‹ Éraste, ou, L'ami de la jeunesse (volume 2)Chapitre 7 sur 84 · TROISIEME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

TROISIEME ÉPOQUE

Abraham , fils de Tharé^ est choisi pour être la lige et le père de tous îescroyans.

« Quittez le pays que vous habitez , lui dit le » Seigneur , et venez en la terre que je vous mon- » trerai. Je vous rendrai père d'une postérité nom- » breuse. Je vous bénirai , et tous les peuples de » l'univers seront bénis en celui qui sortira de « vous. » Promesse ineffable , qui annonçait cette grande bénédiction qui devait être répandue sur toutes les nations du monde , par J. C, sorti de la race d'Abraham.

Le saint patriarche croit, sans hésiter à la parole de Dieu; accompagné de Sara , son épouse , de Lot, son neveu, et d'une foule d'esclaves qui conduisaient ses troupeaux, il abandonne son pays, et se met en marche , sans savoir encore où il allait. A peine entré dans le p^iys de Clianaan, oii Dieu lui promet d'établir un jour ses desccndans, qu'il multipliera comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer, il se voit contraint, par unehorri]>le famine, de se rendre en Egypte. Une

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vive querelle s'y élève entre les pasteurs d'Abraham et ceux de Lot, la contrée où ils se trouvaient ne pouvant contenir leurs troupeaux. Le saint homme propose à sou neveu de se séparer ; celui-ci y consent , et choisit pour demeure Sodonie , ville que Dieu regardait déjà dans sa fureur, à cause des crimes dont ses habitans ne cessaient de se souiller.

Bientôt le roi do Sodorae, et quatre autres rois , ses alliés , sont battus par un prince dont ils avaient été tributaires; leurs villes sont mises au pillage par les vainqueurs, leurs sujets sont chargés de chaînes, et Lot est du nombre des prisonniers. Abraham l'apprend;- son cœur est ému ; il arme ses plus braves serviteurs, fond avec eux sur les troupes victorieuses, les taille en pièces , recouvre le butin , délivre son neveu et tous les compagnons de sa captivité; après quoi il se contente d'offrir au Seigneur la dime des dépouilles que le roi de Sodome voulait lui faire accepter tout entières.

Sara voulant se consoler de sa stérilité, parla fécondité de sa servante, donne à Abraham, pour femme du second ordre, Agar, une de ses esclaves égyptiennes : celle-ci devient mère, et met au monde un fils qui est nommé Ismaël.

Ismaël devait être le père d'un grand peuple; mais non pas de ce peuple en qui les promesses divines auraient leur accomplissemeni. Dieu apparut donc encore à Abraham, et, après avoir contracté avec lui une alliance plus étroite , il lui déclara clairement que bientôt Sara, qui pour lors était âgée de quatre-vingt-neuf ans , lui donnerait un fils qu'il comblerait de ses faveurs, et qui serait l'héritier de toutes ses promesses. A ces mots, le saint homme se prosterna contre terre, et rendit gloire au Seigneur, bien convaincu que sa parole est indubitable, et que rien ne résiste à sa puissance.

58 abuégéd'éraste.

Ce fut alors que Hieu, iutigué des crimes Je Sodonie et de Gomorre , exécuta le dessein qu'il avait formé d'exterminer ces villes abominables. Abraham eu fut averti par trois anges, qui, sons la figure de voyageurs, avaient reçu chez lui Tliospitalilé, et la charité du saint patriarche s'intéressa pour les coupables; mais ses instances devinrent inutiles : Dieu fit tomber une pluie de soufre et de feu qui réduisit en cendres les hommes, les villes et leurs territoires. Lot seul et ses deux filles échappèrent à cet embrasement. Ces mêmes anges que le neveu avait accueillis avec autant de zèle que son oncle, les prirent par lu main, et les conduisirent dans une petite ville qu'ils épargnèrent en leur faveur. La femme de Lot qui l'accompagnait dans sa fuite, ayant regardé derrière elle, contre la défense qui en avait été faite ])ar les célestes envoyés, fut changée toulij-coup en une statue de sel , qui leriait de la nature de la pierre, et que Ton voyait encore du temps des Apôtres.

