A lî II É G i
que l'auLre. Dans le premier cas, la icsislaiice du milieu est nnJJe; dans le dernier, celui des deux moLiles qui a le plus de vitesse en communique à Fauîre , anxdôpens de celle qu'il a. Un boulel de cangn qni part dans in direct ion du venf , ne trouve pas autant de résistance dans l'air, qu'il en éprouverait dans r.n temps calme ; niais comme il va ]>Ius vite que le vent , î1 faut toujours qu'il s'ouvre un passage dans le milieu qui fuit devant lui avec trop de lenteur.
La résistance du miliey n'est pas le seul obstacle que les corps aient à vaincre pour semou voir; ils ont encore à surmonter celui qui naît desfrottemens.
Il y a deux sortes de f'rottemens-, dans l'un, les mêmes parties d'un corps sont appliquées successivement aux différentes parties de celui sur lequel on le fait mouvoir, comme quand oti fuit o lisser un livre sur une table ; dans fautre , on lait toncber successivement dillérenles parties tl'une surface à difiéi'entes parties d'une autre surface , comme lorsqu'on fait rouler une 1 ouïe sur une table ou sur la terre.
L'usage où l'on est d'arrêter les roues des voitures dans les descentes rapides , nous fournit un exemple familier des différens elTets que produisent ces deux espèces de froltemens. En empêchant les roues de fourner^ur leur axe , le même point de la circonlérence traiue successivement sur une s^iiîe de points pris sur le terrain : c'est un froltemcnt de la première espèce , qui résiste considérablement au mouvement de la voiture. Il j' en est pas de même , quand chaque roue fburne sur scn essieu; son frottement, qui est de la seconde espèce , est moins propre à arrêter son mouvement , parce que toutes ses parties , après s'être enf;agées dans celles du plan qu'elle parcourt , les quittent avec liberté , ou du moins sans un grand effort.
ou l'ami de la jeL'îsesse, 243
lAi dépérissement des habits , des meubles , des instruinens , etc. , est une suite des effets du frottement.
Pour diminuer la résistance des frotfemens ^ ou enduit les suri'aces de quelque fluide ou de quelque matière grasse ; par ce moyen , l'on remplit, leurs inégalités les ])lus grossières , et par consé- (juent on les rend plus propres à glisser l'une sur Fautre.
Yoici quelques règles qu'il laut retenir pour bien juger du mouvement des corps.
L 71 corps persé'^-ève dans t état où il se trouve, soit de repos , soit de mouvement , à moins que quelque cause ne le tire de son mouvement ou de son repos.
En effet, tout corps , soit en repos, soit en mouvement, a une lorce de résistance par laquelle il tend à rester dans l'état où il est, et par laquelle }\ lutte contre toutes les autres forces ([ui viennent à sa rencontre. C'est ce qu'on appelle s^ force dinertie.
La propriété par laquelle un corps mis en mouvement peut passer au repos , se noinme quiescihilité.
Un corps mis en, mouvement décrit une ligne Iroite , tant que cï autres corps ne le contraignent point de s'en écarter.
Tout corps mu circulairement , tend à s'éloig?ier du centre de son mouvement par une ligne droite.
Pour vous convaincre de la vérité de cette loi, qui est iine suite 'de la précédente , prenez une fronde , mettez-y une pierre , et faites la tourner vivement. Aussitôt la corde se tendra , parce que la pierre qu'elle soutient, cherchera à chaque instant à s'échapper du centre de son mouvement, qai est votre main ; et quand enfin vous faurez lancée , î rsus lui verrez décrire une W^tiq droite dans le
24 i ABREGE D ERASTB,
uiiiieu des airs. L'effort (jiie iais:iit lu pierre pouT s'éloigner , s'appelle force centrifuge.
La réaction est contraire et égale à t action > C'esL-à-tiire , aucun corps ne peut exercer son action contre un autre, qu'il n'épro^ive utie résistance égale à son action , et l'action et la résistance se dirigent toujours en sens contraire. C'est à cette égalité d'action et de réaction qu'un navire doit le mouvement que lui conioiuniquent les ra^ mes. Les rames poussent l'eau vers le côté opposé, et l'eau réagit contre les rames , les repousse avec le bateau auquel elles tiennent , et cela avec une force égale à celle avec laquelle les raines Font fendue. Ainsi le vaisseau va d'autant plus vite , qu'il j a plus de rames, que les rames sont plus grandes , et qu'elles sont remuées avec plus de promptitude et de Ibrce.
Elg. De tout ce que vous nous avez dit jusqu'ici, il suit que \ étendue , la divisibilité ^ la figurabilité ^ la solidité , la "porosité et la mobilité apparu ennent à tous les corps. Sonl-ce là toutes leurs propriétés générales?
Er. Il faut y joindre la gravité ou la pesanteur , force par l^.quelîe tout corps , étant abandonné à lui-même, tombe vers un point de la surface de laterre. Comme ce point répond ?^n centre de notre globe , on donne à cet attribut le nom de force centripède.
Cette mèi7ie force qui fait tomber les corps , lorsqu'ils ne sont soutenuspar rien, leur fait presser les obstacles qui les retiennent et qui les empêcbent de tomber : ainsi une pierre pèse sur la main qui la soutient , ou s'efforce d'entraîner l'obstacle qui la retient suspendue , si on Tattacbe à une corde.
oxj l'amibe la jeunesse. 245
y<^ E JN T R E T I E N.
Des propriétés secondaires , 01/ des Âccidens des corps. De C Attraction , de l'Electricité et de la Vertu magnétique.
Eraste. Tout ce que nous avons dil de la poro-< site a (lu vous faire connaître, mes cliers amis, que la grandeur appjrenle d'un corps excède tonjours la cj'iantité réelle de sa matière propre. Quand tons les corpuscules qai composent.nue niasse quelconque , sont serrés les uns contre les autres , de manière que les pores qu'ils forment sont trèspetits , celte masse s'appelle c^e^ii-e ; quand, au contraire , ces corpuscules sont éloignés les uns des aufres , de manière qu'ils ne se louchent que par quelques ])oints, et laissent entre eux de grands intervalles , la masse se nomme rare.
Un corps rare peut devenir dense , et un corps dense peut devenir plus dense^, quanê! on rassemble leurs parties solides dans un plus petit espace que •celui qu'elles occupaient , soit en supprimant la -cause interne qui les tenait écartées , ce qu'on appelle condensation ^ soit en appliquant extérieurement une force qui les oblige de se rapprocher mutuellement , ce que Ton nomuie compres' sion. Serrer de la neige entre les miiius pour en faire une pelote , c'est la comprimer ; faire refroidir une liqueur, ou diminuer la chaleur qui dilate ses parties , c'est la condenser.
Un corps dense peut devenir rare , et un corps rare peut devenir plus rare , en multipliant leurs porcs , en les rendant plus spacieux ; et cet effet s'appelle rarç/YZc^/o;^. Alors le volume est augmenté, quoique la masse ne le soit point , de même que dans la compression el la condensaiion . le volume
2^6 Aur. ÉGÉ d'éraste,
dirîîinije, quoique la niasse res!e toujours la moiro. Si les parties (rtiiie masse cèdent difficiîejueiU , en sorte que Fou sente la lésistanee qu'elles i'oiit quand on veut les sé])arer ,' on appelle cette inasb.e un corps dur.
On donne le nom de corps fragile à tout corj)s dur, dont les parties se i)risent par une légère percussion , tel que l'acier trempé , le verre et la porcelaine.
On appelle corps fissile.^ ou propre à être lendu , celui qui est composé de plusieurs lames appliquées les unes sur les autres. Les corps de c*iK\^ espèce se fendent par copeaux , ou se divisent en plusieurs lames ; telle est l'ardoise.
Quand les parties d\in corps c^'.dent ("acilcmenî , ou lont très-peu de résistiuice à l'agent qui \eul les séparer, on lui donne le nom de corps mou. Les corps mous sont très-poreux ; lorsqu'on les presse, ils cèdent à l'eirort qu'on dé])loie contre eux , et leurs jjarlics se retranchent aisément dans les pores qui Uts avoisinent.
On trouve plusieurs corps mous qui peuvent prendre différentes i'ornies , et conserver néanmoins leur même coiiérence : on les appelle ductiles. Les métaux qui sont ductiles et maiiéa- Lles , doivent cet avantage à l'huile qui est interposée entre leurs parties ; et ces corps, de ductiles qu'ils étaient , deviennent fragiles, lorsqu'on les dépouille de \e\ïv gluten.
Tout corps dont on peut changer la figure , qu'on peut allonger ou raccourcir sans que sa masse en soit altérée, et par conséquent sans que ses parties perdent de leur union et de leur adhérence , s'appelle corps flejcible.
On donne le nom de corps tenace , à celui (jui est tellement constitué , que ses parties peuvent s'éloigner les uues des autres considérablement, sans se séparer pour cela , étant forleuient unies
ou l'ami de la JEU^"ESSE. ?;47 entre elles. C'est pour celle raison que ces espèces de corps peuvent supporter Jes poids énormes saiiS se briser.
De loiis les corps qui se comprimeni , les uns demeurent , ou à peu près, dansTélal que lu compression leur a fait prendre ; les autres reprennent , après la compression, ks nièoies dimensions et la inêine lîiiure qu'ils avaient aupur.;vant. Ces dermers se nomment corps a ressorts on ciasliques ; car t élasticité ii'est antre chose que l'eifort j),ar lequel les corps comprimés tendent à se rétablir dans leur premier élat. La plus g^riinde partie des corps que lions connaissons, est élastique ; mais on n'en a pas cncoie vus qui le soient parfailemenl. Les degrés d'élasticité paraissent varier suivant la densité des corps ; cependant on n'a pu jusqu'ici assigner les bornes de ces différences.
Quand un corps résiste à l'action de l'air ou à celle du feu, sans rien perdre de sa substance, on l'appelle /zjc^; on lui donne le nom de volatil ^^ quand ses pjirlies , exposées à l'action de l'un de ces deux agens , se séparent, et s'élèvent sous \,\ ibrme de vapeurs. Il paiait qu'il n'y a point de corps terrestre coniin qui soit absolunient fixe , quelque solide, quelcjuc compact qu'on lo suppose , puisque tout corps quelconque, exposé au foyer d'un miroir ardent ou d'un verre brillant , s'y décompose et s'y volatilise.
EcG. Voilà donc, Monsieur, quels sont les accidens des corps :1a densité^ la rareté^ la dureté-^ la fragilité , la mollesse , la ductilité , la flexibilité, la ténacité ç^l\ élasticité 7
Er. On ]>eut encore jnettre de ce nombre Xélectricité ^\à vertu magnétique et ï attraction,
Euu. Vous allez sans cloule lious apprendre ce que vous enfcndcz j»ar X électricité.
Er. C'est la propriété ({u'ont certains corps, lors- :ju'on les y a disposée, d'attirer cl de repousser les
ai
^48 À LR É GÉ d' É R A s T E ,
corps légers qu'on en ci])]3roclie , de lancer des nigrelles Inuiineiises , de produire des étincelles Jirillantes, de l'aire sejuir des piqûres assez vives à ccnx qui en opprocl'.enf , de Jenr canser «les commolicns violcjUes , el d'entîarnnier les liqueurs et les vapeurs spiritueuses ou inflammables.
Ces eii'ets paraissent dus à une matière en mouvement, tant au-dedans qu'au-deliors du corps cJeclrisé; cl cette matière se non,me flvide électrique. Le fiiiide électrique forme deux courans; l'un sort du corps ('Jectrisé pour se porter sur les corps voisins qui ne le sont pas, et se nomme matière effluente. L'autre sort de l'air ou des corps environnans pour se porler snr le corps électrisé , et se nomme viatière affkievte. Lorsque ces deux courans se rencontrent , ils se clioqnent, s'enflamment, el produisent ce qu'on appelle une étincelle électrique.
Il y a deux moyens pour faire naître la vertu électrique dans les corps : le premier est de les frotter . soit avec la main nue , soit avec quelque substance animale ou métallique ; le second est de les npprocLer de fort près , ou de les faire touchera un corps nouvellement électrisé. Presque tous les corjîs sont électrisables par une de ces deux manières ; mais les plus faciles à électriser ]>ar le froltemenl sont le verre , le soufre , la cire d'Espagne , les poils des animaux , etc. On nomme ces <orps idio-électriqnes . Les corps qui s'éiec tri sent le mieux par communicaîion se nomment an-électriques , ce sont les substances métalliques et l'eau.
Isoler un corps , c'est ne lui donner communication qu'.ivec des corps qui , ne s'éleclrisant pas l>ien pnr communication , ne lui font pas perdre sa vertu. I>es corps qu'on eniploie pour isoler sont les corps idio-électriques , et principalement le verre et la soie.
ou l'ami de la JEU^'ESSL. s 49 Les instpuuiens qui servent à produire les pliénotnènes électriques, sont : j°. des tubes de verre, ou des bàlons de cire d'Espagne ; 2". des gloLes , des cylindres, ou des pUileaux de verre, de soufre, ou de cire d'Espagne , qtie Ion fait tourner entre des coussins , et auxquels Ton donne plus parttculièremenL le nom de machine électrique ; 3'. des substances métalliques , ou chargées d'iiumidité, quiconduisenl l'électricité d'un corps électrisé , et que l'on nomme conductmirs ; 4^* des ])outeilles électriques , appelées honleilles de Lcyde ; ^^ . des batteries électriques , qui sont des assemblages de grandes bouteilles électriques , donnant des commotions capables de tuer des animaux , de fondre des fils de métal , et qui servent par-là à expliquer les effets du tonnerre.. ^
Quant à la nature du fluide électrique, il n'est guère posiible de la bien déterminer. Ce n'est pointîa matière propreda corps éieclrisé, puisque iZQ corps ne perd rien de sa masse ni de son volume, après la plus forte et la plus longue électrisalion. Ce n'est point Pair que nous respirons , puisqu'il ne peut passer au travers des pores du verre, au lieu que la matière électrique les pénètre sans peine. On^ne doit pas la confondre av^ec le feu ordinaire -que tout le monde connaît , et encore raoins avec la lumière du soleil , puisque l'un -et l'autre ont des propriétés aljsolu ;ient différentes ; le feu , par exemple, ne s'insinuant que très-lentement dans la substance des métaux , au lieu que la matière électrique pénètie, dans l'espace d'une seconde, un iil de métal de douze mille deux cent soixante-seize pieds de longueur; et la lumière du soleil passant rapidement à travers les corps ^«j contiennent une grande quantité d'iiuile , tels qiue.le papier , linge , etc. Tandis q!ie les huiles opposent une telle résisiance à la jnatière élec-
2^0 A B II ÉG É b t R A S T E ,
îriqiie, qu'elle ne peut les pénélrer , ou qu'elle lie les pénètre que très-faiUemenf. '
Nous devons donc suspendre riotre jug'ement , jusqu'à ce qu'un plus grand nombre de découvertes et d'expériences nous mettent en état de prononcer avec moins d'incertitude.
Elo. Tout ce que vous venez de nous dire sur rélectriciié, excite tellement ma curiosité, que je chercherai avec empresseraejil les moyens de m'instruire à fond sur cette matière. Maintenant, Monsieur, qu'est ce ^ s'il vous plaît, que la vertu magnétique?
Er. C'est la propriété qu'a une pierre que Ion appelle aimant , d'attirer iine autre pierre de la môme espèce, ou du fer, soit qu'elle les îo.îche, soit qu'elle en soit à une petite distance.
Cette pierre , que l'on trouve dcins presque toutes les mines de fer, est ordinairement dure et Lru ne ; il Y en a cependant de blanches ;, de bleues, de uoires; et l'on en voit qui sont tellement tendres, qu'on peut les entamer avec l'ongle.
L'aimant attire le fer, c'est-à-dire, que ces deux matières se portent l'une vers l'autre, ou tendent à se joindre ; et que lorsqu'elles se toXichent on ne peut les séparer sans elfort. On augmente beaucoup cette propriété qu'a l'aimant d'attirer le l'er , et tous les corps dans lesquels la matière ferrugineuse abonde, lorsqu'on le garnit aux deux bou(s de lames de fer. L'aimant préparé de cette sorte s'appelle armé ^ et telle est sa différence d'avec celui qui est sans armure , qu'un morceau de pierre capable à peine de soutenir une demi-livr^ de fer lorsqu'il est nu, peut porter facilement un poids de plus de vingt-sept livres quand il est armé.
La vertu magnétique agit à travers toutes sortes de matières, et l'aimant la communique au fer, de manière qu'il produit les mêmes phénomènes
ou L AWI DE LA JEUNESSE. 2b i
que cette pierre. L'aimant, ou le Ter aimanté , a deux pôles, l'un dirigé vers ic nord, et l'autre vers le sud , et c'est , de toutes ses propriétés, celle qui nous a été la plus utile jusqu'à présent, puisqu'on lui doit l'invention de la boussole^ instrument si nécessaire à la navigation (i).
