‹ Éraste, ou, L'ami de la jeunesse (volume 2)Chapitre 17 sur 84 · X 1^ , X I 1^ E T X I 1 1^ SIECLES · texte numérisé non relu

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Les démarches que Photius avait faites pour

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détacher l'ëglise grecque de la Jaline, ne fnrenl pas sans effet. A près sa mort , on làclia d'éteindre le feu qu'il avait allumé, et de remédier au mal dont il était l'auteur; mais c'était un l'eu caché sous la cendré, et qui devait, lorsqu'on s'j attendait le moins, causer le plus funeste embrasement. Les lettres de Photius, qui paraissaient si belles et si touchantes à ce"x qui ne connaissaient point le personnage, étaient répandues partout. En admirant l'éloquence de ce prélat et sa vaste doctrine, plusieurs prenaient insensiblement son goût et son esprit. Michel Cérulaire, qui tut placé sur le siège de Constantinople , l'ut de ce nombre; il travailla à perfectionner l'oeuvre que Photius avait commencée, et renouvela l'entreprise formée, deux cents ans auparavant , par celui qu'il regardait comme un de ses plus illustres prédécesseurs.

io^)5. Le premier acte d'hostilité fut une lettre écrite en son nom, et au nom de f.éon , évêque d'Acride , métropolitain de Bulgni je , à Jean , évêque de Trani , dans la Pouille , j)uur être communiquée au p.ipe et à tons les Occidentaux. Dans cette épître, il accusait les Latins de plusieurs erreurs imaginaires, et blâmait leur église sur presque tous le'^ points de sa doctrine. Le pape Léon IX envoie aussitôt des légats à ConstanlinopJe, où ils sont bien reçus de l'empereur, tandis que le pitriarche ne veut ni leur parler, ni les voir. Les légats offensés fulminent un acte d'exoou)miinicaUon contre Michel et ses adhérens,et fanathémitisent dans l'église mcme de Sainte-Sophie , c.illiédiale du prélat. Michel use de représailles, et vient à h<)<n de faire ôter aux ahbés et aux rv'ligie'ix latins, qui ne veulent pas renoncer aux cérémonies de l'églse romaine, les monastères qu'ils aviicnl d ms la ville et dans le territoire de Coust nrinople. Ainsi fut consommé ce schisme déplorable, médité durant plus de deux siècles,

ou l'ami de la jeunesse. iS; el qui sépare encore de nos jours l'église grecque de l'éj;lise latine. Michel ne fut pas plus heureux que Photius: il menaça l'empereur de le déposer; mais il paya sa témérité de l'exil, dans lequel il ternnna misérablement ses jours.

1078. Le pontificat de Grégoire YII donne naissance à de nouveaux troubles. D'aigres altercations s'éff vent entre les puissances temporelles et le chef de l'Eglise, au sujet des investitures, cérémonie par laquelle les empereurs et les rois mettaient en possession de leurs prélat ures les archevêques, les évèques et les abbés de leurs états. L'opiniâtre résistance des uns et des autres produit toutes les horreurs delà discorde, les excommunications, les dépositions, les schismes , les révoltes, des guerres sanglantes.

109J. Pierre t Ermite , de retour de la Terre- Sainte, peignit avec des couleurs si vives les outrages que les Muiiométans l'aisaient aux chrétiens de Jérusalem, que le pape Urbain II , louché de ses discours pathétiques, exhorta vivement les fidèles, dans le concile de Clermont, à s'unir pour la conquête de ce })avs. Toute la France et plusieurs royaumes voisins sont enflammés du même zèle dont l'ardent ermite était dévoré. Trois cent mille hommes passent en Orient, ayant vingt souverains à leur tête, et choisissent poiir génér.dissime Godel'roy de Roiillou. Ces nouveaux guerriers portaient |»oar marque distijnctive , une croix eousjie sur leur épaule, d'où ils turent appelés croisés. Le fruit de cet'e premier > croisade lut la con([ T'ie de Jéruscib m et de la Palestine, dont GocielVuy eut la souveraineté , sons le titre de roi de Jérusalem.

