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L'ASSEMBLÉE D'AUGSBOURG

Jonas, Spalatin, Brentz et Schiiepf. Luther, toujours sous le coup de l'éclit de Worms, s'était établi à Cobourg ; de là il correspondait assidûment avec ses frères et écrivait à Mélanchthon : (( Je veux prier et crier avec larmes, et ne pas me lasser que ma prière ne soit exaucée. » La place d'Erasme était marquée naturellement dans cette imposante réunion des plus grands théologiens de FAllemagne. L'empereur cependant ne l'avait pas appelé, et c'était là encore un signe qui n'avait pas échappé aux défiants. Lui-même se fût d'ailleurs excusé sur son âge et sa santé. « Si l'empereur, écrit-il à Simon Pistorius, me commande de venir à Augsbourg, il faudra d'abord qu'il me commande de me bien porter * . » Il n'avait pas en effet l'illusion d'espérer qu'il put se faire entendre de deux partis également décidés à ne rien céder, et plus empressés l'un et l'autre à chercher des moyens de répression ou de résistance que des voies de conciliation. « Mon humble personne n'a rien à voir dans une assemblée où l'on s'entend appeler luthérien, si l'on vient à parler avec un peu de liberté ou de justice -. » Mais la raison secrète de son abstention lui échappait dans ces quelques lignes : « Si l'empereur fait (quelques concessions aux sectes, elles chanteront partout victoire, et je ne vois pas qui pourra supporter leur insolence. Si l'autre parti l'emporte, qui pourra tolérer la tyrannie des moines? » Ne tenons-nous pas le dernier mot de la conduite d'Erasme? S'il résistait à engager son repos dans une affaire dont il prévoyait l'inutilité, et dont il redoutait peut-être les dangers, c'est cjue lui-même n'appartenait en réalité à aucun des

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