Treize ans après la naissance d'Ismaël, Sara mit au monde cet enfant, si long-temps promis, et si long-temps désiré. Il reçut le nom d'Isaac. Quelque temps après, Agar et son fils furent chassés de la maison d'Abraham , afin que le fils de fescîave ne fût pas héritier avec le fils de la femme libre : telle était la volonté du Très-Haut.

Abraham voyait croître avec joie fespérance de sa maison, et rien ne manquait à sa félicité , lorsque Dieu mit la foi de son serviteur à une dernière, mais terrible épreuve, en lui ordonnant do prendre ce fils unique qu'il chérissait, et de le lui offrir en holocaiiîle sur une montagne qu'il lui indiqua. Abraham ne répondit que par une prompte obéissance , et déjà il levait le couteau pour égorger cette tendre victime, quand le Seigneur, sa-, tisfait d'une telle résignation, envoya un ange

pour arrêter son bras , en lui réitérant la promesse de le bénir, de multiplier sa race, et de la rendre triomphante de tous ses ennemis.

Sara mourut peu de temps après , à l"âge de cent vin-t-sept ans; et, pour l'ensevelir avec les honneurs que méritait cuLle tendre épouse, Abraham acheta un sépulcre dans ce même pays dont l'Eternel avait promis de le rendre maître. Ensuite il songea à marier Isaac. Piébecca , fdle de Bathuel, et petite-fille de Naclior , frère d'Abraham, est la femme que Dieu indique au fidèle Eiiézer, qui était allé en Mésopotamie pour cet objet. Piébecca quitte sa famille pour se rendre auprès de son époux. Après vingt ans de stérilité, elle devient enceinte de deux jumeaux. L'enl'ant qui vint au inonde le premier était roux et tout couvert de poil; on le nomma Esaii ; et le second fut appelé Jacob. Esaiis'acquit la réputation d'un habile chasseur; mais Jacob, homme simple et paisible , demeurait toujours à la maison. Isaac aimait Esaii, parce qu'il lui faisait manger de sa chasse , et Pvébecca aimait Jacob.

Abraham eut la consolation de voir les enfans de son cher Isaac. Ce saint homme termina sa carrière à l'âge de cent soixante-quinze ans; et ses deux fils aînés, Isaac et Ismaël, l'iniiumèrent auprès de Sara.

Isaac étant devenu vieux , ses yeux s'affaiblirent de telle sorte qu'il ne pouvait plus voir. Il se crut près de sa fin ; et voulant bénir ses enfans, il dit à Esaii : « Mon fils, prenez vos armes, et allez à la » chasse. Lorsque vous aurez pris quelque chose , » vous l'apprêterez comme vous savez que je l'aime, » afin que j'en mange , et que je vous bénisse avant i) de mourir. » Mais Esaii qui, quelque temps auparavant , avait vendu son droit d'aînesse à Jacob, se vit privé de cette bénédiction par Fadresse mystérieuse de son frère. Rébecca apprêta un morceau

€o A B B É G fi ry É R A S T E ,

de chevreau, revêtit son fils bien -aimé des ]ia])iis d'Esaii, et l'envoya à Isaar , qui, trompé en apparence, exécuta en effet les conseils Ju Très-Haiif.

Esaii irrité centre son frère, ioimait Je projet de le perdre" à la première occasion favorable ; mais Jacob, par le conseil de sa mère, se soustrait à son courroux, et va chercher une retraite en Mésopotamie, chez Labau , son oncle, frère de Rél>ecca. Ce fut durant son voyage qu'il eut cette vision mystérieuse , dans laquelle le Seigneur lui dit entre autres choses ces paroles remarquables : « Toutes les nations du monde seront bénies en « vous, et dans celui qui sortira de vous. Ayez » confiance; je serai votre prolecteur partout où » vous irez. >•>