IVous n'avons encore que des probabilités très* vagues sur la nature du magnétisme, qu'il serait absurde de confondre avec la vertu électrique. Les diiférences que l'on observe entre ces deux lluides nous apprennent ce que Je magnétisme n'est pas, sans nous faire connaître ce qu'il est.
EuG. Il faut donc nous borner à ces notions, et nous dire, si vous voulez bien, ce que vous entendez par l'attraction.
Er. C'est une vertu secrète, par laquelle les corps s'approchent et s'attirent mutuellement , dans certaines circonstances , pour ne former qu'une seule masse. La plupart des philosophes estiment que c'est une gravitation mutuelle des corjjs les uns vers les autres, semblable à celle qui chasse les corps vers le centre de la terre.
(^)uoique la cause de J'attraclioii nous soit inconnue , nous en voyons cependaat une multitude d'eifets , et nous pouvons même assurer qu'elle est répandue dans toute la nature. C'est par elh; que toutes les parties d'un corps, solide on liquide , adhèrent les unes aux autres. Un million d'exr-é-
(i) La boussole^ ou compas de met^ ^ est ordinaireirient composée d'un cercle de carton fin, dont la circonléitiice est divisée en tiuis cent soixante degrés, et sur laquelle on a tracé ks noms des différens veiUs , avec ceux des c]i:aire principaux points de la mer : l'Orient , le Couchant, le Sud ou Midi,, le Nord ou Septentrion. Ce cercle est susjendii dans une boîte, et il pjrle une aiguille d'acier bien aimantée. Dans quelque pays que l'on soit , à quelque peu de déclinaison près , faiguille tourne toujours uuc de ses pointes yeis le nord. .-^'
^j2 abllge DERASTl,
rienccs prouvent que les pliënomènes que celte vertu cachée produil. ne souf point l'effet de la pression de l'air extérieur, comme plusieurs pLvsiciens l'ont cru . puisqu'on les opère lors même que l'on a lait; disparaître Fair par le moyen de la machine pneumatique.
- Dans les corps denses, dans ceux qui ont une plus grande surface, dans ceux qui portent avec eux un certain poids, la force attractive est plus grande que dans les corps rares, que dans ceux qui sont petits ou moins pesans. Plus les corps qui sont propres à s'attirer mutuellement sont éloignés les uns des autres , moins l'attraction a de puissance; et très-sonvent même elle est nulle dans ce cas, ce qui ne permet pas de la confondre avec le magnétisme. Moins la distance qui sépare ces corps est ornnde , plus la vertu attractive agit. Elle a toute la force possible dans le contact immédiat des corps.
On remarque aussi des corps qui se repoussent et qui se fuient comme s'il v avait entre eux uJie haine secrète. On appelle cette vertu répulsion ou force répulsive. JNous en ignorons la cause et les deçrcs , et c'est encore un secret que la nature ne nous a pas permis de lui dérober.
M^ ENTRETIEN
De la Sphère , d/( mouvcrneût des Astres , et des Phënomcnes qui en ràsidtent.
Ebaste. Les premiers astronomes, afin de mettre de l'tu'Jre dans leurs découvertes, sont convenus de distribuer cette surface immense, étr'udue sur ros têtes , en difTérenles parties, pir des points , des li'-nes et des cercles . dont la réunion a formé
or l'ami dk la jeunesse. 2 53
rel iiistrunient qui, parce qu'il esl extrêmement roijd , a reçu le nom de Splière ^ qui veut dire Boule. Ainsi la spLcre est pne macliine compose'e de points, de lignes et de cercles imaginaires, dont en s'est servi pour pailager la terre, en les appli- ([uant aux lieux qui ]>araissent répondre aux cercles marqués dans le ciel.
La S])l)ère est composée^de dix cercles : six grands, qui sont \ Equateur^ le Zodiaque^ VHori-' zon^ le Méridien et les àtwx Colures ; et quatre petits, qui sont les deiix Tfopicpies et les deux Cercles Polaires. Les premiers sont appelés gr^/î^j-, parce qu'ils coupent la splière en deux parties égales; et les autres sont nommés petits., parce qu'ils la coupent en parties-inégales, {^planche n. i .)
L'équateur est un grand cercle qui coupe la ?pli( re en deux parties égales. On le nomme encore ligne Equinojciale, parce que, quand le soleil se trouve dans ce cercle, il y a équinoxe, c'est-àdire, égalité de jours et de nuits par toute la terre ( pi. n". 2, fig. 1 ). L'équateur est éloigné de quatre-vingt-dix degrés des pôles du monde.
Les pôles du monde sont les deux extrémités d'une ligne que nous supposons passer parle centre de l'équateur et de tous les cercles qui lui sont parallèles , et sur laquelle tous ces cercles et toute la macliine du monde paraissent tourner, comme une roue sur son essieu. Celte ligne s'appelle axe [pi. Ti". 1 ). Les deux points qui la terminent sont appelés ^d/^5 , d'un mot grec qui signifie tourner. Celui de ces deux points qui.esl dans la partie du ciel que nous voyons, se nomme pôle Septen^ irional ou Jrctique ^ parce qu'il a dins son voisinage une constellation, c'est-à-dire, un amas d'étoiles, appelé yirctosou. la grande Ourse; et celui <[ui esl dcjns la partie (\i\ ciel que la terre dérobe à nos veux, s'appelle pôle Méridional . parce qu'il
5Ô 4 ABRÉGÉ b r; fi A S r r. .
est au midi, ou pôle Antarctique ^ c'esi-k~ài£e y, opposé à FOiirse ( même fi^. )
Ce cercle , qui est bien plus large que \(ti autres, s'appelle Zodiaque. Vous voyez que Féquiiteur le divise en deux parties égales. Fane sepleiurionale, l'autre méridionale. Les douze signes ou constellations qae le soleil paraît décrire tous les ans , sont contenus dans ce«ercle, qui n'a reçu le nom de Zodiaque ^ dérivé d'un mot grec qui signifie animal^ que parce que tous ces sigues.portent des noms d'animaux. V«us remarquez de plus au milieu du zodiaque une ligne qni divise sa largeur en deux parties : c'est ce qu'on appelle VEclipiiqvc^ parce que le soleil ne paraissant jamais hors de cette ligne, ce n'est que là que peuvent se faire les éclipses [mêmejîg.)
Cet autre cercle, remarquable aussi p^r sa largeur, s'appelle Horizon^ô^xiïx mot grec qui signifie borner j parce qu'en effet Fhorizon borne la vue. Vous voyez que ce cercle divise la sphère en deux parties égales, qu'on nouime Hé ??iisphères , on moitié de sphère , dont Fune est appelée supérieure ou visible, etFautre inférieure on invisible. L'horizon est différent, selon les dilférens points de la terre où Fon peut se trouver. Il a pour pôles deux points, Fun au-dessus de notre tête, appelé P^ertical on Zénith, Fautre directement opposé, que Fon nomme Xadir.
Il y a deux sortes d'horizons ; Fun rationelow intelligible : c'est un grand cercle qu'on no peut concevoir que par Fentendement, et qui a le même centre que la tepre ; l'autre , visuel ou sensible : c'est celui qui termine notre vue , lorsque\, dans une vaste campagne , nous portons nos regards autour de nous , jusqu'à Fextrémilé où la terre semble finir, et le ciel commencer.
On dit que Va sphère est droite, quand on place Féquateur et l'horizon rationel de manière que le
ou l'ami de la JEU1N'£SSE. 255 preiûicrde ces cercles est perpendiculaire à l'autre. Les peuples pour qui la splière est droite, ont leur zénith dans l'équateur céleste ; le soleil les éclaire toute l'aunée durant douze lieures : ils aperçoivent suctessivcment toutes les étoiles du ciel , et voient les deux pôles du monde à leur horizon.
On dit que la splière est parallèle^ quand Téqualeur est parallèle à riiorizor». Les peuj>les pour qui la sphère est parallèle, ont leur zénith dans Tun des deux pôles célestes; ils jouissent durant six mois de la lumière du soleil, et en sont prirés durant six autres mois : ils n'aperçoivent jamais qne les étoiles qui se trouvent entre l'équaleur et le pôle qu'ils habitent; et ils les voient tourner comme le soleil et la lune, parallèlement à l horizon, dans l'espace de vingt-quatre heures.
Enfin , l'on dit que la sphère est oblique^ lors-, que l'équateur coupe obliquement l'horizon. Tous^ les peuples de la terre, excepté ceux qui ha}3itent sous l'équateur et sous les pôles, ont la sphère oblique : ils voient le soleil tantôt plus, tantôt moins de douze heures, à moins que cet astre ne soit au point des équinoxes ; car alors leurs jours sont égaux à leurs nuits.
Il y a des peuples qui se trouvent dans une direction contraire à la nôtre, qui ont leurs pieds sous les nôtres, et on les nomme antipodes. Ces peuples ont les jours , les mois , les heures, les saisons absolument opposés aux nôtres. Quand nous avons le matin, ils ont le soir; quand nous avons l'été , ils ont l'hiver ; ainsi de suite.
Ce grand cercle qui passe par les deux pôles , et qui partage la s])hère en hémisphère oriental et en hémisphère occidental , ce qui forme les niappemcndes ordinaires, s'appelle Méridien^ parce qu'il est midi lorsque le soleil est parvenu cà ce cercle. On peut imaginer autant de méridiens qu'il y a de points dans le ciel , à prendre ces points
256 ABRÉGÉ d'ÉRASTE,
d'orient en occident; et tous ces. méridiens seront de gTands cercles passant par le point du ciel qui lépond sur notre tête , et par les deux pôles de la machine céleste [pL n°. i , méridiens ).
Les deux cohires sont deux g^rands cercles qui pissent par les deux pôles et qui s'y coupent. L'un d'eux coupe aussi Ft-quatcur aux deux pointa où il est déjà coupé par Téclip^ique, et ce sont les points des équinoxes; aussi le nomme-t-on colure des éq)iinooc€s : l'autre passe par les deux points <le l'écliptique les plus éloignés de Téquateur, qui sont les points des solstices ; et c'est pour celte raison qu'on l'appelle cohire des solstices. Ces deux cercles sont de véritables méridiens intro- <luits dans la splière pour plus de commodité [pi. n\ . ).
EuG. \oas venez de (aire mention des solstices, je vous assure que j'ignore ce que c'(isl.
Er. On a observé que le soleil, pendant six mois , paraît s'élever de plus en plus dans le ciel , et descendre de ])lus en plus pendant six autres mois : mais on a reinarqué en méuie temps qu'il y a un point au-delà d iqael il ne descend plus , et un point au-delà du [uel il ne monte plus. On a donné k ces deux points le nom de solstices , parce que , quand cet astre y est parvenu , il paraît s'y arrêter durant quelques jours. Le mouvement annuel du soleil est compris entre ces deux points. Pour les indiquer snr la sphère, on a imaginé deux petits cercles, que Ton a appelés tropiques, d'un mot grec qui. signifie tourner , et qui indique la marche i\pparente du soleil. Le premier de ces cercles , qui est vers le sep'entrion , se nomme Tropique da Cancer , à cause de la constellation ainsi appelée; le soleil parait la déorire le .2 1 juin, et alors nou^ ayons Tété; l'aitre , qii est vers le midi, et qui pisse par la constellation du Cipricorne^ porte le iiom de Tropique du Capricorne. Le soleil semble y
ou l'ami de la jeunesse. 2B7 firriverle 22 Jéceoibre, et alors nous avons Ihiver ( j}l. n°. î - cercles ).
I^es autres petits cercles , qui sont au-dessus de ces derniers, sont s^^^e\ès polaires [i7ief?2efig.^. parce qu'ils sont très-voisins des ])6]es du monde. Celui qui est au septentrion se nomme Cercle polaire Arctique , et celui qui est au midi s'appelle Cercle polaire yintarctîque^
Les quatre petits cercles servent particulièrement à partager toute la surface du ciel en ciuq portions , ou bandes circulaires parallèles à l'équaleur, et que l'on a nommées zones , mot grec qui signifie ceintures [pi. n". i, zones ). On appelle Zone torride, ccWe qui est Lriilée par la chaleur du soleil. Elle est comprise entre les deux tropiques , et couple en deux parties égales par l'équa- Icur. Sa largeur csl de quarante-sept degrés.
L'espace compris entre chaque tropique et les cercles polaires, s'appelle Zone tempérée^ parce que l'action du soleil j est moins vive. Il v en a deux, l'une dans la partie septentrionale, l'autre dans la partie méridionale du globe , et chacune a quarante-trois degrés.
Enfin, l'espace compris entre les cercles polaires et les pôles, se nomme Zone froide ou glaciale ^ à cause du l'roid extrême qu'il fait en ces contrées. Il y en a deux aussi, l'une septentrionale et l'autre méridionale, et chacune est de vin^t-trois degrés
do o
emi.
On nomme climat un espace de terre compris entre deux cercles parallèles à l'équateur. Les climats se partagent en climats d' heures el en climats de mois. Un climat dheiu'e est celui dont le jour csl plus long d'une demi-heure en sa lin qu'en son commencemenl. Le climat de mois est celui dont le plus grand jour est plus long d'un mois en sa fin que dans son commencemenl. ( pL n" 1 , paraJlèles. )
ii58 ABRECi: DERASTE)
Vous concevez, mes cheis entans, que, par le moyen de ces divisions , ii est bien plus aisé de contempler 1 immensité des cieux , et de suivre 1. s révolutions de ces vastes corps qui y. sont répan. dus avec tant de profusion , et que nous dési- »;nons par le nom d'.-^^^rei', à cause de l'éclat qu'ils répandent. Sans entrer dans le détail des divers systèmes imaginés pour expliquer l'ordre et la structure des cieux, je me contenterai de vous dire un mot des typolbèses de Piolomée et de Copernic.
Ptolomée , qui florissait en Egypte vers lan i58 de J. C. , prenant toutes les apparences pour des réalités, jjrétendait que la terre étiùt ininjohile au centre de Punivers, et qu'elle voyait circuler autour d'elle en vingt-quatre heures, dorieut en occident, le soleil, tous les astres et tous les cieux. Cette opinion fut embrassée et soutenue , durant plus de douze siècles, par tous les astronomes. Cependant il ne lai lait qu'une observatior. bien simple pour détruire cette longue illusion, pour démontrer la mobilité et le mouvement de la terre, et renverser, par conséquent, les idées cbimériqnes dui^iiilosoplie égyptien.
Copernic, mathématicien fameux, né à Tiicrn , dans la Priisse royale, s'aperçut de la l'aiblesse du système de Ptolomée, et en chercha un autre au commencement du seizième siècle. Il phiça le soleil au centre du monde, et fit circuler la terre autour de cet astre. Au lieu dédire, comme Ptolomée, que tous les cieux, que tous les corps q^ji les illuminent, cheminaient en vingL-quati-e heures, d"oricnt en occident autour de notre globe, il supposa .que c'était la terre qui tournait ainsi sur son axe , et que de ce dernier mouvement , qu'il appelai! diurne , résultaient les jours et les nuits, comme les diverses saisons naissaient du premier, auquel il donnuit le nom à'annuel. Cette nouvelle hypo-
ou UAM[ DE LA JEU^s^ESSE. 209
tLèse frappa Io;:s les esprits, et à peine eut-elle va le jour , c|ii'elle l'ut adoptée avec ardeur : Kepler ^ astronome allemand; Galifée, pliilosoplie Italien; le célèbre Newton, et une foule d'autres grands homincs la développèrent, la perlectionnèrent, la portèrent au dernier point d'évidence. On prouve par ce système, non-seulement le raouveinent de la terre autour du soleil {pi. n" 3, /zg. i ), mais encore que la lune tourne autour de la terre dans une orbite, qui est emportée avec la terre dans sou mouvement annuel autour du soleil; que les autres astres errans , que nous appelons /7/«2/2è/*°i-, tournent de njême avec leurs satellites en plus ou moins de temps autour du soleil, et que le tout est terminé par le ciel des étoiles fixes ( pi. i\" 1 , Système de Copernic). Les marques jointes au cours des planètes sont les si;^ncs qui serveni à les représenter; nous les exj>liquerons en parlant de leur mouvement de révolution autour du soleil.
Parmi les astres , les uns , fixes et immobiles , brillent de leurs propres feux, et communiquent leur éclat à tout ce qui les environne : on les appelle Etoiles fixes. Les autres sont des corps opuqjjes , comme cette terre que nous foulons aux pieds, et ne jouissent que d'une lumière qui n'est point à eux. Ils errent dans les régions célestes, et changent conlinuelleraent de position entre eux. Chacune des étoiles fixes est un soleil, et il v a lieu de croire , vu leur distance prodigieuse , qu'elles ne sont pas d'un moindre voluiue que cehii qui nous éclaire (1).
L'éclat plus ou moins vif que nous remarqTions
(l) On prûtend qu'un boulet de canon, qui toM>]iC'i:iit de l'étoile la moins éloignée de nous , emploierait plus de six cent mille ans à se précipiter d;ins notre solf-il , et parcoiurait par conséquent un intervalle de plus de neuf cent quarante-six milliards quatre-vingt millions de lieues de deux riille toises chacune.
