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deux partis en présence, et qu'il ne pouvait désirer ni la victoire ni la défaite de Tun ou de l'autre.
Mais, quoiqu'il se désintéresse d'avance des résultats de la diète, Erasme n'en suit pas d'un regard moins attentif les phases diverses que traverse l'assemblée : il recueille les bruits que lui transmettent ses correspondants, il dit son mot au besoin. Le détail infini du cérémonial officiel et de tous les préliminaires qui retardent l'ouverture de la session l'étonné et l'impatiente. Il n'hésite pas à écrire « qu'on traite des bagatelles comme affaires sérieuses, elles affaires sérieuses comme des bagatelles ^ . » On ne prend aucune décision ; « on dirait qu'il s'agit des mystères de la bonne déesse ; personne ne sait ce qui se passe à Augsbourg ^ » Erasme relève fort bien ce qui fait la faiblesse de ces assemblées où les intérêts politiques et religieux se mêlent et se heurtent : les questions à résoudre sont accumulées, mal définies, sans rapport les unes avec les autres; les partis viennent là moins pour s'entendre que pour se compter et affirmer plus énergiquement leurs principes; enfin ils se séparent plus divisés, plus aigris, résolus souvent à en appeler aux armes. Aussi Erasme se montre-t-il mécontent de tous, et il ledit avec plus de liberté qu'il n'a coutume de le faire. L'empereur est un fils trop soumis du Saint-Siège. Sa jeunesse Texpose à être trompé. « Il est à souhaiter que, si l'empereur, par religion, exécute fidèlement ce (|ue le pape lui ordonne, le pape de son côté ne commande rien qui ne soit dans l'intérêt de la religion catholique ^ » Mais de ce côté les défiances d'Erasme sont très-vives : « Si le Seigneur ins] lirait à Clément la pensée de ne rien prescrire qui ne