Plein d'espoir , il arri\e chez Laban qui le reçoit avec bonté. Jacob s'engage à le servii' durant sept ans, s'il veut lai donner pour épouse la plus jeune de ses filles, nommée Rachel. Laban y consent; mais quand le terme prescrit fut arrivé, il siinsliîua Lia, sa fille aînée que Jacob n'aimait pas, à Rachel qu'il avait méritée ; et il fallut, pour Toi. tenir, sept autres années de fatigue. Las de l'espèce d'esclavage dans lequel son beau-père le retenait, il prend le parti de se retirer secrètement avec sa femme, ses enl'ans et les biens que l'avarice de LabaTi navait pu lui ravir. Bientôt il apprend quEsciii, instruit de son arrivée, accourt au devant de lui à la tète d'tine petite armée. Se rappelant les promesses du Seigneur, qui ne l'avait point abandonné , il luiplore son assistance , et prend la résolution de lléchir ce frère irrité, à force de présens et de soumission. Touché de son huiiiiîité, Esaii n'a [,>!»<> l.i i'orce de le combattre ; ilTembrasse avec larmes , et se réconcilie avec lui.

Jacob eut douze (ils, qui furent les pères des douze tribus du peuple hébreu. Lia lui donna Ruben^Siméon , Lévi, Juda, îssacliar et Zabulon :

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Bocliel^ son épouse Lieii-ainiée , fut nitre de Josepli, et mourut en donnant le jour à Benjamin ; ZelpJia, servante de Lia, enfanta Gad et Azer; enfin Bala ^ servante de Rache],init au monde I>:in et Nephtali. Jacob avait pris ces deux servantes pour femmes du second ordre, à la prière de ses deux épouses , suivant l'usage de ces temps reculés, où Dieu tolérait la pluralité des femmes, par indulgence pour la faiblesse des hommes, et pour la multiplication ilu genre humaiiî.

Vingt-trois ans après le retour de Jacob, Isaac ternuna sa sainte carrière dans la cent quatre-vingtièuie année de sa vie, sans maladie, sans douleurs , par la seule nécessi té de mourir, et son corps fut réuni à ceux d'Abraliam et de Sara.

De tous les enfans de Jacob, Joseph était le plus aimé. Le Seigneur qui voulait l'élever au comble de ia gloire humaine, lui donna plusieurs songes qui lui présageaient sa grandeur; mais ces songes de Joseph, et la préférence que Jacob lui donnait en tout sur ses autres enfans, les aigrirent tellement contre lui, qu'ils résolurent de le perdre. On le saisit, on allait l'immoler; mais par le conseil de Ruben, qui ne voulait point souiller ses mains du sang de l'innocence , on le jelfe dans une vieille citerne, d'où il est I/ienl6t tiré pour être vendu à des marchands ismaélites , qui allaient en Egypte. Afin de cacher leur crime , ces médians frères trempent la robe de Joseph dans le sang d'un chevreau , et l'envoient à Jacob. Le saint vieillard ne l'a pas plutôt reconnue, qu'il déchire ses habits, se couvre d'un ciliée, et reste plongé dans la douleur la plus amère.

Cependant Joseph est vendu à Putiphar, un des premiers officiers du roi d'Egypte ; son maître lui abandotme tout le soin de ses biens, l'établit le chef de sa maison ; mais la venu du jeune Hébreu lui attire de nouvelles disgrâces. La femme de Pu-

tiphar le sollicite au crime; Joseph rejette avec Lorreur ses aboiïiinables se(.luclions,et ne pouvant l'éviter que par la l'iiite, il s'échappe, ellui laisse son manleaii entre les mains. Irritée de ce mépris, Pinfànie EL;vp'icnne se plaint à son époux c[ue Joseph Ta voiila corromj>rc, et le trop crédule Pu tiphar le fait jeter dans les l'ers. Mais Dieu descend avec Joseph dans ces noirs cacbois, destinés à la scélératesse; il lui l'ait trouver grâce devant le gouverneur qui lui confie l'autorité sur tous les prisonniers. De ce nombre étaient le grand échanson et le grand pannetier de la couronne. L'événement ayant justihé la vente des prédictions qu il leur avait faites dans rinterprétation de leurs songes, il arriva que le roi d'Egvpte lui-même eut recours à Irfi pour connaître le sens d'une vision qui Tinquiétail beaucoup. Car il avait vu en songe sept vaches niiiigres dévorer sept vaches grasses, et sept épis secs et arides en dévorer sept beanx et bien remplis. Joseph dit au prince qu'on allait avoir dans le royaume sept années d'abondance qui seraient suivies de sept années d'une extrême stérilité ; et il lui conseilla d'établir dans toute l'Egypte un liomme sage et habile, pour prévenir les malheurs que la famine entraînerait avec elle. Plein d'admiration pour sa sagesse et son habileté, le monarque voulut que tous ses sujets le reconnussent pour son premier ministre, et si les disgrâces de Joseph n'avaient point abattu son courage, cette élévation soudaine n'altéra pas sa vertu. Bientôt ses frères furent contraints de venir chercher enEgvpte des secours contre les horreurs de la disette. Après les avoir alarmés par une ruse innocente, il se fit connaître à eux, les combla de caresses et de présens, et les engagea à venir demeurer dans les états de Pharaon , pour se soustraire aux extrémités de cette longue et cruelle famine.