2^0 ABr, êged'èrâstë,
(liins les eloiles , les a fait disiribner en six classes. Les plus brillantes s'appellent Etoiles de laproiiière grandeur; celles «lom la lumière ])araît avoir un degré de moins, Etoiles de lu seconde grandeur ; et ainsi des autres progressivement.
J.a multitude des éîoiles étant infinie, il a fallu les partager en plusieurs groupes, qiic Ion appelle Constellations .^ktl à qui l'on donne diiï'érens noms, cnipruntés la plupart à la Mvlholoi^ie. Il y en a trente-cincj au septentrion, (louze au milieu , et trente-quatre au midi.
Les douze du milieu s;>nt les seules qui nous intéressent. Elles entourent l'écliplique , et remplissent cette zone du ciel que l'on nomme Zodiaqve. Voici leur-snoms, avec les marques par lesquelles on les désigne souven', et les mois auxquels elles ont rapport.
1° Le Bélier t, mars; 2" le Taureau ^ , avril; 5" les Gémeaux ^ , mai; 4° VEere<^'isse ^, juin; 5" le Lion ^. juillet; 6" la Fierge n^^ août; 7° la Balance <^ ^ septembre; S'' le Scorpion Tiij,, octobre; g" le Sagiitaire », novembre; jo'' le Capricorne % , décembre; 11° le P^erseaui=^, janvier; \2^ les Poissons )( , février [pL n" ï , Système de Copernic. )
Les planètes, le soleil et notre terre n'occupent , en comparaison des vastes corps semés dans l'étendue , qu'une très-petite partie des cieux ; c'est ce tjue nous appelons noire Univers, On distingue les planètes en principales et en secondaires. Leur lumière est plus uniforme et plus tianquille que celle des étoiles qui l^rillenl par élancement , ce qu'on appelle mouvement de scintillation.
Les planètes principales sont au nombre de onze, savoir ; Mercure 5 , Vénus $ , la Terre 5 , JSlars (? , Jupiter le , Saturne i> , Uranus ou Herschel ^ , Cérès ou Piazzi Ç , Pallas ou Olhers $ , Junon 6 et Vesta ^.
ou l'ami de la JEur^ESSE. 201
Les planètes seconcbires , que Yon appelle encore Satellites ou Limes ^ sont au nombre de dix; Uiie qui apparlient à la icrre , et qui porte spécialement le nom de Lune; quatre qui acconip.igneiil Jupiter, et cinq qui environnent Saturne. Foytz pi. iC 1, Système de Copernic^ où elles sont ijidiqneesparde petits points blancs, plactfs sur des cercles, qui marquent leur révolution autour de leur planète.
Les planètes du premier ordre circuleiit toutes d'occident en orient autour du soleil , dans des temps réglés et proportionnés aux degrés d'éloignemcnt où elles sont de cet astre; et les planètes de la seconde cbisse ont le même mouvement autour de la jîlanète principale qu'elles accompagnent; c'est ce qu'on appelle rcvolvtioii périodique .
Mercure fait cette révolution en trois mois , Vénus en huit, la Terre en trois cent soixante cinq jours, ce que nous a[)pelons l'année ; Mars acliève la sieime en deux ans, Jupiter en douze, Saturne en trente, Herschel en quatre-vingt-quatre, Cérès en quatre ans sept mois, et Pallas en quatre ans huit mois. La révolution de Junon et sa distance au Soleil, sont à peu près les mêmes que pour Cérès, Pallas et Testa.
La révolution de la Lune autour de la Terre se fait en vingt-sept jours et un tiers à peu près; c'est ce que l'on nomme mois lunaire. Outre ses satellites, Saturne a encore un anneau ou cercle luînineujc, qui l'entoure sans le toucher, et dont on ignore la nature et les usages.
Chaque planète de la première ou de la seconde classe, en faisant sa révolution autour de son astre central, décrit une espèce de cercle que l'on appelle Orbite. M^ws coiiime l'astre n'est pas précisément au centre de cette orbite, il s'ensuit que la distance de la planète à son asti'e n'est pas toujours la même. Le point de l'orbite où une planète prin^
2G2 ABREGE D EilASTE,
cipale se trouve le plus loin qu'elle puisse êtie du soleil, s'appelle Aphélie, mot grec qui signifie éloigncment chi soleil; et celui où elle est le plus près, se iioiame Périhélie, c'est-à-dire voisinage du soleil. Les deux points de l'orLife qui sont justes au milieu de Tisphélie et du périhélie, s'appellent distance moyenne. Quand la terre est dans son aphélie, le soleil est le plus loin d'elle qu'il puisse éire; c'est ce qu'on appelle \ Apogée de cet astre; quand elle est dans son périhélie , le soleil est le pins près d'elle qu'il puisse être ; c'est ce que
on nomme le Périgée du soleil
Outre la révolution que chaque planète du prelijier ou du second ordre fait autour de sou astre central , il est à présumer que toutes ont encore un ir.ouvement de rotation sur leurs axes d'occident en orient , ce qui lait quelles ont , comme la (erre, routes les parties de leurs scrfaces successivement exposées à l'action du soleil. La plupart ont des taches, qui ont donné lieu d'observer ce raouve^ ment, et d'en déterminer la durée.
Toutes les planètes sont des corps sphériques comme la terre : pour s'en convaincre, il suffit de considérer que les difï'érentes parties de leurs surfaces ne reçoivent que successivement la lumière du soleil ; car si elles étaient planes, tous les points de ces surfaces recevraient en même temps les rayons de l'astre qui les éclaire, comme une chandelle allumée qu'on élève au bord d'une table, devient visible aussitôt d'un bout à l'autre. Cependant la sphéricité des planètes n'est point parlaite, puisque ce sont éi^s globes liU peu aj)platls Yers leurs pôles.
Notre position sur la terre fait que les hémisphères des planètes, éclairés parle soleil, ne sont pas toujours entièrement tournés vers nous, etalors, n'en apercevant qu'une partie, nous voyons la planète sons la figure d'un croissant ou d'^un quartier
ou l'ami de la jeunesse. 2C3 de Iiino. Ces diffëreiUes figures s'appellent phases ou apparitions.
Les ]i]iases des pJaucles proiuent bien qu'elles sont foules des corps opaques, incapaliles d'éclriirer ]).ir eux-mêmes , et qui ne nous renvoient que la lumière qu'ils reçoivent du soleil : mais rien ne le démoutre mieux que leurs éclipses ( pi. u° i , éclipses.) , c'est-à-dire, cette ooscurité passagère dans laquelle elles tombent,, toutes les lois que quelque corps leur intercepte les rayons de l'astre qui leur prête son éclat. Quant à la nature de ces ])hnètes, les montagnes et les vallées profondes qu'on croit observer dans la lune, semblent nous dire qu'elle est la même que celle de la terre.
EuG. Puisque les planètes sont des corps opaqiies, et qu'elles changeai continuellement d'aspecl entre e]les, leurs oppositions et leurs conjonctions doivent causer de fréquentes éclipses.
Er. Votre remarque est Irès-judicieuse, mon cher Eugène. Les éclipses , en effet, seraient très-lVéqnentes dans ces circonstances, si toutes les orbiles étaient dans un seul et même plan ; mais elles sont toutes plus ou moins inclinées les unes aux autres, de manière que quand deux plauèies passent l'une devant l'aulre, il arrive presque toujours que la plus éloignée reçoit les rayons du soleil, qui viennent par-dessus ou par-dessous celle qui passe entre cet astre et elle.
Toutes les planètes, à l'exception de la lune , ont des orbites fixes, quoique diversement inclinées entre elles; c'est-à-dire, que chacun de ces astres, en faisant sa révolution pér.iodique, coupe toujours récliptique aux mcjiies points, en uiontant et en descendant.
Outre les planètes primitives qui circulent autour du soleil, et que nous ne perdons point de vue, po!ir ainsi dire, il en est d'autres, en beaucoup plus
grand nombre , qui se moulrent de temps en temps dans les régions célestes; mais la biièveté de leurs apparitions nous a empèehé jfisqii'ici de les Lien connaître. Ces astres , qui ont été long-temps fef- Iroi des peuples, sont tx^jpeiés Comètes, c'est-àrdire, astres chei'elus^ parce que leur partie la plus radieuse est ordinairement enveloppée d'une espèce d'almospiiére moins brillante, cpie l'on appelle chevelure ou barbe ^ pour la distinguer de cette partie à laquelle on donne le nom de noynv. Les comètes tr.iînent encore d ordinaire après elles une queue lumineuse , qui est qîielqueiois très-longue, 'toujours opposée au soleil, et qu'on croit être une vapeur occasioiiée par la chaleur de cet astre.
Les comètes diffèrent surtout des planètes, en ce qu'elles ne marchent pas toujours comme elles, selon l'orilre des signes, c'est-à-dire, d'occident en orient ; mais souvent on leur voit tenir une route tout opposée : au lieu du mouvement direct , elles ont celui qu'on nomme rétrograde. Cependant , malgré leurs aberrations immenses, la précision avec laquelle les astronomes sont enfin parvenus à prédire leurs retours , prouve qu'elles sont toutes soumises à des lois constantes.
Le soleil, tournant sur lui-même, mais au reste, immobile au milieu des vastes corps qu'il éclaire, sert en même temps de flambeau, de loyer, et comme de pivot à toutes les parties de la machine du monde : sa figure est sphérique ; et s'il parait à nos yeux comme un disque circulaire, c'est que dans réloi^nementoiïnous sommes de lui , rien ne nous fait scnlir que les parties du milieu sont plus avancées vers nous que celles de ses boixis. Nous ignorons entièrement sa nature : on soupçonne seulement que c'est un anuis de matières embrasées depuis Id création , puisqu'il écliauffe Cl qu'il
ou l'ami de la jeunesse. 265 écJaire ; mais qu'il brûle apparemment sans se dissiper et sans s'obscurcir , puisque son activité et sa splendeur sont inaltérables.
Une preuve qu'il a un mouvement de rotation sur son axe, c'est qu'on aperçoit sur sa surlace des taches, qui, tant qu'elles subsistent , cbeminent du bord oriental vers le bord occidental, disparaissent alors, et, après un certain temps , se montrent de nouveau, pour recommencer la même route. C'est par le moyen de ces taches , qui prouveraient presque que le l'eu élémentaire n'entre pas seul dans la composition du soleil, qu'on a remarqué que cet astre met vingt-cinq jours et six heures à faire ses révolutions sur lui-même.
Le Soleil est plus de vingt mille l'ois plus gros que Saturne, plus de huit cent cinquante-quatre l'ois plus gros que Jupiter; il est cinq millions de fois plus gros que Mars , un million de fois plus gros que la Terre et Vénus, et vingt-sept millions de fois plus gros que Mercure. En un mot, l'on a calculé que toutes les planètes avec leurs satellites, ne faisaient que la six cent cinquantième partie de la masse de ce globe immense , qui semble ré" ir tous les autres.
EuG. Qu'est-ce que l'homme, grand Dieu! par rapport à tant de vastes corps? La cent milliosnième partie d'un grain de poussière, répandue i dans l'immensité !.... Mais, Monsieur , apprenezjinoi , je vous prie , comment toutes ces masses jénormes peuvent demeurer suspendues et se mouvoir avec tant de vitesse , sans se précipiter les unes sur les autres?
Er. Yous me demandez là, mon cher ami, un de ces secrets que l'autenr de la nature couvre d'un voile impénétrable; et tout ce que la curiosité humaine peut faire , c'est de le deviner. Le sentiment le plus généralement goûté, est celui qui suppose aux astres qui circulent autour du soleil, Abrégé (VÉraste, 1 2
deux forces pi-imitives , qui, combinant leurs efforts, agitent ces grandes masses, les roulent, les transportent , les animent , et leur établissent, au milieu des espaces célestes , des lieux fixes et des routes déterminées. Parla première de ces forces, que l'on appelle centrifuge , les astres teudent à s éloigner de leur centre, qui est le soleil ; et par Il seconde, que Ton nomme centripète ^ ils sont retenus et aitjrés vers l'astre central qui les rappelle à lui. Mais de quelle nature sont ces deux forces, pour faire subsister tous ces mouvemens sans altération sensible, durant un si grand nombre de siècles ? Voilà ce qu'il est impossible de Lien expliquer, et ce qui fait la matière d'une grande discussion parmi les philosophes partisans de Newton et de Descartes. Attendons qu'ils se soient accordés, pour nous décider nous-mêmes?
Eld. Voudriez- vous bien nous expliquer plus particulièrement comment se fait la révolution du jour et de la nuit , celle des saisons et des années , et quelle est la mesure du temps que fon a tirée des mouvemens apparens du soleil et de la lune?
Er. Le temps se divise en siècles, eu années, en mois, en semaines, en jours, en heures, en minutes, eu secondes, en tierces, etc.
Les astronomes ont divisé le temps que le soleil paraît mettre à fournir sa carrière annuelle, en autant de parties quil en faut pour en assigner vingt-quatre à chaque jour. TSéanmoins , nous avons deux sortes d'heures à distinguer : les unes qui sont toujours égales entre elles, c'est ce que l'on appelle temps înoyen ; les autres, qui sont affectées des inégalités qui se trouvent dans le mouvement diurne du soleil, c'est ce qu'on nomme le temps vrai. Un bon cadran solaire montre les heures du temps vrai ; une montre bien raglée montre celles du temps moyen. Il y a des pendules dont le rouage est tellement construit,
ou l'ami de la J£L^'E5.SE. 267 qu'elles marquent Tun et l'autre temps par différentes aiguilles ; ce qui fait qu'on les appelle pendvles ou horloges à équation.
En astronomie, on est dans l'usage de compter les vingt-quatre heures de suite d'un midi à l'autre ; mais, chez presque tous les peuples, on divise Je jour en deux p;irties égales, de douze heures chacune. Les douze heures durant lesquelles ou. une partie desquelles le soleil nous éclaire, s'appellent/owr «/Yi/zc^d/; les douze autres, durant lesquelles ou une partie desquelles nous sommes privés de sa lumière, ont reçu le nom de 7iuit. L'éclat que cet astre répand, commence toujours avant qu'il ne se soit élevé sur notre horizon; et cet éclat subsiste encore quelque temps après qu'il a disparu à nos yeux : c'est ce que l'on appelle les ■crépuscules. Celui du matin se distingue de celui du soir par le nom iï aurore , et le commencement de l'aurore est le point du jour. On a observé que le crépuscule commence le matin, lorsque le soleil est encore à dix-huit degrés au-dessous de l'horizon , et qu'il ne finit le soir , que quand cet astre est descendu de la mêjne quantité au-dessous.
Une semîiine est composée de sept jours, qui se distinguent par des noms tirés des principales planètes, auxquelles lesanciens astronomeslesavaient consacrés : le premier au Soleil, r/zej- Solis ,les chrétiens l'ont appelé le jour du Seigneur , dies Dominicaj ou Dimanche : le deuxième à la Lune, Lunœ dies , Lundi; le troisième à Mars, Martis dies, Mardi; le quatrième à Mercure, Mercurii dies, Mercredi; le cinquième à Jupiter , /oc^zV dies ^ Jeudi ; le sixième à Vénus, Veneris ^^e'i•, Vendredi ; et enfin le septième cà Saturne, Saturni dies ; nous l'avons appelé Samedi, Sahhati dies , en mémoire du jour du SaLbat chez les Juifs.
ïl y a dans chaque mois la valeur de quatre semaines, cl quelques jours de plus dans le mois
268 ABRÉGÉ d'ÉRASTE,
Solaire; car il v en a communément trente ou trente et un . piiir répondre a peu près au temps que le soleil met à parcourir un signe oa la douzième ]>artie du zodiaque. Avril, juin , septembre et novembre ont trente jours ; février n'en a que Tingt-liiiit ; tous les auties en ont trente-un.
Tandis que la terre fait une révolution entière dans son orbite . elle tourne sur son axe trois cent soixante-cirjq io:s et un quart a peu près : cela Te ut dire . srlin l-:> n;ouvemens apparens et les expressions usitées . que fciunée solaire est de trois cent soixante-cinq jours et près de six heures. En prenant ces six heures excédentes pour complètes , on convint de les réunir , et de donner à chaque quatrième année un iouv de plus qu'aux autres. Ce jour fui placé immédiatement après le 28 février : en fappela bis-scxte ; et Tannée où il avait lieu, bis-sextile. Cet arrangement . qui se fît sous Jules- César, supposait donc que les six heures excédentes deraune-.-' c in :iune étciieut absolument complètes ; mais. q.::iqj'il n"v manque que quelques minutes, cette petite quantité , répétée durant un grand nombre a années , devint si considérable, qu'à la fin du seizième siècle, les équinoxcs étaient dérangés de dix jours. Le pape Grégoire XIII ordonna . par un? bulle du 24 lévrier 1082 , que ces dix jouis de trop seraient retranchés , et que le 5 octobre 5uivant serait le i5 du même mois. L'Angleterre et quelques autres nations ne voulant point se conformer a cette correction, continuèrent de caler leurs actes selon l'ancien calendrier; et c'est ce qui a donné lieu a la distinction du vieux et du nouveau style , que Ton désigne souvent par ces lettres : V. S. et >'. S. , dans les écrits qui doivent passer d'une nation a l'autre. Ce ne fut qu'en 1732 que les Anglais adoptèrent la réforme de Grégoire XIIL
Le bissexte ajoute en quatre ans, q'iarante mi-
or l'ami de la jeunesse. 26c)
mites de pins que le soleil nemploie à retourner au même point du zodiaque. Ces minutes rassemblées composent un jour entier au Loiit de cent trente-trois ans. Pour empêcher que cet excédent ne cause quelque dérangement nouveau, on omet trois bissextes dans le cours de quatre cents ans. L'intercalalion du bissexte l'ait que ce n'est qu'au bout Je vingt-huit ans que le mêjue quantième peut se retrouver au même jour de la seniaiiie , après avoir parcouru tous les autres : on donne à cet intervalle le nom de cycle solaire.
