XIV* ET XV* SIECLES
i5oi. Le pape Boniface VIII prétend être le supérieur des rois même au temporel, et fulmina drs bulles contre Philippe-le-Bel, qui s'opposait ,î celte odieuse prétention. La France se range du côté de son roi , et toute l'Italie embrasse les in~ ''térèts de l'ambitieux pontife. On en vient aux mains : le pape est arrêté par les Français, et meurt de chagrin.
i5o5. L'élection d'un nouveau pape donne naissance à de scandaleuses intrigues. Clément V esl éhi après onze mois de contestations^ et transfère le snint-siége à Avi^jnon.
i52 1. A peine le diifé.x'nd de Philippe-le-Bel avec la cour de Pome est-il terminé, que vient cehii de Je<>n XXII avec l'empereur Louis de Bavièî't'. Le>uprTl:)e ])ontife prétend s'arroger le droit d'approuverou de rejeter féleclion du monarque, et cel<ii-ci veut prendre possess'on de son trône snns l'agrémen' du chef de l'Fglise. Tout esl poussé de part etd'.nii'';' mx dernières extrémités. Louis de Bavière fait élir^^ des anti-papes ; les papes en ▼iennent jusqu'à l'aire élire un autre empereur , du vivant même de Louis, et cette milheurense contestation ne se termine qu'à la mort du prince qui l'a fait naître.
i5;8. La mort de Grégoire X excite un nouveau schisme. Le collège des cardinaux n'était composé que de Français, et le peuple voulait un y ape qui fût Romain. On choisit donc un sîijet qui n'est point cardinafrrVZ'rt//z /^/cstélu; niriis bientôt sa conduite imprudente force les cardinaux à proclimer un autre p»pe, qui prend le nom de Ckment VII. Ce dernier fut reconnu en France , en Espagne, en Ecosse, en Sicile, et jusque dans
OÎJ L^AMI DE LA JEUÎfESSE. i6l
l'île de Chypre; Urbain eut pour luiTAngleterre, la Hongrie , la Bohème et la plus grande partie de l'empire.
1409. La mort de l'un et de l'autre ne termine point le schisme. Benoît XIII, qui succède à Clément, et Grégoire XI, l'un des sacces«ieurs d'Ur- Lain , perpétuent la discorde. Enfin les cardinaux des deux oLédiences s'unissenl de concert pour détruire ces divisions déplorables , et convoquent le concile de Pise, aucjuel ils citent les deux rivaux. Ceux ci refusent d'y paraître. On les déclare indignes de l'épiscopat , et Alexandre V est proclamé légitime pontife. Cet expédient ne servit qu'à augmenter le scandale; et cinq ans après, il fallut convoquer un nouveau concile général à Constance, auquel assista l'empereur Sigismond. Martin V fut élu pape par l'autorité de cette auguste assemblée.
i43i. Le pape Eugène IV assembla à Baie un concile général pour y opérer la réunion des Grecs et celle des autres peuples séparés de la communion du saint-siége. Un différend s'élève entre lui et les pères au sujet de la prééminence. Eugène dissout le concile, es,t lui-même déposé, et voit proclamer en sa place Amédée VIII, duc de Savoie, qui prend le nom de Félix V. Il n'en convoque pas moins un nouveau concile à Ferrare, et ensuite à Florence; l'empereur grec, Jean Paléologue , s'y rend en personne, accompagné de Joseph , patriarche de Constantinople. On y fait profession de croire la primauté du pape, qui y est qualifié de père et de docteur de tous les chrétiens; mais peu de temps après, la mort d'Eugène termine la nouvelle séparation, née de l'ambition de ce ])Qntife et de la fermeté des pèi'es de Baie. Félix V renonce à sa dignité , après neuf ans de possession , et se soumet à Nicolas V, que l'on avait donné pour successeur à son rival.
t62 abrégé d' ÉRASTEj
1462. Pie II, successeur de Calixte III, s'élève avec une hauteur extrême contre la pragmatiquesanction, dressée par ordre de Charles YIII, roi de France , d'après les décrets du concile de Bàle , et que Ton appelait le rempart de Uéglise gallicane. Ce règlement célèhrerétatlissait la liberté des élections et l'ordre canonique des jugemens ecclésiastiques, en même temps qu'il réprimait l'entreprise des papes , qui s'étaient attribué le droit de conférer les bénéfices, et de iug^er les causes ecclésiastiques dans ce royaume. Louis XI, pour complaire au pontife, ordonna que cette loi sage fût abrogée; mais , d'après les représentations du parlement et de l'université, il se désista de son projet.
i5oo. L'Evangile commence à pénétrer dans les immenses régions de l'Amérique , nouvellement découverte. Durant ces deux siècles, on vit vingttrois papes sur le saint-siége . et l'on tint près de trois cents conciles dans TEi» lise.