ou l'ami de la jeunesse. 63 Les etifans d'Israël (i) étant arrivés clans le pays de Chanaan , dirent à leur père : « Joseph est » vivant, et il commande à toute rEoypte. » Jl n'en fallut pas davantage pour décider le saint vieillard à partir avec toute sa famille. Joseph courut au devant de son père , et après l'avoir tendrement embrassé, il le présenta à Pharaon, par l'ordre duquel ce vénérable patriarche alla s'éta- J)iir dans le pays de Gessen , le plus i'erlile de l'Egyple , où il vécut encore dix-sept ans.

Peu de leniDS avant de rendre au Créateur une âme pure et sainte , Jacob bénit les deux fils de Joseph, Manassé et Ephraïmjes adopta au nombre de ceux qui devaient être les chefs de son peuple , et donna au plus jeune la prééininence sur l'aîné : ensuite il fit assembler tous ses enfans , et leur prédit ce qui devait arriver à chacun d'eux dans la suite des temps. Joseph fit embaumer son corps, qui fut porté au pays de Ghanaan , suivant la prière que le saint homme avait faite à ses enfans, et il fut mis dans la sépulture d'Abraham et d'Isaac. Joseph lui-même termina une vie sainte et un ministère glorieux à l'âge de cent dix ans. Il fut pleuré de toute l'Egypte, qu'il avait sauvée et rendue heureuse, et de ses frères qui lui jurèrent de transporter ses cendres au pays de Clianaan , pour les inhumer dans le tombeau de leurs ancêtres. Bientôt les enfans d'Israël forment un grand peuple, et celte prodigieuse multiplication excite la jalousie des Egyptiens. Un roi qui ne connaissait ni Joseph, ni les grands services qu'il avait rendus à l'Egypte , accable les Hébreux de travaux;

(î) Le mot Israël signifie/br£ contre Dieu. Il fut donné à J.icob par un ange du Seigneur, contre lequel illiUta toute iine joume'e, sans se laisser abattre , quelque temps après son départ de la maison de Laban, C'est de là que les de&condans de Jacob furent apptflés Israélites.

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et pour les exlerminer plus sûrement, il onlonne d'exposer sur le Nil tous les Israélites iioiivcllcment nés. Mais le Tout-Puissant conserve Moïse, qu'il leur destinait pour libérateur. La fille même de Pharaon l'élève comme les enfans du monarque , son père , et le fait instruire dans toute la sagesse des Eoyptiens.

A râo;e de quarante ans, Moïse, touclié du malheur de ses frères, se met en péril pour les soulager : il tue un Egyptien qui maltraitait un Israélite. Loin de profiter de son zèle et de son courage, les enfans de Jacob l'exposent à la fureur du roi , qui forme le projet de le perdre. L'homme de Dieu prend la fuite , et ya chercher un asile en Arabie , dans la terre de Madian, où sn vertu , toujours secourable aux opprimés , lui fait mériter l'estime et la fdle de Jéthro, prince et prêtre du pays.