Dans le calendrier de chaque année , il y a ui}e lettre qui désigne le dimanche, et quon nomme pour cetle raison letire Domi?iicale ; cesl toujours une des initiales des mots latins que voici : Dei , Cœlum, Bonus, Jccipe, Gratis^ Filius ^ Esta, L'année bissextile a deux lettres Dooùnicales, dont l'une sert insquau 2i deiçvriçri Çt l'aulre pendant le reste de l'année.
L'année se partage en qnacre saisons : le Printemps, l'Eté, l'Automne et l'Hiver. Chacune d'elles dure autant de temps que le soleil en met à parcourir trois signes du zodiaque , ce qui comprend l'espace de trois mois. Pour les climats qui sont entre l'équateur et le pôle arctique, le printemps conunence le 20 de mars ou environ , lorsque le soleil entre au signe du bélier ; Télé le 21 de juin ; l'automne le 22 de septembre, et l'hiver le 21 de décembre. Quand les régions septentrionales ont l'hiver, l'été règne dans celles du midi qui leur correspondent; il en est de même pour l'automne et pour le piintem ps.
Le froid qui se lait sentir en hiver , et la chaleur qu'oii éprouve en été , ne viennent pas du plus ou moins d'éloignement du soleil, puisque c'est en été qu'il se trouve dans son apogée. La cause principale de ces deux elfets si contraires, est qu'alors les rayons solaires tombent moins obliquement
270 ABREGEDÉriASTE,
qu'en hiver sur la partie du globe où nous sorDines place's , et l'Lorizon , par conséquent , en reçoit un plus grand nombre ( pi. n°. 2 , fig. 2 ).
La lune , qui est cinquante fois plus petite que notre giobe, nous paraît cependant plus grande que toutes les autres planètes : c'est qu'elle est plus près de nous ; puisque , dans son apogée , elle n'est éloignée de la terre que de €j;uatre-vingt-onze mille lieues, et de quatre-vingt mille da'ns son périgée. Elle a trois mouvemens , l'un, qui l'entraine avec la terre autour du soleil ; l'autre . qui la fait circuler autour de notre globe , et le dernier par lequel elle fait une révolution sur son axe.
Le premier de ces trois mouvemens est annuel. Elle met vingt-sept jours sept heures et environ qnaranlc-lrois minutes à faire le second : eWc emploie précisément le même temps pour le troisième; ce qui ftit qu'elle nous montre toujours le même
hémi sphère. ~
En parcourant son oi^bite , la lune rencontre deux fois le soleil sur sa roule. Le temps qui s'écoule ♦ntre les deux conjonctions est de vingt-neuf jours et demi, et s'appelle mois synodique de la lune ou lunaison.
Etant un corps opaque et sphérique, la lune ne peut jamais avoir que la moitié de sa surface illuminée parle soleil ; et comme l'hémisphère éclairé «e présente diversement à nos regards dans le cours d'une même îunaison , ces phases particulières sont f:omme autant de points de divisions pour le mois «ynodique.
Quand la lune est en conjonction avec le soleil ,^ alors, se trouvant entre cet astre et la terre, sa surface éclairée regarde le globe lumineux, et ne peut nous transmettre aucun des rayons qu'elle en reçoit; c'est ce qu'on appelle nouvelle lune. Après quelques jours de marche, elle nous laisse apercevoir une petite portion de la surface illuminée, sous
ou l'ami de la .TEUîS'ESSE. 271
la fori]}e d'un croissant clonL Jes deux pointes sont tournées vers Torienl , parce que le soleil est alors à Foceident de la lune. Peu à peu nous voyons la concitvilé de ce croissanl se remplir ; en sorte que sept jours environ après la nouvelle lune , nous remarquons la moitié de la partie éclairée , sous la forme d'un demi-cercle ; et c'est ce que l'on nomme le premier quartier de la lune. A mesure qu'elle s'éloigne du soleil;, nous apercevons une plus grande portion éclairée, jusqu'à ce qu'enfin, an quatorzième jour et demi de sa route, étant arrivée au milieu de son orbite, et se trouvant en opposition avec le soleil, elle nous offre toute la partie que cet astre embellit de ses feux; c'est ce qu'on appelle lapleine inné, A compter de celle phase , la partie lumineuse va toujours en dimi]iuant pour nous, de sorf:^ qu'au 22, nous ne voyons plus qu'une portion de la lune , semblable à celle du 7 , avec cette différence qu'elle a sa convexité appareille tournée vers l'orient, d'où lui vient alors la lumière du soleil : c'est le dernier quartier : ce quartier diminue de jour en jour, et se termine enlin par un croissanl semblable au premier ,. mais dont les pointes sont tournées vers l'occident.
Au bout de dix-neuf ans, les nouvelles et pleines lunes se retrouvent aux mêmes quantièmes. Cette révolution se nomme cycle lunaire ou nom^ bre cTor, parce qu'à Atliènes, on marquait ce uombre dans la place publique avec des chiffres en or. Les lunaisons ne reviennent pas précisément à la même heure tous les dix-neuf ans; la différence monte à un jour dans l'espace de trois cent quatre ans. Voilà ce qui a fait imaginer , depuis la décofiverte du nombre d'or , une autre espèce de nonjbre que l'on appelle épactes , dont l'objet est d'exprimer, pour chaque année, l'âge qu'avait la lune à la fin de l'année précédente.
Il arrive de temps en temj)s que la lune se trouve ,
OU dans le plan même , ou fort près du plan de l'écliptique , lorsqu'elle entre en opposition ou en conjonction avec le soleils dans le premier cas, l'ombre de la terre la couvre en tout ou en partie , el c'est une éclipse de lune , [pi. n". 1 ) ; dans le second, c'est elle qui nous cache plus ou moins le soleil , et c'est une éclipse de soleil [même pL) Quand lombre de la terre ne couvre qu'une partie du disque de la lune, l'e'clipse est partielle ; quand elle en couvre plus de denx tiers, l'éclipsé est presque totale; enfin, quand elle le couvre tout entier, elle est non-seu!emenl totale^ mais centrale. De même quand la lune ne couvre, en passant , qu'une partie plus ou moins grande du soleil, l'éclipsé de cet astre est partielle; mais elle ne peut jamais être totale , parce que le disque de la planèle n'étant point assez grand pour couvrir entièrement celui du soleil, cet astre le déborde tout autour, comme un anneau lumineux; ce qui fait qu'on appelle cette éclipse, ce^?^;'^/^ ou annulaire.
On distingue deux choses dans une éclipse, savoir, Vinymersion et Vémersion. L'immersion est l'entrée d'un astre dans Tombre de celui qui doit l'éclipser ; l'émersion est la sortie hors de l'ombre.
Gardez-vous bien de croire, mes cliers amis, que les astres aient d'autre influence sur nous, que celle de nous éclairer ou de nous échauffer. IVe vous figurez pas, avec le vulgaire imbécile et l'antiquité crédule, que les phénomènes célestes, les éclipses , les apparitions de comètes, annoncent à la terre des malheurs, des catastrophes : défiez-vous de tout ce que ces imposteurs, que l'on nomme astrologues, attribuent aux corps célestes ; et soyez bien convaincus que tout ce que nous remarquons dans les voûtes imn^enses suspendues sur nos têtes, est la suite naturelle de lois sages , et d'autant plus invariables, que les hommes sont
ou l'ami de la jeunesse 270 venus à bout d'en prévoir les eifets plusieurs siècles avant qu'ils n'arrivent.
yil« ENTRETIEN.
De VAir, du Feu et de la Lumière,
EuGEiSE Ce que vous nous avez dit du ciel, me rend curieux de connaitre les merveilles qui sont plus près de nous. Par exemple, qu'est-ce que l'air?
Eraste. C'est un fluide éKislique et pesant.
La fluidité de Tair est très-grande, parce qu'il est composé de ]>arties extrêmement rares, sphériques, très-petites, très-mobiles , peu pesantes, qui , bien loin de s'attirer^ se repoussent, et qui^ par conséquent , peuvent être lacilement séparées les unes des autres.
L'air est élastique, puisqu'on peut le comprimer, et que, dans la compression, il fait effort pour se rétablir; comme il se rétablit en effet, dès que la cause qui pressait son volume cesse de Fcnchainer. C'est parle mojen de cette propriété que .l'air renferuié dans un fusil à vent, cbasse une balle qui peut porter la mort à soixante-dix pas.
L'air se comprime lui -même par Son propre poids: celui que nous respirons dans la plaine est plus dense que celui qu'on trouve sur une montagne, parce que celni-ci est chargé d'une colonne moins longue quecelui-!à.
, L'air forme une espèce d'enveloppe à notre globe; et celte m^sse , avec les vapeurs et les exhalaisons qui y nagent, est appelée atmosphère terrestre. On remarque dans cette atuiosphère un fluide électrique; on y découvre aussi la matière magnétique universelle.
L'air exposé à faction du feu se raréfie ; d'où il
2 74 ABftÉGÉ DÉRASTE,
suit que rélaslicité de cet éléiiàent augmente et acquiert une plus grande intensilé, lorscjue le feu déploie son action conlre lui; au contraire, Tair expose au froid se condense et se réduit en un moindre volume, de même que s'il perdait une partie de son ressort.
L'air se glisse et pénètre dans les porcs de plusieurs corps solides; il exerce Ja même action à l'égard d'un grand nombre de fluides.
Il est la cause de la vie et de la santé. Pour vous en convaincre, mettez un animal , un oiseau , par exemple , sous le récipient de la machine pneumatique, et pompez Tair : vous verrez l'oiseau tomber eu convulsion; et si vous ne lui rendez Tair , vous le verrez périr par le défaut d'e respiration , et par la dilatation de ce fluide renfermé dans son corps. Le défaut de resj)iration empêche le sang- de circuler. I/air qui se trouve enfermé dans le corps n'étant plus pressé par Tair exléiieur, se dilate considérablement : dilaté , il rompt les prisons où il est retenu, et il cause à f animal une mort précédée des plus violentes convulsions.
Oji doit aussi regarder l'air comme la première cause de la végétation des plantes; car elles ont, ainsi que les animaux, des pores inhalans , par lesquels l'air s'insinue pour y faire circuler les sucs nourriciers.
Agité, ce fluide que l'on peut regarder comme MU des principaux agens delà nature, est, pour ainsi dire, l'àme de la navigation: ])ar le moyen du vent , des vaisseaux , qui sont comme autant de villes flottantes, passent d'un hémisphère à l'autre, et Ton voit tous les jours en commerce des nations que l'Océan semblait avoir éternellement séparées par ses vastes barrières.
Comme l'air est spongieux, compressible et rarescible à un point qui surpasse toute imagination, il s'imprègne non-seulement de toutes Jes vapeurs
oc l'ami de la JEUlSESSi;. 2/> el de toutes les exlialaisoiis extérieures, mais encore de celles qu'il trouve dans rinlérieiir des cor])s ; ou bien il se comprime ou se coudeuse jusqu'à paraître stagnant ; ou bien enfin , il s'éfend et se raiélie jusqu'à n'avoir plus qu'une faible pes-mteurj dans ces trois cas, il cesse d'être sduLic, et quelquefois même il devient dangereux et mortel.
C'est donc agir prudemment que de ne point s'exj)oser dans un air que l'on soupçonne d'être infecté d'une grande quantité d'exhalaisons, su]'îout de celles qui sont sulfureuses. J^es cloaques qui ont été long-temps renfermés, les souterrains qui avoisinenl les minières , les lieux clos où l'on a tenu du cliârbon allumé , les celliers même dans lesquels fermentent les vins nouveaux ou la bière, sont très-dangereux. Mais si l'air se corrompt aisément, il n'est pas diflicile aussi de le ])uri(ier, soit en le renouvelant, soil en lui iuiprimanl un mouvement rapide qui ranime son ressort, soit même en brûlant des parfums ou des corps odorans qui, par leur suavité, chassent les vapeurs malignes dont il est chargé. De tous ces moyens, le plus simple et le plus sûr est de le re-nouveler.
Puisque 1 air est un fluide, il presse dans toutes sortes de directions avec la mêmelorce, et c'est l'uniformité de cette pression, et la parfaite élasticité du fluide, qui empêchent que les corps n'en soient abîmés.
L'on a imaginé des instrumens qui nous indiquent le poids ou l'élasticité de l'air, sa sécheresse ou son humidité, et il est bon de les connaître.
Le baromètre sert à marquer la pesanteur de l'air; il nous avertit que le fluide dans lequel Dieu nous a placés , agit plus ou moins lortement sur nos corps, et nous annonce les cliangemens de
276 ABRÉGÉ n'ÉRASTE,
temps, surtout qiinnd ils doivent être considëraLles. Le meilleur des baromètres est celai qu'on appelle simple. Il est composé d'un tube de verre, bien net, exactement purgé d'air, et d'environ deux lignes de diamètre. L'extrémité supérieure de ce tube doit être fermée hermétiquement; et; son extrémité inférieure doit être plongée dans un petit vase rempli de mercure, sur la surface duquel l'air que nous respirons, ait la facilité de graviter. C'est l'action tie l'air extérieur sur la surface du mercure contenu dans ce vase, qui fait monter et qui soutient dans le tube du baromètre la colonne du vif-argent , suivant les difl'érens points graflués sur l'échelle qui l'accompagne.
Lorsque la colonne du mercure est à vingtquatre pouces de hauteur , on supporte une pression d'air d'environ vingt-cinq mille sept cent quatre-vingt-cinq fivres; et si elle s'élève cà trente pouces , la pression est d'environ trente-deux mille deux cent trente et une livres.
Quand le mercure baisse au-dessous de vingtsept pouces et demi, il annonce de la pluie ou du vent, ou en général ce qu'on appelle mauvais temps; et quand il excède ce nombre de pouces, il annonce le calme , le sec , le beau temps.
Vhjgromèlre est un instrument dont l'objet est d'indiquer la sécheresse ou l'humidité de l'air. On en fait de plusieurs façons : le plus simple est composé d'une corde de dix ou douze pieds, que l'on tend faiblement dans une situation horizontale , et dans un endroit à couvert de la pluie, quoiqu'exposé à l'air libre : on attache au milieu un hi de lailon, au bout duquel on suspend un petit poids qui sert d'index , et qui marque, sur une échelle divisée en pouces et en lignes , les degrés d'humidité en montant, et ceux de la sécheresse en descendant. L'humidité , en pénétrant la corde, la raccourcit : la sécheresse, cd la dilatant,
ou l'ami de la JEU^s^ESSE. 277 la fait baisser. En général, l'iiygromètre est bien moins utile qne le baromètre.
Etjg. Actuellement, Monsieur, voudriez-vous bien nous apprendre ce que c'est que le son 7
Er. Le son est l'effet ordinaire du choc ou de la collision de Jeux corps , dont les parties ébranlées font frémir comme elles , et cie toutes parts, jusqu'à une certaine distance, le fluide qui les environne; et ce frémissement se communique aux autres corps qni en sont susceptibles, et qui se rencontrent dans cette splière d'activité.
On appelle proprement co7'/?i" sonores , ceux dont les sons après le choc ou le frottement qui les fait naître, sont distincts, comparables entre eux et de quelque durée. Or, on remarque qu'il n'y a que les corps élastiques qui soient véritablement sonores , parce qu'ils sont plus pro])res que tous les autres à être ébranlés dais leurs parties, et à con-server les él^ranlemens qu'on lenr procure.
Ce n'est que parle moyen tie Pair que le son se fait entendre, et qu'il vient frapper notre oreille. En effet, mettez sous le récipient de la machine pneumatique une ou plusieurs sonnettes, pompez l'air, et faites frapper les sonnettes; dès que fair aura disparu , vous n'entendrez aucun son; rendez l'air, et les sonnettes recommenceront à se faire entendre.
