l/j/j.Ep. 346.-2. I
:î. Utilis adiiionitio adversus mendo.cium et ohtrectationou. Cf. E|t. 1087
i. Ep. IMG.
ce dernier écrirait à Erasme pour lui rappeler sa promesse ; mais celui-ci se refusa à toute concession, et il ne resta bientôt plus à Eppendorf qu'à porter sa cause devant le public, ce qu'il lit dans un violent pamphlet imprimé à Haguenau en 1531 '.
Cependant de plus sérieux dangers menaçaient Erasme, et. dès lo27, préoccupé du progrès de la faction d'Œcolampade, il craignait que les magistrats de Bàle ne devinssent bient()t impuissants à garantir sa stcurité. « Que je le veuille ou non. écrivait-il, il me faudra peut-être émigrer -. ^) 11 pensa à s'établir en Angleterre, et chargea son secrétaire Ouirinus Talesius daller sonder à ce sujet les dispositions des amis qu'il V avait conservés: «car. disait-il avec tristesse, il me faut chercher autour de moi la place de mon tombeau. (»ù du moins après ma mort je pourrai trouver 1« r^pos, puisque, je le vois bien, je ne l'aurai jamais durant ma vie ". » Henri YIII l'invitait à venir, lui rappelant qu'il avait dit que l'Angleterre serait le séjourde sa vieillesse. Mais on peut croire que les premiers bruits qui parvinrent à Erasme du projet de divorce roy.d moditièreul des résolutions qui d'ailleurs n'étaient pas encore arrêtées. D'un autre côté sa situation en Allemagne étail pleine d'embarras et de périls. Si l'attitude ouvertement hostile qu'il avait prise à l'égard de la Réforme lui fermait les villes où elle triomphait ilélînitivemenl, il ne pouvait non plus habiter avec dignité les pays où elle
I..I'/ I). Ernxiiiuiii liot. /ibclluiii,cui titidus ndversKs nient/aciutu et n/iirerffitionein idilis admoiiifio, Justa quereln. — Cf. Baylo. art. Henri d'Ep- /if-ndorf.
■2. E[>. !J3:2. l-'an-l rtiiil revenu ilo -ou f.xil a .Muiitlirli.inl à la tin de liJ2G. Corr. des réf., I. i. |(. 'iliJ.. l.a nu'sse lui abulie ilan? tini- rirlises tic IJûlc le i:} sept. I.'iil.
:t. Ep. 93G. — i. Ep. ;i:i(l.
LES KIU'DITS FRANÇAIS OFFENSÉS. il!'
^^tait combattue ot persécutée. Ferdinand lui faisait utirif par Jean Fal»er son conseiller une maison à Vienne avec une pension de cinq cents florins ' ; Erasme s'excusait sur son j^rand ài^e qui ne lui permettait plus de voyager; le vrai motif était la crainte de paraître encourager ou du UKuns approuver les sévérités de rarcliiduc l'ontre les luthériens. C'était à la France peut-être (ju'il eût demandé son dernier asile ; mais pendant (|U(^ le procès de Berquin lui découvrait combien son nom. loin d'être" une défense, était propre à irriter la haine des théologiens, un événement exclusivement littéraire le faisait tomber en disgrâce auprès des savants, le seul parti où il pouvait encor»? avoir gardé quelques amiti/'s sincères.
Jù'asme avait on effet puldié dans la mémo année (l')28),avec le dialogue sur la Vraie prononciation du </rec et du latin, le célèbre maniftîste contre la secte des (acéroniens. Mais les érudits de Paris se montrèrent singulièrement offensés d'un rapprocliement fait par Frasme entre Budé, la gloire de la philologie française. <'t l'imprimeur Badins, l^rasme répondait qu'il ne les avait comparés que sur un jtoint. Icni- égal dédain pour la phrase cicéronienne : surpris de lémotion croissante des savants (|ui parlaient de porter la cause devant le roi, il invo(|uait l'arbitrage de Budé lui-même, <e déclarant prél à accepter sa sentence, quelle qu'elle fût; mais il ent lM>au le répéter sous mille formes dans ses lettres -, on ne voulut pas entendre sa défense, et on lui reiivova d(^ toutes parts de cruidles ('pigrannncs, dont (juehpics-niics furent attribuées à Jean Lascaris '. [iud<* de s(ui c('»l('' se renfermai! dajisun silence lioudeur :
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l^iO VIE D EUAS.MK.
il ne lui écrivait plus, il affei-lail de ne pas ouvrir ses lettres. Le bruit revenait même à Erasme qu'il se proposait de faire de lui dans un de ses ouvrages une menlion peu favoralde ', et, à tort ou à raison, il soupçonna une allusion malveillante dirigée contre lui, quand Budé parla dans ses Commcjitaires « de ceux dont les écrits trop délayés ne peuvent supporter ni le soleil ni le temps -. » Malgré tout, Erasme ne laissait pas de parler «'ucore avec honneur de la France; il reconnaissait, sans arrière-pensée de jalousie étroite, les services que les savants de cette nation rendaient tous les jours à la cause des lettres; il ne leur souhaitait qu'un patriotisme moins irritable et plus large : « Je voudrais que chez eux le droit de cité s'étendît plus loin, et qu'ils regardassent comme Français tous ceux qui cultivent les Muses 'K »
Erasme d'ailleurs ne savait de quel coté se tourneipour échapper au spectacle des haines et des luttes. Lui qui détestait la guerre, il la retrouvait partout. Dans l'ordre politique, il voyait l'empereur et le roi de France touj(»urs plus acharués l'un contre l'autre, à mesure ({ue leurs forces s'épuisaient davantage. « Ou'arriverait-il de nous, écrivait-il. si Dieu, le seul vrai moiiar(pie en toutes choses, une fois offensé, ne voulait déposer sa colère''? »' et dans ses lettres (Lj29), il ennuierait, avec un sens prati({ue vraiment remar- (jiiable et une (Muotion sincère. l(»us les maux qui rejaillissaient sur la cliit'liente de cette rivalité implacable, mais sans a\dii- 1 illiisioii de ciuiire (|ne sa voix serait entendue. " Aujourd Imi (jnc reiii]iei('nr et le j'oi de l'^rance sont di\is(''s. qiiclif partie du monde