1123, Calixte II préside en personne le concile général de Li rin, dans h q lel on ta lie de remédier aux maux que les dissions et I-'S schismes avaient causés dans l'Eglise. Ses successeurs, lenaTtt

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comme lui le premier rang parmi les pères , voudront Lientot y dominer.

ii5o. Election funeste de deux papes dans un même jour. Les ëvêques de France , assemblés au concile d'Etampes, rejettent Pierre de Léon, qui avait pris le nom à^Jnaclet II, et se soumettent à Tobédience d'Innocent II , à la persuasion de saint Bernard, premier abbé de Clairvaux. Le second concile de Latran met fin à ce nouveau schisme.

1 1 46. Saint Bernard prêche la seconde croisade , dont l'objet était de secourir le royaume de Jérusalem, vivementmenacé par les infidèles. Louis VII, roi de France, et l'empereur Conrad III , reçoivent la croix ; mais ce dernier est défait par la perfidie des Grecs, et les deux armées réunies viennent échouer devant Damas, dont elles sont obligées de lever le siège , par la trahison des chrétiens de Sjrie.

1188. L'empereur Frédéric Barberousse , Philippe-Auguste, roi de France, et Richard Cœurde-Lion , roi d' Any;leterre , entreprennent une troisième croisade, afin de s'opposer aux rapides victoires de Saladin , prince ou Soudan d'Egypte. Tout concourt à faire échouer cette nouvelle entreprise, qui n'aboutit qu'à la conquête d'Acre, ville puissante , mais qui ne valait pas la perte de trois cent mille hommes.

iig5. La mort de Saladin devient l'occasion d'une quatrième croisade, publiée par le pape Célestin III. Soixante mille Allemands passent en Palestine, et y remportent de grands avantages: néanmoins la mort de l'empereur Henri VI rend toutes ces conquêtes inutiles.

1204. Ce fut par les soins de Baudoin, comte de Flandres, que se forma la cinquième croisade, dans laquelle f intérêt fit entrer les Vénitiens. L'événementleplus mémorable de cette expéditionest la prise et le pillage de Gonstantinople , dont Bau-

ou l'am^de la jeunesse. iSg doin fut déclaré empereur. Neuf ans après , Innocent III publia la sixième , (jai ne fut pas plus heureuse que les précédentes.

1243. De nouvelles inimitiés s'élèvent entre l'empereur et le pape. Pour se soustraire à la persécution de Frédéric II, Innocent IV se réfugie en France, et y convoque le premier concile général de Lyon , où , sans l'approbation des pères, il déclare l'empereur déchu de sa dignité, et ses sujets absous du serment de fidélité. Cet acte , qui aurait fait frémir les premiers pontifes, cause la perte d^n prince dont les excès semblaient être justifiés par ranimosité du pape , et plonoe l'empire dans une confusion qui dure plus de vingt ans.

1200. Au milieu de ces orages, Louis IX, roi de France, entreprend les septième et huitième croisades; mais elles ne sont pas plus heureuses que les précédentes. Le saint roi meurt en commençant la dernière. Les chrétiens de la Palestine deviennent la proie des infidèles. L'empire latin de Constanlinople est reconquis par les Grecs ^ et ces fameuses expéditions, qui, durant deux cents ans, avaient causé tant de mouvemens dans f Europe, se terminent sans avoir produit autre chose que la mort de plus de quatre millions d'hommes.

Plus de neuf cents conciles se tinrent dans le cours des trois derniers siècles. Parmi les cinquante-deux pontifes qui siégèrent alors sur le trône de saint Pierre, on en trouve un grand nombre véritablement dignes du rang auguste qu'ils occupaient : on rencontre aussi d'infatigables ministres qui secondaient Je zèle des chefs, de simples fidèles qui pratiquaient à l'envi les vertus évangéiiques, et enfin des princes qui, du haut de leurs trônes, donnaient fexemple au reste des chrétiens. Aussi peut-on assurer que, durant ces trois cents années, on vit se former plus de saints établi ssemens qu'iln'j en avait eu en neuf siècles,

léo ABRÉGÉ D*ÉRASTE,

et même dans la plus grande ferveur du christianisme.

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