Le son parcourt près de deux cents toises en une seconde; mais il a ses bornes, au-delà desquelles il ne se lait plus entendre. Il est impossible de les déterminer, parce qu'elles dépendent de la force et de l'intensité du son, et de l'élasticité plus ou moins grande du corps sonore, de la constitution du terrain, du vent, qui peut être favorable ou contraire ; de la pureté de l'air, de la pluie, de la neige , des nuées, et surtout de la finesse de l'organe destiné à la fonction de l'ouïe.
2^8 ABRÉGÉ d'ÉRASTB,
Le son a non-seulement la propriété de se propager au loin , mais encore celle de se réfléchir, de retourner, pour ainsi dire, sur lui-même, lorsqu'il rencontre des corps durs; au lieu qu'il s'amortit et s'éteint, lorsqu'il vient irappei- des corps mous et sans réaction. C'est par cetle raison que la voix se fait mieux entendre dans une chambre sans meubles, que dans celle qui est meublée; dans un lieu où il y a peu de monde , que dans celui où s'est assemblé un nombreux auditoire.
Une montagne, un bâtiment, une muraille, réfléchissent le son quelquefois si parfaitement , qu'on dirait qu'il vient réellement du côté opposé. Le son qui est ainsi rapporté, et qu'on peut distinguer du premier, est appelé écho, son réciproque ou s 071 réjléclii.
L écho est plus parfait et plus distinct, si les corps durs contre lesquels le son va frapper ont des concavités sur leurs surfaces , ou s'ils ont une figure régulièrement concave. C'est par, le moyen de cette répercussion que, dans certaines salies faites en voûte, la voix la plus basse se fait entendre d'un angle à fautre de la salle , sans que les assistans , qui sont placés partout ailleurs, puissent entendre un seul mot de ce que l'on dit.
On peut conserver et recueillir le son , en l'empêchant de se répandre circulairement à ujie trèsgrande distance : pour cela, on le fait passer par delongs tuyaux dont les parois le réfléchissent : c'est ce qui a fait imaginer ces cornets que l'on appelle acoustiques , parce que les sourds peuvent s'en servir pour entendre , et \es porte-voix ^ dont la bonté do t se mesr.rer sur le degré d'élasticité de la inatièi'c qui les compose Plus un porte-voix estlon^, plu^ il porte luin le son qu'on lui confie. On dit qu'Aiexandre-ic-Grand en avait un, à Faide duquel il rassemblait son armée , quelque nombreuse
ou l'ami DE LA JEUNESSE. 279
et quelque dispersée qu'elle fût , et lui Joniinit ses ordres, comme s'il eût parlé à chaque soldat en particulier.
EuD. Tout ce que vous avez eu la bonté de nous dire de l'air, me fait soupçonner qu'il a quelque rapport avec les vents.
Er. En effet, ma clière Eudoxie , le vent n'est autre chose qu'un air agité, une portion de fatmoh-phèrc qui se meut comme un courant, avec une certaine vitesse , et avec une direction déterminée. Gomme il est souvent trcs-siécessaire de connaître cette direction, on a distribué les ventsen plusieurs classes, et on a donné à chacun d'eux un nom, suivant les différens points de fliorizon d'où il paraît s'échapper. D'abord on les a distingués en quatre principaux : le vent du sud ou du midi, et celui du nord ou du septentrion, qui sont opposés; le vent d'est ou d'orient, et celui d'ouest ou d'occident T qui sont aussi contraires. Ces quatre vents cardinaux ont été subdivisés en trente-deux, et ceux-ci en soixante-quatre , tous désignés par un nom particulier.
De plus, on a distingué plusieurs espèces de vents : ceux qui soufflent sans cesse dans une partie de l'atmosphère , ont été appelés généranœ ou constans ; on a donné îe nom de périodiques à ceux qui commencent et finissent toujours danscertains temps de l'année, ou à certaines heures du jour; enfin, on a nommé variables ^ ceux dont la direction, la vitesse, la naissance et la durée n'ont rien de déterminé.
On sait en général qiieles vents viennent immédiatement d'un défaut d'équilibre dans fair, parce que toutes les fois que certaines portions de l'atmosphère deviennent plus denses, jA\^s élevées oa plus pressées que les autres, étant alors plus pensantes, elles doivent s'échapper et s'écouler j)ar où iî y a m,oins de F^ésisi^nce ; elles doivent pousser
28o ABRÉGÉ B'ÉRASTE,
devant elles les autres i)arties qui sont plus faihies, à peu près comme l'eau d'un canal, soulevée dans un endroit par une pierre qu'on jette, se meut par ondes d'un tout à l'autre. Mais, qui est-ce qui a jeté la pierre, quand nous voyons l'atmosphère s'agiter? Voilà ce qu'on ne sait que fort imparfaitement, et ce qu'il est impossible, en effet, de tien déterminer.
Si les vents par leur vitesse, par leur masse et par leur direction, causent quelquefois de ç;rands ravages, ils nous procurent aussi des avantages bien capables de nous i'aire oublier leurs tristes^ et terribles effets. Ce sont eux qui transportent les nuages pour arroser et fertiliser les différentes parties de la terre; ils sont ràoie de la navigation, et, sans entrer dans déplus longs détails, les services que nous tirons des moulins à vent , sont inappréciables.
De temjîs en temps on observe dans l'atmosplière des pliénomènes surprenans, que l'on appelle météores; mais avant de vous en parler, mes cbers amis , il est nécessaire de vous dire un mot du feu et de la lumière.
La nature du feu se dérobe à notre connaissance. On conjecture, avec beaucoup de fondement, qu'il est un fluide, mais \\n fluide qui ne cesse jamais de l'être, et qui probablement est la principale cause de toute fluidité.
Les parties du feu doivent être extrêmement subtiles, puisqu'il est impossible de les apercevoir et de les saisir solidement ; elles doivent être extrêmement rares, puisqu'il est impossible de les condenser , et que d'ailleurs elles détruisent toute espèce de coudensation ; elles doivent être extr^U mement subtiles et prodigieusement dures , puis^qii'elles pénètrent tous les corj)S, que rien ne leur résiste , et qu'elles résistent à tout.
Le feu est un corps, puisqu'il occupe un espace,
ou L'AMI DE LA JEUNESSE. 281 qu'il se porte en tous sens , et qu'en se développant il se meut; sa mobilité doit être prodigieuse, puisqu'il imprime un mouvement rapide aux parties des corps sur lesquels il agit. La réflexion de ce fluide, produite parles miroirs ardeus , est une preuve de sa solidité.
Quand, par l'action du feu, les corps perdent leur solidité et se liquéfient , on dit qu'ils tombent enfvsion ou en résolution. Lorsque les corps sont en fusion , ils ont absorbé toute la quantité de matière ignée qu'ils peuvent recevoir, et ils ne deviennent pas plus chauds , quoiqu'on les expose plus long-temps à la violence du feu. Mais alors les parties les plus subtiles de ces corps se volatilisent, et produisent des vapeurs qu'on appelle exhalaisons. Ces parties, en s'évaporant, emportent avec elles un peu de feu, et forment une autre espèce de fluide sensible et élastique, que nous connaissons sous le nom At fumée. Lorsque les molécules de ce dernier fluide se sont rassemblées, elles forment une masse légère et rare, que l'on appelle suie; mais lorsque ces parties emportent avec elles une plus grande quantité de particules ignées , elles forment ce que nous nommons la flamme, qui a la forme dun cône dont la base repose sur ce qui lui sert de nourriture. Ce cône est vraisemblablement formé, d'un côté par la pression de l'air qui environne la flajnme, de l'autre, parTeff^ort qu'elle fait pour léndre la masse d'air qui s'oppose à son expansion. Les cendres ou chaux sont pour l'ordinaire composées de terres, de sels et de plusieurs autres matières hétérogènes, restes grossiers des corps dont les parties subtjles se sont évaporées.
Quoique le feu soit capable de tout détruire et de tout dissoudre, il est répandu partout, jusqu'au dedans de nous-çuémes, et nous n'avons pas un grain pesant de chair ou d'os, qui n'en soit intime-
282 ABRÉGÉ DÉKASTE,
Hient pënttré. Quelquefois il paraît comme en* chaîné el co:i :;iC engourdi : mais il est facile de le réveiller et de l'exciter par un mouvement rapide, ou ce qui est à peu près la même cîiose , par le frotlement des corps. Le feu le plus pur que nous connaissions jusqu'à présent, est celui du soleil : le feu terrestre a besoin de nourriture, et il s'éteint aussitôt qu'elle lui manque. Le froid absolu serait la privation de toute matière ignée; mais nous ne connaissons point Je froid absolu, parce que nous ne connaissons aucun corps qui soit privé de matière ignée.
Pour découvrir les dilTérens degrés de la chaleur et du froid, on a iiuag-iné un instrument fort utile, que Réaumur, physicien fameux, a singulièrement perfectionné , et qu'on appelle thermomèirc. C'est un tube de verre rempli de mercure ou de tout autre fluide susceptible d'une dilatation et d'un* condensation sensibles. Ce tube qui est fermé hermétiquement, et terminé par une foule de hi inème matière, est placé sur une planche où sont marqués les différens degrés el les variations de la chaleur et du froid. Plus il faitcbaiid, plus le mercure monte, parce que son volume augmente par la dilatation ; plus il fait froid , plus ii descend , parce que son volume dimin-e par la condensation, suites naturelles ^ la présence ou de l'abandon des particules ignées. Le thermomètre a enrichi la physique d'un grand nombre de découvertes , et, entre autres, il nous a appris que dans les caves profondes , comme dans tous les souterrains, il ne fait ni plus chaud en hiver, ni plus froid en été que dans les autres saisons de Tannée.
On appelle lumière tout ce qui procure à l'àme la faculté de voir par le moyen des yeux. Quoique le feu éclaire, lorsqu'il est ennammé, on ne sait cependant si cet élément et U lumière sont une même et unique chose. Tout ce qu'on peut dire>
©u l'ami de la jeunesse. 283 c^est que la lumière est un vëritaLle corps , qui jouit des propriétés qui conviennent aux corps ; un fluide très-subtil , dont par conséquent les parties n'ont qu'une faible cohésion entre elles; et sa mobilité doit être prodigieuse, puisqu'elle parcourt en une minute plus de quatre millions de lieues ^ eo partant du soleil. Elle s'écliappe de tout corps lumineux par des lignes droites qu'on appelle rayons ; mais ces rayons se courbent et s'écartent un peu en passant dans l'air.
Il y a un grand nombre de corps qui s'imbibent pendant le jour de la lumière qui les éclaire, et qui luisent ensuite dans l'obscurité, sims qu'on les allume par le moyen d'un feu étranger : on les appelle, pour cette raison, phosphores^ c'est-àdire , porte-lumière.
On voit souvent des restes de poissons briller 2.'.!, coin des rues, ou dans les clc^qUCS qui servent de ciectiarg^c aux grandes cuisines : quantité de personnes ne peuvent se peigner dans l'obscurité, sans faire voir, sans entendre même sortir du feu de leur cîieveli^re. Ce sont des lueurs de oette espèce qui effraient les valets d'écurie, et qui leur font dire que certains chevaux sont pansés par des esprits follets. On a vu même de tout temps certaines vapeurs grasses ou spiritueuses , exhalées des corps vivans, s'enflammer comme d'ellesmêmes, et produire un feu si léger, qu'il n'était sensible que par sa lumière : on l'appelle ignis larubens. Il en est de même des bois tendres et morts , lorsqu'ils sont pourris en un certain point. De tous les phosphores , le plus remarquable , parce qu'il est le plus inflammable et le plus lumineux, est celui que l'on fait avec de l'urine.
Toutes les fois que la lumière rencontre un corps opaque, elle se réfléchit. Les corps les plus durs, les plus compacts, ceux qui sont susceptibles du poli le plus parfait, et dont la couleur
approche le plus da Liane, sont les plus propres à cet effet. De ce nombre sont les miroirs , dont lu plupart des rayons reviennent avec un certain ordre, et qui ont, en outre, la propriété de représenter les objets éclairés qu'on leur oppose. Ce serait ici le lieu de vous parler des télescopes ^ àoni l'effet est de représenter les objets éloignés plus ^ros et plus distincts que dans leur situation naturelle , et des microscopes, qui prêtent un volume prodigieux aux objets les plus insensibles ; mais rintelli^ence des phénomènes que ces instrumens opèrent, exig-erait des nouons que la multiplicité des matières sur lesquelles nous avons encore à nous entretenir , ne me permet pas de vous donner, ^'ous allous examiner en peu de mots les météores.
On peut distinguer trois sortes de météores : les Tins qui brillent et qui éclatent à nos yeux , et que, pour cette raison, on ap])eile e fifla^.mnés ; les autres, qui sont produits par les vapeurs que le soleil enlève , ou que la chaleur intérieure de la terre pousse dans l'atmosphère après que l'astre du jour s'est retiré, et que l'on nomme météores aqueux ; ceux enfin qui résultent, des vapeurs et des exhalaisons combinées avec la lumière, et qui ont reçu le nom de météores lumineux.
'Les feux follets qui voltigent cà et là à quelques pieds de la terre, et que Ton voit, surtout à la fin de l'été , dans les endroits marécageux , dans les cimetières et autres lieux où les matières sulfureuses et inflamruables abondent; ces autres flammes , non moins légères , que l'on appelle feu Saint-Ehne , et que l'on voit, après un temps orageux, s'élancer sur toutes les parties d'un navire qui est en mer , sans cependant rien embraser ; ces traces de lumière qui se iettent d'un point du ciel à l'autre, et que Ton appelle étoiles tombmiies ; ces nuées lumineuses qui brillent et éclatent quelquefois durant plusieurs nuits de suite du côté du
ou l'ami de la jeunesse. 283
jXord, et que, pour cette raison , on nomme aurores boréales-^ ces globes, d'une grosseur énorme , et d'un éclat souvent plus vil' (jue celui de la lune , auxquels on donne le nom de bolides , qui paraissent de temps en temps dans l'atmosphère, se brisent ensuite avec un terrible fracas, et répandent au loin une fumée épaisse^ presque toujours accompagnée d'une odeur sulfureuse; les éclairs que la cnaleur occasione pour l'ordinaire; la foudre et le tonnerre lui-même, sont des météores ignés; et c'est sans doute à la matière électrique, mise en mouvement par la chaleur, et à rinllammabilité des exhalaisons qui se sont amassées dans l'atmosphère , qu'il faut principalement attribuer ces terribles phénomènes , bien capables d'épouvanter le peuple ignorant , mais qui sont , pour les savans, des objets d'une louable curiosité.
Ce qu'on 'd\^vQ\\e foudre et tonnerre est donc un phénomène d'electricilé. Un nuage rempli de matière électrique mise en action, en rencontre un autre qui n'en est point ou presque point chargé,* aussitôt il se forme deux courans, l'un effluant et l'autre affluant, qui se rencontrent, qui se choquent^ qui allument toutes les matières inflammables qu'ils rencontrent. Leur impétuosité, jointe à l'action de la flamme, produit dans fair environnant une agitation rapide; et de là nait une forte explosion: un bruit que tous les nuages voisins , que tous les échos répètent , se fait entendre ; un vent impétueux s'élève, et dure peu ; les vapeurs se ramassent, et tombent en pluie dont les gouttes sont très-larges ; et si la foudre prend son origine dans la plus haute région giaciale de f atmosphère, ces vapeurs se changent en grêle de différente grosseur.
Pour l'ordinaire, la foudre tombe sur les endroits élevés, comme sur les tours qui sont fort hautes , sur lesquelles on plante des verges de fer
28G ABREGE DERASTE,
pour y arborer des pavillons ; sur les églises e'îevées, qui soîit ornées de plusieurs croix, ou qui sont couvertes de métal; sur les grands artres : ainsi il esl beaucoup plus sur de se tenir en pleine campagne pour se mettre à Tabri de l'orage.
On peut juoer de l'éloignement ou de la proximité du tonnerre, par les momens qui s'écoulent entre celui où léclair vient éblouir ïiolre vue, et celui où le bruit vient frapper notre oreille. S'il se j)asse mie secorde entre Tuu et l'autre, le tonnerre est à cent toises de nous; à six cents, s'il j a six secondes : il est très-près , et il est pennis de craindre, si le bruit et l'éclair se fout sentir en même temps.
On a quelquefois recours au son des cloches pour écarter le tonnerre; mais ce moyen est plus dangereux qu'utile; cardes cloches de métal frajjpées par des battans de fer, et mises en vibration , sont plus exposées aux effets de Télectricifé de l'air, que lorsqu'elles restent en repos : de sorte que la matière électrique est plutôt attirée que rcpoussée par le son des cloches.