Comme il faisait paîlre les troupeaux de son beau-père, il aperçut dans le désert nn buisson ardent, au milieu duquel il entendit la voix du Dieu de ses ancêtres, qui le renvoyait en Egypte, pour briser le joug qui opprimait les tristes Israélites. Accompagné d'Aaron , son frère , Moïse paraît devant Pharaon, lui expose Tordre du Très- Haut, et pour lui prouver sa mission , il opère en sa présence plusieurs prodiges, auxquels succédèrent ces plnies redoutables qui portèrent la désolation dans toute l'Egypte. Quand le mal le ])ressait , Pharaon avait recours à Moïse pour en être délivré ; et il promettait alors tout ce que l'on voulait. Le saint homme priait; le lléau cessait , et Pharaon aussitôt refusait de tenir sa parole.

Enfin Dieu résolut de le frapper d'une manière plus sensible encore; mais avant de faire tomber sur l'infidèle le dernier coup de sa vengeance, il commanda à son peuple de prendre un agneau dans chaque famille, de le sacrifier vers le soir, de le faire rôtir, et de le mano^er la nuit, après

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avoir marqué de son sang- la porte de cliacrue maison. Il voulut que ce souper et ce sacrifice fussent iioramés la Pdqtte ^ c'esl-à-dire , victime du passage , et que les Israélites les renouvelassent, lo-is les ans , en mémoire de leur délivrance. Durant cette même nuit, le Très-Haut envoya un ange q;ii lit mourir ions les premiers nés des Esvpliens, depuis le fils de Pharaon jusqu'au fils de la plus vile esclave ; mais l'esprit céleste ne toucLa pas aux maisons marquées du sano- de l'agneau.

Dès ce moment l'opiniâtreté du monarque inû- <lèle l'ut vaincue. « Retirez-vous promptement, dit- » il à Moïse et à son frère , emmenez avec vous » tout votre peuple, étaliez sacrifier à votre Dieu.» Les enCans d'Israël sortent au nombre de près de six cent mille combattans : à peine sont-ils partis, que Pharaon se repent de la permission qu'il leur a donnée; il se met à la tè-te d'une armée innoni- Irable, et bientôt il atteint cette nation fugitive sur les bords de la Mer Rouge. Les en fans de Jacob se croyaient perdus : Moïse élève sa baguette; les eaux se séparent .. le peuple de Dieu traverse la mer au milieu des flots. Pharaon veut les suivre; mais les flots se rapprochent : il est englouti avec tout son peuple, et ses dépouilles deviennent la proie des enfans d'Israël. C'est ainsi que s'opéra l'entière délivrance des Israélites , après plus de deux siècles d'esclavage , et quatre cent trente ans depuis la vocation d'Abraham.

C'est sous cette troisième époque qu'il faut placer VhisLoire de Job, homme juste , qui élevait ses enfans dans la vertu, et offrait des sacrifices à l'Etre Suprême. Pour féprouver, Dieu permit que fous ses biens lui fussent enlevés, et que ses enfans fussent écrasés sous les ruines d'une maison, où ils s'étaient rassemblés pour faire un festin innocent. Tous ces fléaux tombèrent dans le même moment sur le s.iint homme, et Job en reçut les tristes nouvelles avec une admirable patience :

Ç^G ABRÉGÉ d'ÉRASTE,

« Le Seioneur m'avait tout donné, dit-il; le Sei- » gneur m'a tout ôlé : il n'est arrivé c[ue ce qu'il 3) lui a plu : que son saint nom soit béni! » Le démon, à qui le Tout-Puissant avait permis de tenter son serviteur, ne put voir sans colère celte pieuse résignation; il crut le vaincre en affligeant le saint patriarche d'un ulcère épouvantable, qui lui couvrait tout le corps. Job se vit réduit à s'asseoir sur un fumier , el à racler avec des morceaux dépôts cassés le pus qui sortait de ses plaies. Sa femme elle-même vint insulter à sa piété, et traiter d'imbécillité son invincible patience; mais ni elle ni ses amis ne purent ébranler la foi du juste; le Seigneur, satisfait, lui rendit autant d'enfans qu'il en avait au})araYant, une santé parfaite, et plus de biens et de richesses que le démon ne lui en avait ôlé; grande consolation ])our les fidèles que des biens éternels dédommageront un jour de quelques souffrances momentanées.

X« ENTRETIEN

Tableau historiqtie de la Religion depuis la sortie de t Egypte , jusqu'à la construction du temple de Jérusalem.

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