Principaux hérésiarques , depuis le onzième jusquau seizième siècle , et conciles qui les ont réprimés.
1048. Béranger^ archidiacre d'Angers, devient le chef des sacramentaires , c'est-à-dire , des hérétiques qui nient la présence réelle. Il enseigne que le sacrement de Teucharistie n'est qu'une figure du corps et du sang de Jésus-Christ , et qu'il n'y a pas de changement dans la substance du pain et "du vin. Cette doctrine téméraire est foudroyée par trois conciles de Rome , et par ceux de Verceil , de Paris , de Florence , de Rouen et de Poitiers. Béranger se rétracta, mourut dans le sein de l'Eglise, et fut enterré à Saint-Martin de Tours.
1106. Pierre de Bruys , du Dauphiné, attaque le baptême , l'eucharistie, les Eglises et la croix, et, comme la plupart des hérésiarques de ce siècle , il expire dans l«s flammes. Les Pétrobutiens , ses disciples , s'appe-
ou l'ami de la jeunesse. i63
lèrent ensuite Heniiciens , du nom d'un moiue apostat noramé Henii , qui ajouta de nouvelles erreiu-s à celles de son maître. Ils furent condamnés dans le second concile de Latran , en 11Û9.
iioo. Les Albigeois ^ hérétiques ainsi nommés de la province d'Aibi , oii ils se répandirent le plus, admettent la métempsycose , rejettent l'Ancien Testament , les prières pour les morts , le purgatoire , le culte des saints , les cérémonies et l'autorité de l'Eglise, ia présence réelle , la nécessité du baptême et des sacremens : les âmes , selon eux , sont autant de démons , précipités dans le corps, en punition de leurs forfaits. Les princes catholiques se croisèrent pour anéan'iir ces nérétiques avec Raymond, comte de Toulouse , leur protecteur. Chose horrible dans ce siècle ! on massacrait ceux qu'on ne pouvait convertir.
1 180. Pierre Valdo^ marchand de Lyon, veut obliger tous les Chrétiens à ne rien posséder en propre ; égale les laïques aux évêques ; prétend qu'il est permis de prêcher sans caractère et sans mission ; abolit le baptême, le cnXle des saints, les sacremens, les indulgences et le purgatoire. Il donne naissance aux hérétiques appelés de son nom Vaudcis ou pauvres de Lyon , à cause de la pauvreté qu'ils affectaient.
iSyj. J^an Wîclef^ docteur en théologie de l'université d'Oxford , en Angleterre , attaque la hiérarchie ecclésiastique , la puissance de Dieu , les sacremens , et presque tous les objets de la foi. Il est condamné par le concile de Constance , en 14 14'
1410. Jean Hus ^ né en Bohème , ajoute de nouvelles erreurs à celles de Wiclef ; il attaque surtout le chef de l'Eglise, soutenant qu'il n'a point d'autorité réelle, et traitant d'inutiles et de vexatoires rexcoramunication et les censures. Il fut analhématisé au concile de Constance , et condamné aux flammes ; ce qui n'empêcha pas qu'il ne se fît une foule de disciples qui causèrent de grands troubles et des guerres sanglantes dans la Bohème. Jérôme de Prague , Roquesane et Jean Ziaka , furent , après Jean Hus , les principaux chefs de la secte des Hussites.
Ces siècles produisirent bien d'autres hérétiques ^ qui tous enseignèrent à-peu-près les mêmes erreurs, et préparèrent la voie à celles de Luther et de Calvin»
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XVIII« ENTRETIEN
Tableau Ids torique de la religion , depuis le sei^ zième siècle jusqu au dix^huitième ( 1789.)