Quand le soleil a cessé d'échauffer la terre et les eaux, l'air devient plus froid qu'elles. Alors la matière du feu , qui tend à se rejoindre toujours uniformément à la matière des autres fluides, passe de la terre dans l'air, et emporte avec elle les parties les plus subtiles des corps terrestres, qu'elle détache et qu'elle anime de son mouvement. Si ces vapeurs sont encore voisines de la terre, elles se font sentir le soir, et on les désigne par le noui de sereiîi. Au soleil levant , la chaleur commenrantà renaître, l'air se dilate, se dessaisit du serein, qui retombe en partie sur la terre, et reçoit le nom de rosée. Si le temps est froid , ce serein et cette rosée se glacent, et produisent ce que Ton appelle la gelée blanche. Si les vapeurs ue s'élèv^t ou ne retombent que lentement et en grande quaa-
ou L AMI DE LA JEUNEbSE. 287
tité , elles obscurcissent l'air , et produisent ce que nous nommons broiiillard. Le brouillard est quelquefois chargé d'exhalaisons puantes et insalubres, qui deviennent la cause de différentes maladies, ou qui portent la contagion parmi les plantes. Dans les grands iroids , le brouillard se gèle et s'attache à tout ce qui s'y trouve exposé ; c'est ce qu'on appelle gù're ou frimas. Les nuées que nous voyons suspendues de côté et d'autre au-dessus de nous, ne sont que des amas de brouillards qui Qottent au gré des vents dans l'atmosphère. Lorsque leurs parties, réunies en gouttes, deviennent trop pesantes, elles font, en tombant, ce qu'on appelle la pluie; si cette pluie est très-fine , elle se ixvmme bruine. Les rei'roidissemens qui surviennent dans la région des nuaj^es , sont souvent assez considérables pour geler les vapeurs; alors elles tombent en neige ou en grêle ; en neige , si la cong^élalion saisit les vapeurs avant qu'elles se soient réunies en grosses gouttes ; en grêle, si les particules d'eau ont le temps de se joindre avant que d'être prises par la gelée.
On doit se défier de tout ce qu'on a publié des pluies de crapauds, de sang-, de grains, de pierres, efc. Il faudrait que le vent enlevât ces matières, et les laissât tomber à une certaine distance du lieu où il les aurait prises; car elles sont trop pesantes pour s'élever et se soutenir comme les vapeurs au milieu de l'atmosphère.
De tous les météores aqueux , le plus surprenant et le plus dangereux peut-être, est celui qu'on appelle trombe. On le voit assez souvent sur mer, et beaucoup plus rarement sur terre. C'est une nuée épaisse qui s'allonge de haut en bas, jette aTiiour d'elle beaucoup de pluie ou de g-rêle, et fait entendre un bruit semblable à celui d'une mer violemment agitée. Elle renverse les arbres et les maisons partout où elle passe; et lorsqu'elle s'jbaisse
288 ABRÉGÉ d'ÉRASTE,
sur un vaisseau , elle ne manque guère de le sub-
merg-er. On n'a pu , jusqu'ici , exprimer d'une
manière satisfaisante la formation de cet étrange
phénomène.
Pour Lien entendre la raison des météores lumineux, il faut savoir d'aLord que la lumière est composée de sept rayons différens, dont chacun est le principe d'une couleur particulière , et qui n'appartient quà lui. Les sept couleurs qui naissent des sept rayons de la lumière , sont le rouge , V orange ^ \e jaune j\e vert ^ le bleu^ Yindigo et le violet : ces couleurs s'appellent ^ri.'wïViWi' , parce que c'est de leur mélange qu'on forme toutes les autres. Les couleurs n'appartiennent pas proprement au^x objets qui frappent nos regards, mais à la lumière, puisque dès qu'elle cesse de briller , les objets n'ont plus de couleur. Ainsi un corps qui a la propriété de réfléchir tous les rayons de lumière, sans les décomposer, paraît blanc ; il parait noir , s'il les absorbe tous sans en réfléchir aucun.
En second lieu, les nuages qui sont suspendus d^ns l'atmosphère, peuvent être regardés tantôt comme des miroirs qui ont la propriété de retracer l'image des objets qui se rencontrent vis-à-vis d'eux; tantôt comme un assemblage de corps dont les uns réfléchissent tel ou tel rayon plus abondamment que les autres, et par conséquent, doivent paraître plus colorés par ce rayon, que les autres corps qui les avoisinent.
Donc, si quelquefois vous remarquez dans le ciel de ces faux soleils que l'on appelle purhéli^s ^ ou de ces fausses lunes que l'on peut nomixi^v parasélènes ^ \o\\s reconnaîtrez aussitôt que ce sont autant d'images du soleil ou delà lune, que réfléchissent des nuages ou des vapeurs situés visà-vis de ces deux astres.
Si, lorsqu'ayant le dos tourné au soleil, et regar-
ou l'ami de la JEUîfESSE. 289
dant une nuée qui fond en pluie, tandis que cet astre, élevé à une certaine hauteur sur l'horizon, porte son éclat contre elle, vous découvrez un ou. plusieurs de ces cercles brillans que l'on appelle iris ou arc^en-ciel ^ les sept couleurs dont vous les verrez décorés , vous feront connaître aussitôt que ce phénomène naît de la décomposilion des rayons de la lujnière.
VIII« ENTRETIEN
Idée générale du globe terrestre^ et de tout ce qu'on y remarque.
Ebaste. Après avoir contemplé tout ce qui se passe au-dessus de nos têtes, il est temps, mes cliersamis, de fixer nos regards sur le globe que nous habitons. Comme les eaux en couvrenlla plus ^^rande partie, c'est par elles que nous allons commencer.
L'eau en général, est un corps fluide, liquide , humide, insipide et sans odeur, du moins quand il ne contient pas des parties hétérogènes; limpide, diaphane, sans couleiir, très-volatil, qui ne peut bi'iiler dans le feu, mais au conti-aire qui l'éteint ordinairement. Il peut perdre sa fluidité, lorsqu'un grand froid s'empare de toutes ses molécules, et alors elles forment un corps transparent que l'on appelle glace.
Il y A des fontaines dont les eaux sont chaudes, ce qui vient des feux souterrains au-dessous et au-
})rès desquels elles se trouvent ; il y en a dont 'eau change la couleur des cheveux de ceux qui en boivent; il y en a dont elle ébranle et luit tomber les dents; et l'on en voit qui proluisent un effet contraire : on en trouve dont les eaux sunt des Abrégé d'Erastc. iZ
5 90 ABRÉGÉDÉRASTE,
poisons mortels ; d'auîres changent le fer en enivre, ou pétrifient pins ou raoinsproniptenientles divers corps qu'on y l'ait séjourner ; mais ce n'est pas l'eau, considérée comme eau , qui produit tous ces effets ; on doit les attribuer aux substances étrangères qu elle amasse en filtrant au travers des terres, et qui se combinent avec elle.
Les pluies et les neiges qui s'arrêtent et se fondent sur le sommet des hautes montagnes , ou qui tombent dans les plaines et les vallées, pénètrent dans les terres, coulent sur des lits de sable ou de j^laisc, s'amassent dans les lieux propres à retenir fcau, et donnent naissance à la plus grande partie des fontaines. Je dis la plus grande partie; car il estcertaiu qu'il y a des rivières, des sources qui tirent leur origine des eaux de la mer, qui se filtrent , comme les pluies et les neiges fondues, au travers des terres; il y en a aussi qui naissent eu même temps de toutes ces causes.
EuD. Voudriez - vous bien nous apprendre quelque cliose de plus particulier sur lu mer ;, et sur les poissons qui l'habitent.
Er. La mer occupe presque la moitié de notre olobe.'Elle est si profonde, qu'il y a des endroits où il n'a pas été possible jusqu'ici de la sonder. Le sel dont ses eaux sont imprégnées, fait à peu près la quarantième partie de son volume; elles sont encore remplies d'une huile bitumineuse et d'une quantité d'autres matières amères ou corrosives , qui lui donnent un goût désagréable, et qui la rendent malsaine. On trouve dans son fond une multitude de plantes, du sable, du gravier, des coquillages , des rochers , des sources d'eau douce, des fontaines d'eaux chaudes, des vallées , des montagnes, comme sur la terre que nous habitons. La mer voit éclore à chaque saison plus d'animaux que la terre n'en nourrit. Quand on examine les poissons , il semble qu'ils n"ont qu'une tète et
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une queue : ou ne leur voit ni pieds ni bras, et leur tête même n'a point de mouvement libre. Néanmoins avec si peu d'organes extérieurs, ils sont plus agiles , plus prompts, plus remplis d'artifices , que s'ils avaient plusieurs mains et plusieurs pieds ; l'usage qu'ils font de leur queue et de leurs nageoires, les pousse comme des traits, et semble les faire voler.
Comme le ibnd de la mer ne produit pas autant de plantes que la terre , le peuple innombrable qu'elle renferme est contraint de se dévorer mutuellement pour subsister; et bientôt ils seraient détruits , si lear fécondité prodigieuse ne surpassait infiniment leurs besoins.
Les principaux poissons que la mer nous fournit et que nous recberclions le plus, sont la morne et ses espèces, sax-^oir : le cabillaud , le dorsch et la langue; le hareng ^ le maquereau , la baleine , le wcdrus j les sardines , les anchois ^ ï esturgeon , le saumon , les marsouins , le veau de mer , le tlton^ etc.; et un grand nombre de ceux qui vivent dans les écailles, comme les hniires ^ les moules^ les homards et les tortues. Tous ces poissons forment une branche de commerce très-importante.
La morue et ses espèces se trouvent dans la mer du nord, sur les côtes orientales et occidentales de l'Ecosse, au nord de flrlande , et particulièrement dans l'Amérique septentrionale, au grand banc de Terre-Neuve. La Bretagne seule consomme six mille quintaux de morue sèche , et douze cent milliers vie morue fraîche ; fapprovisioimement de l'Espagne excède quatre millions huit cent soixantequinze mille quintaux de ce poisson. Telle es4^sa fécondité, qu'on a trouvé dans une seule morue plus de neuf millions trois cent quarante-quatre mille œufs.
Le hareng" n'est vil que par sa prodigieuse abondance, il parcourt les côtes de Norwège et les mers
fjui environnent rAn:;leterre, l'Ecosse et l'Irlande. La grande pèche se lait aux environs des îles de Sclietland. La Norwège en tire un revenu de près d'un million par année; et les Hollandais, au moins trente millions d'écus.
Le maquereau se trouve dans diiTe'reus endroits de l'Océan , mais particulièrement vers les côtes de France et d'Angleterre : on le mange, comme les précédens ^ frais ou salé.
La baleine est un poisson d'une énorme grandeur et d'une singulière utilité. Il n'y a que sa langue qu'on puisse manger. Le reste du corps produit cent, et quelquefois cent vingt-huit barriques d'iiuile, qui sert à brûler et à bien d'autres usages. Ses barbes ou fanons sont employés à faire des corps de femme, des buses, des parasols, etc. On se sert même de son excrément pour teindre eu rouge. L'espèce de baleine appelée c«<:7z«/o^, four- 2iit cette drogue connue dans la médecine sous le nom de blanc de haleine^ et qui sert aussi pour la toilette.
La pèche de la baleine est la plus difficile et la plus périlleuse : elle se fait sur les cotes du Groenland, d'Islande , de Psorwège, de Finlande, et dans le détroit de Davis. Des hommes armés de liarjions, qui sont des fers pointus à deux tranchans, recour-bés comme un dard, partent dans des chaloupes, et jetlent leurs instrumens sur le monstre. L'animal blessé descend , et on lâche les cordes qui retiennent les harpons, jusqu'à ce qu'il vienne sur l'eau. Alors la baleine est jnorte , et les pécheurs s'en saisissent.
Le walrus ou narval , que l'on appelle encore la licorne^ est un gros poisson qui habite, comme la baleine , dans les mers glaciales : la pèche s^w. fait dans le même temps et de la même manière. La corne de cet animal et ses dents servent aux mêmes usages que l'ivoire. On tire de sa graisse de fhuile
ou l'ami dé la jeunesse. 29*^
à brûler. Il ne faut pas confonrlre ce poisson avec le behinga , qui fournit cette colle de poisson que l'on tire de Russie, et surtout d'Archangel.
La Bretagne tire un grand profit de la sardine qui se pêche dans l'Océan , et donne Leaiicoup d'huile. Cette pèche lui vaut plus de deux millions de i'rancs. La pèche des anchois se fait particulièrement sur les côles de Catalogne et de Provence.
L'esturgeon est un poisson de mer et de rivière , qu'on ne recherche que pour les œufs. La plus grande pêche qui s'en fait est celle des Russes, à Lemhouchure du Wolga dans la mer Caspienne, et principalement au-dessous d'Aslracan.
Le Saumon se trouve en abondance sur les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande , et aux environs de Terre-Neuve. Il passe de la mer dans les rivières. Le Rhin et l'Elbe en ont beaucoup.
Le marsouin est un poisson fort gros qui se pêche sur les côtes de France. Sa chair est peu estimée; l'huile qu'on en tire sert à dilTérens usages.
Le thon est un grand poisson de passage , dont on trouve une quantité prodigieuse sur les côtes de Provence , aux mois de septembre et d'octobre.
La plupart des ])oissons à écailles ou à coquilles sont amphibies^ c'est-à-dire, qu'ils vivent également sur la terre et dans l'eau. Telle est la tortue, qui donne quelquefois jusqu'à deux cents livres de chair bonne à mander, et dont la graisse , gui peut suppléer au beurre, produit jusqu a trente pintes d'huile. Les œufs de tortue sont fort gros, et on peut les garder.
Parmi les autres poissons dont le nombre est infmi, on distingue surtout la scie ou Xépée de mer ^ ainsi nommé , parce qu'il |>orte au bout de la tête un grand os plat, assez semblable à une scie double, avec lequel il attaque et combat la baleine :1e requin^ qui livre une guerre cruelle aux autres poissons, et dévore un homme tout entier; les
foissons volans ^ qui, en elTct, s'élèvent de l'eau , €t voltigent quelques instans dans les airs pour écliapper à T ennemi qui les poursuit; la torpille ^ qui engourdit tout à coup la main de celui qui la touche; et enfin cette espèce dhuîtres, connues sous le nom de mère perle , parce qu'elles produisent les perles. En terminant ce qui concerne l'élément qui nous fournit tant de richesses, je ne dois pas oublier de vous dire un mot sur un phénomène qu'ils nous présente.
Tous les jours les eaux delà mer sont portées deux fois de féquateur vers les pôles, et reyiennent deux fois des pôles vers léquateur : c'est ce que l'on appelle \tflujc et le reflux ou les marées. Ce mouvement est tellement lié avec celui de la lune, que tous les pliilosophes, à l'exception d'un petit nombre, l'ont toujours regardé comme un effet de l'action de cet astre sur la terre. Mais comment l'aclion plivsique de la lune s'exerce-t-elle sur les eaux de hi mer? C'est ce qui partag-e encore les disciples de Descartes et de IS'ewion. ^Néanmoins ce dernier paraît avoir expliqué clairement la théorie des marées . par son i'ameux principe de gravité et d'attraction; car, ayant démontré qu'il existe dans tous les corps qui composent le système solaire, un principe d'attraction réciproque, qui agit en raison de leur distance respective, il conclut que la lune doit nécessairement attirer les parties de la mer qui se trouvent directement au-dessous d'elle , et que, par une conséquence inévitable, la mer s'élève partout oùla lune se trouve perpendiculaire. Telle est , selon loi Ja cause du flux et du reflux. Les marées sont plus hautes qu'à l'ordinaire deux fois chaque mois; cela arrive toujours vers le temps de la nouvelle et de la pleine lune. A ces époques, l'action du soleil et celle de la lune concourent ensemble, et exercent leur attraction dans la même direction, c'est-à-dire, e^n ligne droite. Les marées
ou l'ami de la jeunesse. 295 sont aussi, deux ibis par mois, pins faiîjles qu'à l'orcliiiaire : ce qui arrive toujours vers le premier et le dernier quartier de la lune.
Passons actuellement aux productions delà terre. Les pliilosopliesles ont distribuées en trois grandes familles, auxquelles ils ont donné le norade règ^/ie ; la premit-re s'appelle règne animal; la seconde, règne végétal; et la troisième, règne fossile ou minéral.
Les animaux sont des corps organisés , qui tirent leur aliment des trois règnes de la nature : ils ont la faculté de se mouvoir où bon leur semble; ils sont doués de sentiment; diUerentes humeurs circulent dans toute l'habitude de leurs corps; les unes servent à la nutrition des parties où elles abordent; les autres s'échappent et se dissipent : Tanimal vit tant que cette circulation a lieu.
Les végétaux sont des corps orgaipisés , vivans, munis de vaisseaux, de valvules, d'envelo})pes , de glandes ; ils s'attachent à la terre , comme à la source de leur subsistance, et en tirent une liqueur qu'on appelle sèi^e. Tant cj'ie cette sève s'élève dans leurs canaux, ils végètent, ils poussent, ils vivent; ils périssent dès qu'elle cesse de circuler ou qu'elle s'épanche.
Les corps qui font partie du règneyb^^iVe, sont composés de parties hétérogènes, du concours desquelles prennent naissance difîerens lluides, différentes masses solides de différentes ligures, grandeurs et fermeté. Tous ces corps n'ont ni organes, ni vaisseaux ; ils sont dépourvus de mouvement et de vie.
Le rè^ne animal se divise en six grandes familles : ï homme , les quadrupèdes , les oiseaux^ les poissons , les amphibies et les insectes.
