour ainsi parler, de leurs fils enchevêtrés. Aussi, pour nous donner le spectacle de la vie d'Erasme et des soucis accablants qui lui disputent toutes ses journées, toutes ses heures, faudrait-il peut-être le peindre faisant tète à tous ses ennemis à la fois, à ceux d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et de France, obligé tout ensemble d'entretenir chez ses puissants patrons les dispositions bienveillantes, toujours prêtes à s'attiédir, et qui étaient sa sauvegarde, jetant aux quatre coins de l'Europe les feuilles de son immense correspondance, surveillant avec un zèle actif le mouvement de l'imprimerie de Froben, à tel point écrasé de travail qu'il ne lui est permis, dit-il lui-même, ni d'être malade, ni de se soigner, ni de mourir. Du moins la pensée doit-elle réunir et concentrer tous ces traits pour saisir cette impression d'ensemble que le détail des faits risque toujours d'affaiblir.
En effet, dans le temps mt-me où lîrasme compose et publie les œuvres que nous avons citées, il est aux prises avec Luther, avec Béda, il répond aux consultations du sénat de Bàle, il résiste aux avances d'Œcolampade, tout en le ménageant, et cherche à passer à distance égale de ses critiques et de ses éloges '. Mêlé à tant de conflits et d'événements, il est cependant isolé. Les luthériens ne cessent de l'accuser de trahison ; les catholitpies, de contradictions, d'indifférence sceptique, de prudence hypocrite. Erasme se plaignait vainement d'être percé par les traits de ceux mêmes qui auraient dû le couvrir de leurs boucliers. Les meilleures causes,