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tout le conserver dans leur villo : ils ciaii^iiainil (|uo son départ ne jetât sur eux de la d»^faveur el ne les fit accuser d'intolérance. J'^rasme dut jouer de finesse avec eux; il se lit d'abord adresser deux pass(^-ports signés de Ferdinand, l'un cpii lappidait près du prince, l'autre qui lui permettait daller où l)on lui* semblait. En même temps il envoyait à Fril>ourg son argent, ses anneaux, ses vases d'argent, ses livres et manuscrits <pii ne remplissaient pas moins de deux chariots '. Mais le secret du prochain départ d'I'^rasme ne fut pas si bien gardé que le bruit n'en parvînt aux oreilles d'O^-olampade ; il s'en offensa et voulut avoir une entrevue avec lui dans le jardin de Froben -. On s"expli([ua sans détours, et même l'on se quitta en se donnant la main. La résolution d'I^rasme demeurait cependant irrévoca- Ide, et le sauf-conduit délivré par Ferdinand empêchait qu'on put s'y opposer par la force. Incertain de l'avenir. l']rasme envoya à Goclenius, professeur de langue latine, l'abrégé de sa vie écrite par lui-même, et le chargea de mettre en ordre ses papiers s'il venait à mourir, de les corriger et de les livrer à l'impression. V.n quittant Bàle. il adressa à la ville «les vers que Boniface Amerbach écrivit sur ses tablettes ^ ; mais au moment où il s'embarquait au petit port, placé en face de l'église Saint- Antoine, le sénat lit donner l'ordre au pilote de partir du port principal, situé à l'endroit le plus fréquenté de la ville, sans doute pour témoigner ainsi publi(|uement ({u'i^^rasme quittait Hàle en toute liberté et n'avait nul ])esoin d<' pai'ailn- dissinudi-r son déparl.