L'honmie est le seul de tous les êtres, capable de connaître, et digne d'admirer. Dieu l'a fait spectateur de l'univers et témoin de ses merveilles.
ISé pour adorer celui q^'ii l'a tiré du néant, il commande à toutes les créatures : il ne voit que de loin la terre, et semble la dédaigner; tandis que presque tous les autres animaux, tristement courtés vers le globe, y cliercbent une humble subsistance. Enunmot, si onleconsidèredu côtéde sa destination primitive, l'excellence de sa nature perce à travers toutes les parties de l'admirable machine qu'il anime. Mais qu'est-ce que ce roi si grand, si l'on jclte les yeux sur ce qu'il est devenu? Plus faible qu'aucun des animaux, il ne commence à vivre que pour commencer à gémir; sa vie incertaine et chancelante paraît devoir finir à chaque instant; il ne peut ni se soutenir, ni se mouvoir. A peine est-il sorti de cet état précaire , qu'il se voit forcé de lutter contre Pignorance : les passions sur- Tiennent , il se jette dans le crime en applaudissant à la vertu : bientôt l'âge viril lui suggère de vastes
Î)rojels , l'ambition l'occupe et le tourmente; enfin es infirmités de la vieillesse le dévorent tour à tour : il n'a pas vécu pour lui , et déjà la mort Ta précipité dans le tombeau.
EuD. Il y a un animal qui ressemble beaucoup a l'homme ; c'est le singe ; voudriez-vousbien nous en dire un mot?
En. On a conlondu sons le nom de singes une multitude d'animaux d'espèces très-diiïérentes ; mais on ne doit appeler ainsi que l'animal qui n'a point de queue, dont la face est ajiplalie , dont les dents, les mains, les doigts et les ongles resseml>lent à ceux de l'homme, et qui, comme lui, marche debout sur deux pieds. Or , il n'y a que trois sortes d'animaux qui aient ces propriétés, savoir : V orang-outang , le pithèque et le gii'bon.
On pourrait regarder l'orang-outang comme le premier des singes et le dernier des hommes. Il y en a de deux espèces, le grand que l'on appelle pongo , et le petit que Ton nomme jocko. Cc>
ou l'ami de la jeunesse. 297 animaux ont Tinstinct de s'asseoir à tahîe comme îes hommes, de manger de tout sans distinction, de se servir du couteau, de la cuiller et de la (ourcliette, de Loire du vin et d'autres liqueurs. On en a vu qui présentaient la main pour reconduire les gens qui venaient les visiter, qui se promenaient gravement avec eux et comme de compagnie, versaient cux-mcmes leur boisson dans un verre, et le choquaient lorsqu'ils j étaient invités [Jïg. i et 2.)
Le pithèque n'a pas un pied et demi de hauteur; c'est le plus docile des singes. Le gibbon est bien plus grand ; mais ses bras sont aussi longs que son corps ; en sorte que , sans se courber , il peut toucher la (erre.
C'est leur extrême ressemblance avec l'homme qui a lait appeler les singes hommes saui^ages ou. satjres ^ par les anciens; mais quelque rapport qu'ils aient avec le roi de la terre, privés de la ])arole et de la pensée, ils ont une si forte teinture d'animalité pure et simple, qu'elle se reconnaît en chacun d'eux, et au moment de la naissance , et dans tout le cours de la vie. Il y a plusieurs autres familles de singes , comme les magots , îes papions ou babouins^ les mandriUcs^ les guenons ou singes à longue queue ^ etc. , etc. Mais il vaut mieux vous parler d'animaux plus utiles et plus agréables. Commençons par ceux qui partagent , pour ainsi dire, avec l'homme sa société et ses travaux, ou fournissent à ses besoins, et que l'on appelle ani~ Tnaux domestiques.
Le cAei'rz/ est, de tous les animaux, le plus utile elle plus beau. Plein de fierté et de courage, il supporte avec l'homme les fatigues de la guerre, et recherche avec lui la gloire des combats, il fléchit sous la main qui le guide, et n'agit que pour satisfaire celui qui le monte. Son utilité ne se borne point au combat ; il nous porte dans les courses ,
59« ABREGE DERASTE,
dans les voyages: il fait voler nos chars , traîne ces voitures qui transportent dans les différenspays les richesses du commerce, aide le laborieux cuîtivatenr, et sa peau même , après sa mon , sert à différens usages {fi^^ 3 ).
Quels secours ne tirons-nous pas de ïcitie! Il vit. de peu , et supporte long-temps la fatigue ; il dort moins, et. dcins les pays chauds, il est meilleur et plus fort que le clieval : aussi mérite-l-il Lieu peu le mépris qu'on lui poi'te (^fig- 4 )•
Après avoir servi au labour et au voiturage, le lœvf nows procure par sa chair un aliment trèsnourrissant; sa peau sert à faire des cuirs, ses os sont employe's à fabriquer divers meubles ; du poil de sa queue on fait le crin, et du poil court qui le couvre, la tonrre et ces tapisseries appelées bergame ; sa corne sert à fabriquer des peignes , des lanternes, des tabatières, etc. Sa g;raisse donne du suif, ses boyaux servent à faire des moules pour Lattre l'or el l'argent, et les tendons de son cou , des soupentes de voitures. Cet animal précieux lend à la terre tout autant qu'il en tire : même il améliore le ibnd sur lequel il vit : il engraisse son pâturage, au lieu que le cheval et la plupart des animaux amaigrissent en peu d'années les meilleures prairies {^fig- 5 ).
La vache, qui nous sert presque aux mêmes usages qve le Lœuf , nous donne encore cette nour-? riture d('licieu5e et salutaire qu'on appelle /ait ^ et dont on l'ait le beurre et le fromage. Que ne pourrai s-je pas vous dire de la brebis et du mouton , qui nous fournissent de la laine; de la chèvre qui nous donne aussi du lait, et dont le poil est si utile ! Ifig. 6. )
EuG. De tous les animaux domestiques, le chien est celui qui me plaît davantage.
Er. C'est le plus digne en effet d'entrer en société avec l'homme, puisque, indépendamment dç
ou l'ami DK la JEUISESSE, 299
la beauté de sa forme, de la vivacité, de la force, de la légèreté , il a par excellence toutes les (qualités qui peuvent fixer son estime. Sa seule crainte est de déplaire : il est tout zèle , fout ardeur , tout obéissance. Il ne se rebute pas par les mauvais traitemens : on le voit même lécher celte main, instrument de douleur qui vient de le frapper ; il ne lui oppose que la plainte, et la désarme enfin par la patience et ia soumission. Plus souple qu'aucun des animaux, dit M. de BuiTon, non seulement il s'inslruit en peu de temps, mais inème il se conforme aux mouvemens, aux manières, à toutes les habitudes de ceux qui lui commandent : il prend le ton de la maison qu'il habite. Comme les autres domestiques, il est dédaigneux chez les grands, et rustre à ia campagne. Toujours empressé pour son maître , et prévenant pour ses seuls amis, il ne fait aucune attention aux gens indifférens , et se déclare contre ceux qui par état ne sont faits que pour importuner. Aussi furieux contre les hommes de proie que contre les animaux carnassiers, il se précipite sur eux, les blesse , les déchire , leur ôle ce qu'ils s'efforçaient d'enlever; mais content d'avoir vaincu, il se repose sur ses dépouilles, n'y touche pas, et donne en même temps des exemples de courage , de tempérance et de fidélité
if g- -■ )
Le chat ^ dit encore M. de Buffon, est un domestique infidèle, qaon ne garde que par nécessité , pour l'opposer ci un autre ennemi domestique encore plus incommode, et qu'on ne peut chasser. Quoique cet animal , surtout quand il est jeune, ait de la gentillesse, il a en même temps une malice innée , un caractère faux, un naturel pervers que l'âge augmente encore, et que féducalion ne fait que masquer. Il n'a que fapparence de rattachement ; on le voit à ses mouvemens obliques, à ses yeux équivoques : il ne regarde jamais en face
3oO ABRÉGÉ d'ÉRASTE,
la personne aimée ; il prend des détours pour en approcLer, pour chercher des ciiresses auxquelles il n'est sensil)Ie qae pour le plaisir qu'elles lui font. Le chat paraît ne sentir que pour soi , n'aimer que sous condition, et par cette convenance du naturel, il esi inoins incompatible avecrhonime qu'avec le chien, dans lequel tout est sincère,
Elg. Le nombre des animaux quadrupèdes doit être bien considérable.
Er. Aussi me serail-il impossible, mes chers amis, de ni'étendre beaucoup sur chacun d'eux. ?«'éanmoins, si je ne puis vous expliquer leurs qualités, je jmis vous a|>prenc1rc leurs rioms; c'est ce que je vais faire, après quoi nous parlerons des oiseaux.
Oufre le plaisir de la chasse que procurent le cet/', le daim, le chcK'reiiil , le lièvre ^ le lapin , ils nous fournissent on des peaux très-uliles, ou des aliuiens délicats. L'élan; qiii participe du cheval et du cerf, donne une peau fort estimée , dont on fait un cuir très-ûn et très-fort. Les rennes ^ qu'on trouve dans les pays du nord, courent avec une vitesse extraordinaire. On vient à bout de les apprivoiser, et on leur fait tirer de petits traîneaux. Leur peau sert à faire des habits et des couvertures , et leurs nerfs se fdent (^/. 2 , fîg. 2 ). Le loup n'a rien de bon que sa peau , dont on fait des fourrures grossières qui sont chaudes et durables. Il est odieux, nuisible de son vivant, inutile après sa mort {pi, 2 , fig. 3 ). Le renard est fameux par ses ruses. Celui dont la peau est noire est le plus rare et le plus estimé i^pL 2^fig. 4)' La loutre^ dont la peau sert à faire de très-bonnes fourrures, est un animal vorace , de la i;rosseur du chat, et plus avide de ])oisson que de chair [pi. 2 ,Jig. 5 ). L^Joyine saute et bondit plutôt qu'elle ne marche. ^ÏU griuipe aisément contre les murailles qui 11e
ou l'ami de la jeunesse. 3oi
sontpasLien enduites, entre clans les colombiers, îes poulaillers , etc., mange les œufs, les pigeons , ]es poules, etc. Elle prend aussi les souris, les rats, les taupes , et les oiseaux dans leurs nids. La marte^ et surtout Ja marie zibeline, qui ne se trouve guères qu'en Sibérie, donne une peau très-estiniëe. La cimimnwQ est brune et jaune , la précieuse est noire. h\t fiu^et poursuit les laj)ins sur lesquels il se jette avec l'ureur , quoique le moindre d'entre eux soit quelquelois infiniment plus gros que lui {pL 1 .fi^. 6 ). La belette^ malgré sa petitesse, est un aniujal redoutable aux ])Oulainers, aux colombiers , aux couleuvres, aux rats d'eau , aux taupes, aux rais et aux souris. L'espèce de belette que Von appelle hermine^ donne une très-riche fourrure qui est bhniche , excepté le bout de la queue, qui est noir. Viennent ensuite l'tfc?/reMe7, animal plein Je gentillesse; le rat et h\ souris, qui apportent le dégât dans nos maisons, et Ig mulot ^ espèce de rat qui ravage les campagnes ; mais il vaut mieux nous occuper d'animaux plus importans (^/. 2 ,^/?§". 7 ). La peau de ïours est , de toutes les fourrures grossières , celle qui a le plus de prix; et la quantité d huile que Ton tire d'un seul ours est fort consulérable. Cet animai .lime la solitude : il a l'odorat excellent, et peut-être plus exquis qu'aucun autre animal ( pL 1 , Jig. 8 ). Le castor ^ dont la peau sert à tant d'usages, habite de préférence sur les bords des lacs, des rivières et des autres eaux douces. Il se ^ert de ses pieds de devant comme de mains, et ceux de derrière lui tiennent lieu de nageoires. Il nage beaucoup mieux qti'il ne court ; il aime la propreté et fuit les mauvaises odeurs ( pi. ?>, fi^. 1 ). Les castors se rassemblent en grand nombre sur les bords des rivières ou des lacs , pour former une espèce de république ; ils se coustruisent des cabanes et des digues, avec tant d'art et de solidité, qu'on dirait que ces édifices
5o2 ABRÉGÉ d'ÉRASTE ,
sont Vouvrage des hommes les plus industrieux et
les plus liaJjiles.
Le lion est regardé comme le roi des quadrupèdes. Il n'est cruel que par nécessité, ne détruit qu'autant qu'il consomme. On l'a vu donner quelquefois la vie à ceux qu'on avait dévoués à la mort, en les lui jetant pour proie, leur continuer ensuite la même protection , vivre tranquillement avec eux , leur faire part de sa subsistance, se la laisser même enlever tout entière, et souffrir plutôt la faim que de perdre le fruit de son premier Lienfait. Il est très-redouté de tous les animaux ; son rugissement , quand il se fait enteudre par échos , la nuit, dans les déserts , ressemble au bruit du tonnerre; et le cri qu'il fait, lorsqu'il est en colère , est encore plus terrible que son rugissement. U éléphant, le rhinocéros^ \q tigre ^i V hippopotame ^ sont les seuls animaux qui puissent lui résister [pi. 5 ^fig» 2 ). V éléphant surpasse en grandeur tous les autres quadrupèdes. Au mojen de su trompe, qui lui sert de bras et de main , il peut enlever et saisir les plus petites choses couune les plus grandes , les porter à sa bouche , les poser sur son dos , les tenir embrassées, ou les lancer au loin. Il s'accoutume aisément à fhomme, se soumet moins par la force que par les bons traitemens , le sert avec zèle, avec fidélité, avec intelligence. Il jouit d'une force incroyable : avec ses défenses, qui sont ce c[u'on appelle l'ivoire, il perce et terrasse le lion : seul il fait mouvoir des machines et transporte des fardeaux que six chevaux ne pourraient remuer. Une casse ni n'endommage rien de tout ce qu'on lui conhe ; il pose et arrange doucenient des ballots ; il essaie avec sa trompe s'ils sont })ien situés, et quand c'est un tonneau qu'il roule, il va de lui-même chercher des pierres pour le caler et l'établir solidement [pi. 5 ^ fig. 5 ). Après l'éléphant, le rhinocéros est Je plus puissant dts
ou l'ami de la jeunesse. 3o5
quadrupèdes. Le tigre est un animal terrible, qui n'est jamais rassasié de sang, et qui, remarquajjle par la variété de ses couleurs, donne une belle peau, dont on fait des housses [pi. "S^fig, 4 )• '\J hippopotame est un gros animal amphibie, qui )narclie lentement et na^e très-vile. Sa peau, Irèsépaisse el très-dure , est presque impénétrable.
Pour ce qui regarde les quadrupèdes, je dois encore vous parler du chameau et du dromadaire ^ qui sont des races de la même espèce, dont toute laditTérence consiste en ce que le chameau porte deux bosses sur le dos , au lieu que le dromadaire n'en a qu'une. Le chameau vaut mieux que l'éléphant, et peut-être vaut-il autant que le cheval, râne et le bœuf, tous réunis ensemble. Sa femelle fournit du lait pendant plus de temps que la vache : la chair des jeunes chameaux est bonne et saine, comme celle du veau; leur poil est plus beau et plus recherché que la plus belle laine. Il n'y a pas jusqu'à leurs excrémens dont on ne tire des choses utiles; car le sel ammoniac se fait de leur urine ; et leur (iente, desséchée et mise en poudre, leur sert de lilière (;?/. 5 ,./z^. 5 ).
EuG. Il me tarde de voir si les oiseaux et les insectes nous offriront autant de particularités que les quadrupèdes.
Er. Les oiseaux ont le corps couvert de plumes : ils ont deux pieds qui leur servent à marcher , deux ailes avec lesquelles ils se soutiennent dans les airs, et, au lieu des mâchoires des quadrupèdes, on leur voit un bec avec lequel ils broient tous les alimens dont ils se nourrissent. Tous les oiseaux sont ovipares , c'est-à-dire , qu'au lieu de mettre au monde leurs petits tout formés, ils ne les produisent qu'ébauchés et renfermés dans une masse assez ordinairement de figure ovale, ce qui lui a fait donner le nom d^œvf.
Chaque espèce a une manière particulière d'édi-
3o4 ABRÉGÉ d'ÉRAST^,
fier les nids, et, à cet égard , Y hirondelle semtle l'emporter sur loiis les autres. Ce n'est point avec de petits l.rancliages et du foin qu'elle bâtit : elle emploie le ciment et le mortier d'une manière si solide , qu'il faut une espèce d'effort pour démolir son ouvrage : elle n'a cependant que le Lee pour tout inslrii ment ( pi. 3 , Jîg. 6 ) .
