‹ ErasmeChapitre 71 sur 247 · Ep. 9o;j · texte numérisé non relu

Ep. 9o;j

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celles qui poiuTaieiit sans danger être les plus modérées, parce qu'elles sont les plus justes, n'échappent pas toujours à Faveuglement de l'esprit de parti ; et, là comme ailleurs, il se rencontre trop souvent des caractères emportés qui ne savent pas sacrifier une rancune personnelle à l'intérêt commun. Certes, les catholiques, en lo2o, avaient mieux à faire qu'à s'acharner après Erasme, qui, en délinitive, malgré les écarts d'une verve trop railleuse, ne repoussait aucun dogme de l'Église. Pourquoi ne pas accepter une alliance qui, dans la mesure même incomplète où elle était offerte, pouvait encore être utile ? Quelques-uns le comprenaient, mais c'étaient ceux qui par leur situation étaient moins engagés dans la lutte. Le duc Georges, très-" attaché à la cause catholique, continuait à témoigner à Erasme un respect plein de cfintiance : il lui écrivait de sa main et lui demandait de désigner un successeur à Mosellanus, à l'Académie de Leipsick '. La régente des Pays-Bas désirait qu'il fît partie de la députation qu'elle envoyait à Rome pour rendre hommage au nouveau pape ^. Les ennemis d'Erasme, dans le parti catholique, n'imitaient guère ces ménagements. Le chanoine de Louvain, J^atomus, se faisait excuser auprès du pape d'enfreindre, im poursuiva.nt P^rasme, ses ordres positifs ■'. " Le nid scélérat des dominicains de Louvain ' » publiait contre lui un livre violent. En Italie, sans parler des Cicéroniens déjà vivement offensés des mordantes plaisanteries qu'J']rasme leur adressait dans ses lettres, un Verpus présentait un livrer à (Uément VIT, où il s'étonnait « que l'Allemagne, ({ui avait massacré

1. Ep. 738. Érasme d.'sijL-na C-ratiiuis. - 2. Kp. Tn.".. - n. F.p. 8:U). — 4. Ep. 757.

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tant (le milliers d hommes, laissât encore vivre ]']rasme, la cause première de tout le tumulte '. » Dès lo2o, Albert Pio, prince de Carpi, commençait ses invectives. En Espai^ne, si les moines, « interroijés à part, » le louaient volontiers, « à peine avaient-ils remis le capuchon » ({u'ils se déchaînaient contre lui. Les mendiants, qui avaient fouillé ses écrits (( dans tous les coins, » le dénonçaient à l'archevèc^ue de Séville -. L'amitié inquiète de Vives s'empressait de prévenir Erasme du nouveau danger qui le menaçait \

Cependant la situation d'Erasme à Bàle devenait plus difficile à mesure que la Réforme y pénétrait davantage. Béjà, en 152S, dans une émeute populaire, il s'était cru assez menacé pour demander protection aux magistrats '\ A aucune épocjue peut-être ]*]rasme, dans ses lettres et ses apologies, ne multiplie autant ses jjrofessions de foi, presc[ue en des termes identicj[ues. Mais en voulant dissiper les défiances, il ne faisait que les accroître, et ses paroles les plus conciliantes étaient des armes aussitôt retournées contre lui. (tétait là, il faul le dire, une injustice plus apparente c{ue réelle. Les hommes distinguent facilement celui qui n'appartient à aucune faction parce qu'il est supérieur à toutes de celui cpi se désintéresse de leurs passions par prudence ou mollesse d'àme. Erasme paraissait en dehors plutôt (ju'au-dessus des partis. Il n'avait ni cette hauteur de ca-

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