Il y a des oiseaux Faroucbes et cruels , qui exercent sur les autres une tyrannie barbare , et qui clierclient dans leurs membres déchirés et palpitans , une nourriture sanglante ; on les appelle oiseaux de proie. Tel est Wd^le ^ que son couraoe et sa Ibrce prodigieuse ont fait appeler le roi des oiseaux; tels sont le vautour, \e faucofi ., Vépervier y que l'on a trouvé moyen d'apprivoiser pour les employer à la chasse ; tels sont encore le hibou , la chouette^ ïulote^ etc. , et môme le perroquet , cet oiseau si recherché par la beauté de son plumage , et plus encore pour le talent qu'il a d'imiter le langage de fiiomme. Tous ces oiseaux ont le bec crochu, et très-]>ropre à mettre en pièces les l'aibles victimes de leur voracité [pi. 5 , fig. j, 8. et pL q.
Il y a des oiseaux qui, par leur mélodieux ramage, forment d'admircibles concerts , que les hommes ont mal imités. Dans cette foule de musiciens, un des plus petils me paraît l'emporter, et je trouve que c'est le rossignol. Cela me fait considérer tous les autres qui sivent le chant, le pinçon, le chardonneret , le serin , la li-iotte , etc. , et ils sont tous aussi petits : les grands , ou ignorent la musique, ou ont la voix discordante. Le paon surtout, pour étaler à nos yeux toutes ses beautés , f jit cette pompeuse roue qui les met en évidence; mais le plus maonillque de tous les oiseaux n'a qu'un cri désagreable : preuve Irappaute qu avec un extérieur très-brillant, on peut n'avoir qu'un jnauvais fond, peu démérite , et beaucoup de vanilé [Jig' 4)«
ou l'ami de la jeunesse. 5od Plusieurs oiseaux ont les plumes à l'épreuve de reau,et leurs pieds sont garnis d'une membrane qui leur sert de nageoire, et marque distinctement leur destination; tels sont le cygne ^ i^oie, le ca-" nard, le plongeon , le pélican^ V hirondelle de mer , etc. Mais qui a fait connaître à ces animaux qu'ils n'ont rien à risquer en se précipitant dans l'eau , tandis que les autres à qui Dieu n'a donné ni des plumes, ni des pieds seinblaLles, n'ont jamais la témérité de s y exposer?
Que ne peut-on pas dire de ces oiseaux voyageurs qui changent de climats, qui s'en vont, et qui reviennent suivant les saisons? ils ont leur temps marqué , et ne le passent jamais. Une espèce de conseil décide du jour , et il accorde un intervalle pour s'y préparer; après quoi tout déloge, et il ne paraît le lendemain ni traîneurs, ni déserteurs, tant la discipline est exacte.
. Quels secours ne tirons-nous pas des oiseaux? les uns, tels que \efaisa7i , !a perdrix , \ ortolan^ la bécasse ^\'A grive, la caille^ fournissent à nos tables un aliment délicat et sain : le plumage des autres s'emploie à plusieurs usages; les plumes de l'autrucbe , qui a jusqu'à sept pieds de hauteur, et dont on mange les œufs , servent d'ornement aux chapeaux, aux dais, aux lits, etc. Les grandes pluDies des oies servent à écrire, et leur duvet à bourrer des oreillers, des malelas , etc. Leur peau , garnie de ce duvet, l'ait une fourrure très-chaude. Les plumes des aigrettes , espèce de héron tout-àfait blanc , servent à faire cet ornement qui porte le même nom. L'édredon , le plus précieux de tous les duvets, est la dépouille de Vautour^ espèce de canard sauvage qu'on trouve en Islande. De quelle ressource ne sont pas tous les oiseaux domestiques que nous nommons volailles , tels que les poules , les pigeons , les cogs d' Fnde ^ etc. ? leur chair nous nourrit; nous mangeons leurs œufs, et nous em-
ôgG abrégé d'érastê,
ployons utiJement les plumes de la plupart d'entre eux.
La sagesse de la bonté infinie ne se fait pas moins admirer dans les insectes. Qui pourrait compter leur nombre , et faire l'histoire de leurs métamor-^ pboses ? Ils n'ont de commun avec les animaux dont nous avons parlé jusqu'ici, que les rapports qui caractérisent proprement l'animal ; ils se njeuvent, se nourrissent , se multiplient : du reste , leurs organes sont si différens, qu'ils n'ont presque que le nom et les usages de ceux des autres animaux. lis sont assez généralement ovipares; mais la plupart ne sortent pas de leurs œufs dans l'état de perfection où ils doivent parvenir un jour ; ils prennent d'abord la form^d'un ver; ensuite ils se métamorl^hosent , et s'enveloppent d'une espèce de masque, sous lequel ils passent un temps plus ou moins considérable, sans prendre de nourriture, sans mouvement , et comme privés de la vie. Euiin ils sortent de cet état pour prendre leur dernière forme, qui est ordinairement la plus brillante, et sous laquelle ils se multiplient. On ne saurait assez admirer l'industrie de plusieurs de ces insecles, qui, tels que \ araignée et le ver à soie ^ filent avec un art et une délicatesse inimitables. Qui pourrait expliquer comment ce dernier est averti de former une retraite sous les contours sans nombre de la soie dont il est le principe , et comment il trouve dans ce riche tombeau une espèce de résurrection qui lui donne des ailes, que sa])remière naissance lui avait refusées? Parmi les autres insectes qui ont le talent de filer, les pinnes ?tiarines ^ qui sont une espèce de moules, donnent aussi un fil précieux dont on fait des étoffes; et les gants de Palerme , fabriquée avec ce fil , sont d'une très-grande beauté.
Ern. Si ce qu'on dit de Vaheille est vrai, cet animai est peut-être le plus admirable des insecles.
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Er. Il estai! moins l'un des plus utiles à l^homrae, puis(ju'il lui Iburnit de la cire et du miel. De quelque abondance que l'abeille voie ses magasins remplis, elle ne se repose que lorsque le temps du travail et de la re'colte est passé. On ne connaît parmi ces insectes ni la paresse, ni favarice, ni l'amour propre ; tout y est commun. Le nécessaire y est accordé à tous; le superflu n'est à personne ; et c'est pour le bien public qu'il est conservé. Les colonies nouvelles qui chargeraient l'état , sont mises dehors. Elles savent travailler, et on les y oblige en les congédiant.
Quelle surprenante industrie que celle dii/br^ fnicaléo? Sa ligure est laide , son inclination est cruelle , car il ne vit que du sang de sa proie, et son occupation unique est de lui tendre des pièges. Pour admirer son artifice, il faut le mettre dans un vase de verre plein d'un sable assez menu. Il s'y cache aussitôt ; bientôt il forme dans ce sable la iigure d'un cône renversé, et il va se loger dans le sommet qui tient lieu de ceutre, mais en demeurant couvert. Si quelque fourmi ou quelque mouche, à qui l'on ôte les aîles, est placée à l'entrée du cône, ce petit animal, qu'on ne jugerait pas capable du moindre effort, jette avec sa tête, à coup redoublés, du sable snr la proie qu'il a sentie , afin de fétoardir et de l'entraîner dans le fond où. il se lient caché. Alors, il sort de sa retraite; et , après s'être désaltéré du sang, il rejette le cadavre qui pourrait faire soupçonner sa cruauté. Le for.nicaléo se change en une gi'ande et belle mouche , appelée demoiselle, et ne se souvient plus de son humeur sanguinaire , quand il a quitté son ancienne dépouille.
C'est dans les végétaiijc que presque tous les animaux trouvent le principal fond de leur subsistance. Ils sont pour l'homme une source inépuisable d'alimens, et un vaste sujet de réflexions
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tuiles. En effet, il y a dans la plante la plus nie'-^ prisable en apparence, de quoi étonner les plus sublimes esprits, cjui n'en sauraient voir néanmoins que les organes les plus grossiers, et à qui tout le secret de la vie, de la nourriture et de la multiplication demeure inconnu.
Y a-t-ii rien de plus digne de notre admiration , que le choix que Dieu a fait de la couleur générale qui embellit toutes les plantes? S'il eût teint en blanc ou en rouge toutes les campagnes, qui aurait pu en soutenir Téclat? S'il les eût obscurcies par des couleurs plus sombres, qui aurait pu faire ses délices d'une vue si triste et si lugubre ? Une agréable verdure tient le milieu entre ces deux extrémités ; et elle a un tel rapport avec la structure de l'œil, qu'elle le délasse au lieu de le tendre, et qu'elle le soutient , qu'elle le nourrit en quelque sorte, au lieu de Tépuiser.
Les végétaux nous sont bien plus nécessaires encore que les animaux ; car non-seulement ils nous procurent de quoi nous nourrir, comme les grains^ Itts fruits ^ les légumes; de quoi nous éclairer, cojnme les graines et les amandes dont on extrait de riiuile ; de quoi nous vêtir, comme le lin et le chanvre, avec les lilamens desquels on fait différentes toiles, ou le cotonnier , qui produit ce duvet précieux avec lequel on fabrique tant d'étoffes; mais, de plus un grand nombre, d'entre eux entrent dans la construction de nos maisons, nous fournissent une quantité de machines infiniment utiles, et la matière de la plupart des arts.
Je ne in étendrai pas beaucoup sur le règne mi- Jiéral , et je me conienterai de vous dire qu'on le divise en sept classes, qui sont les bitumes, les eaux ^ dont je vous ai parlé , les terres ^ \es pierres^ \ts sels ^ le soufre et les substances métalliques.
Les bitumes sont des corps tantôt durs , et tantôt mous, tantôt liquides, ordinairement plus légers
ou l'ami DE LA JEUNESSE. ^09 que l'eau, et qui , exposés à l'action du feu, y brillent plus ou moins rapidement, répandent une odeur forte et désagréable, avec une fumée noire et siilFocanie. Les principaux sont : le charbon fossile, qui se divise en charbon de pierre et en charbon de terre, et qui l'ournit l'aliment le plus ordinaire du leu qn'oj} emploie dans les manufactures; \! asphalte ^ dont on fait des parfums propres à soulager les douleurs de rhumatisme , et à purifier les écuries du mauvais air; le succin qu'on appelle aussi harabé o\i ambre j aime ; l'am,-^ bre gris f la poix minérale ^ la naphte ^ ï! huile de pétrole^ etc.
Les terres sont des substances peu compactes , et composées de parties qui n'ont entre elles qu'une fail)le cohérence. On en disiingtie de quatre espèces : 1' celles qu'on peut facilement réduire en poussière, comme les différentes sortes de craies ; le terreau ou terre de jardin , la tourbe, la marne^ etc; 2" celles qui so?)t glnlineuses et tenaces, comme les diverses espèces à^ argiles , la terre à porcelaine , la terre à pipe ^ le tripoli ou la terre à polir , etc. ; 3° celles qui sont imprégJiées de parlies salifies ^ sidfureuses ou métalUcjues \ 4'' celles qui sont de la nature du caillo\i , comme les sabhs.
Les pierres sont des corps durs, dont les parties sont étroitement liées les unes aux autres : elles sont aigres et cassantes, et ne sont ni ductiles ni mal-» léables. On les divise en quatre classes : la pre-' mière contient les ;?îVrre>s- ca/cazVei-, c'est-à-dire, qu'on peut aisément dissoudre , et dont les princi-? pales sont : lu pierre a chaux qu'on appelle vive^ lorsqu'elle est calcinée au four, et éteinte^ lorsqu'ii[)rès lu calcinalion , on la fait tremper dans l'eau ; le gypse , dont ou fait le plâtre ; le marbre ^ dont les couleurs sont si variées, et qui sert à décorer si magnifiquement les temples et les j)^-
JlO ABRÉGÉ d'É RASTE,
lais; Y albâtre, qui est ordinairement Liane; la pierre de Boulogne^ qui est pliosphorique lorsqu'elle est calcinée.
La seconde classe renferme les pierres vitriscihles^ c'est-à-dire, que le feu change en verre; telles sont les ardoises , les grés ou les pierres sablonneuses ; les caillmtœ, comme la pierre à feu , Yagathe^ le jaspe , les cristaux.
La troisième classe contient les pierres fines , savoir : i" le diamant , qui est Liane ou coloré ; le Tert est le plus rare de tous; 2° le rubis ^ dont la couleur est rouge; o" le saphir , qui est d'un Lieu célesle; 4° la topaze, qui est d'un jaune d'or; 5° Yéméraude^ qui est verte; 6° la chrjsolite : elle est d'un vert mêlé de jaune; 7° Y améthyste ^ qui est d'un violet pourpré ; 8*" le grenat , qui est d'un rouge foncé; 9" Yhyacinthe ^ qui imite la couleur de la fleur qui porte le même nom ; 10" le béril^ qui est d'un vert tirant sur le jaune. A ces pierres que l'opinion et le luxe ont rendues précieuses, il faut 2i]o\iieT Y amiante , qui est composée de fils qui se détachent aisément, et dont on peut l'aire un tissu seniLlaLle à la toile, qu'on Lhmcliit en le jetant dans le feu. La quatrième classe des pierres est composée de pierres ordinaires , qui sont un mélaiîge de toutes les autres.
Les sels sont des suLstances soluLles dans l'eau , et qui portées sur la langue ont de la saveur. De tous les sels , le plus utile et le plus nécessaire est celui qu'on appelle commun. Il y en a de trois espèces, savoir : 1" le sel gemme ^ qui porte le nom de sel fossile^ lorsqu'on le lire de la terre tout mêlé de parties terrestres , et qui est nominé sel de montcigne , lorsqu'on le taille en gros morceaux sem- LlaLles au cristal; 2° le sel marin ^ tiré des eaux de la mer, que l'on fait épaissir et cristalliser , soit par le moyen du feu, soit eu le laissant exposé à l'action du soleil et du veut, dans des fosses creu-
ou l'ami de la jeunesse. 3li sees près des bords de la mer ; 3° le sel de fontaine ou depnits salé^ qu'on tire des eaux de fontaine ou de puits par le moyen du feu. Ce sel est le plus pur, mais le moins salant.
he soufre est un corps solide quoique tendre, qui brûle dans le feu , et produit une flamme bleue, accompagnée d'une odeur acide, pénétrante et suffocante.
Les substances métalliques sont des corps pesans, f'.isibles au l'eu où ils prennent de l'éclat, et qui se durcissent ensuite à l'air. On les range sous deux classes particulières: car les unes sont duc^ tiles ou malléables ^ les autres ne le sont pas. On donne aux premières le nom de métaua:, et aux secondes celui de demi-jnélavx.
Les demi-métaux sont, i° le vif-argent ou le mercure. Il est fluide, opaque, d'une couleur blanche, etc'est, après l'or, la substance métallique la plus pesante; 2" V arsenic, qui répand une odeur d'ail , lorsqu'on rex])0se à un certain degré de feu; 5° \' antimoine , qui se volatilise entière-^ ment au feu , et entraîne avec lui les autres métaux, exceplé l'or, ce qui le rend propre à purifier ce précieux métal ; 4 ' le cobalt^ qu'on peut aisément réduire en poussière; 5" le bisniuthow étain déglace^ un peu moins cassant que l'antimoine ; 6" le zing; c'est le ydus ductile des demi-métaux, et il n'est pas possible de le réduire en poudre.
Les métaux se divisent en métaux parfaits et en métaux imparfaits. Les métaux parfaits sont l'or et X argent. \]ov^ que l'on regarde avec raison comme le plus précieux de tous les métaux, est aussi le plus ductile, le plus malléable, le plus pesant, le pbis fixe : il est mou, peu sonore, entre en fusion dès qu'il a été rougi. Après l'or , l'argent est le plus ductile des substances métalliques; sa couleur est blanche, pure et brillante. On a trouvé depuis quelque temps un nouveau métal , que l'on appellô
3i2 ABREGE DERASTE,
or blanc ou platine. Il est plus pesant que For, et luèlë avec ce dertùer , il est presque impossible de de'couvrir la fraude. On a remarqué aussi qu'il résiste à la rouille plus qu'aucune autre substance iiiét-iilHque.
Les métaux imparfaits sont : i" le plomb , le plus vil de tous : il se fond au feu, n'y rougit point, miis se change en verre ou se dissipe en liimée ; 2" Yétain; il est blanc , Irès-flexible , et le plus léger des métaux-, 3" ]ejej' ; c'est de tous les métaux le plus dur, le plus élastique, le plus utile et le ])lus commun. On en trouve partout, même en Amérique , où Ton a cru long-temps qu'il n'y eu avait pojnt. Vacier est un fer purifié ou affiné : leyer blanc est un i'er couvert d'étain; ^'^ le cuk're; il est plus ductile et plus malléable que le fer, mais il est moins élastique et moins dur; il est rouge, ou d'un jaune tirant sur le rouge.
Telles sont en général les productions de la terre. Actuellement, je vais vous tracer une courte description des divers états que les hommes ont établis sur la surface de ce globe; ou, ce qui est la même chose, je vais vous donner les principales notions de cette science, que Ton appelle Geographie.
IX*^ Ers TRE TIEN.
Sur les connaissances préliminaires de la Géographie.
Eraste. L'riLjet de la Géographie est de nous fiire connaiire les dilTéren'.es parties de la terre, les divers empires que les hommes ont formés, les noms et la situation des j)ays qu'ils habitent. Pour rendre cette connaissance plus facile et plus mé-
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