QUATRIÈME ÉPOQUE
T-A>'Dis que les Éi;y]>tiens et le roi périssaient dans les flots, la mu i son de Jacob , témoin de ce prodige , bénissait le Seigneur. Précédés d'une nuée qui les protège contre les ardeurs du soleil durant le jour, et qui sert de flambeau pendant la nuit , les Israélites s'enfoncent dans un vaste et aride désert. Bientôt on manque de viande et de pain ; des clameurs se font entendre ; Moïse a recours à Dieu, et le Tout-Puissant manifeste sa gloire. En effet , la terre se trouve couverte de cette manne céleste , avec laquelle le peuple d'Israël
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fut nourri durant ce long- voyage. On la recueillait tous les matins, avant le lever du soleil ; le peuple broyait cet aliment sous la meule , ou le pilait clans un mortier ; ensuite il le mettait cuire dans un pot , et en taisait des gâteaux du goût le plus exquis.
L'eau vient à manquer à son tour. Les Israélites ingrats et rebelles s'emportent de nouveau contre Moïse ; et leur colère est si aveugle , qu'ils sont sur le point de lapider ce grand homme. Dieu lui commande de Irapper le rocher d'Horeb avec celte baguette miraculeuse qui avait opère tant de prodiges en Egypte ; il obéit , et aussitôt il sort de celte pierre des torrens d'eau vive qui désaltèrent les indociles Hébreux.
Le roi des Amalécites vient à leur rencontre avec des troupes nombreuses. Josué est mis à la tcte des enfans de Jacob; il marche contre les infidèles ; il les attaque , il les combat avec ardeur, tandis que Moïse, accompagné d'Aaron et de Hur , était en prière jsur une montagne voisine. Il tient ses mains élevées vers le ciel, et Josué remporte une victoire complète.
Au commencement du troisième mois , après la sortie d'Egypte , le peuple d'Israël arrive au mont Sinaï , où Dieu le l'ait séjourner pour lui donner sa loi. On se purifie durant deux jours ; le troisièjne , le haut de la montagne paraît tout en feu , et couvert d'un épais nua^e , d'où sortaient des eclaiis et des tonnerres épouvantables. On entendait aussi un son de trompettes et un grand bruit; mais ou ne voyait personne. Alors une voix terrible fit entendre ces paroles : «'Je suis le Seigneur, » ton Dieu , qui t'ai tiré de la terre d'Egypte , de n la maison de servitude. »
!' 1". Tu n'auras pas des Dieux étrangers devant M moi. Tu ne feras point d'idoles, ni aucune figure » de ce qui est au eiel , sur la terre ou dans les
>) eaux , pour leur rendre le souverain cul le ; car >' je suis uu Dieu puissaut et jaloux, qui ])unis les Ji péchés (les pères sur leurs eufaus , jusqu'à la » troisième et jusqu'à la qiialrième gëuératiou de » ceux qui me haïssent , et qui fais du bien dans » la suile de mille générations à ceux qui m'ai- » ment et qui gardent mes commandemeus. »
« 2". Tu ne prendras point en vain le nom du j) Seigneor , ton Dieu ; car Dieu ne laissera pas " inq)uni celui qui prend en vain le nom du » Seigneur , son Dieu. »
« 5". Souviens-toi de sanctifier le jour du SalDbat. » Tu travailleras pendant six jours ; le septième » est le jour consacré au Seigneur , ton Dieu. En » ce jour-là , tu ne feras aucun travail , ni toi , ni » tes serviteurs . ni tes bêtes , ni l'étranger qui » demeure avec toi ; car Dieu a fait le ciel et la » terre en six jours , et il s'est reposé le septième ; j» c'est pourquoi il l'a béni et sanctifié. «
« 4°- Honore ton père et ta mère , afin que tu » vives long-temps sur la terre que le Seigneur, a» ton Dieu , te donnera. »
« 5°. Tu ne tueras point ; 6"- tu ne commettras » point d'adultère; 7°. tu ne déroberas point ; » 8", tu ne porteras point de faux témoignages » contre ton prochain ; 9''. tu ne désireras point la » femme de ton prochain; 10**. tu ne désireras « point sa maison, son esclave , son bœuf, son « âne , ni rien de ce qui est A lui. w
Voilà ce que l'on appelle le Décalogne . ou le? dix commandeuiens de Dieu.
Dieu dicta encore à son ministre plusi«'nrs autres lois, dont la plupart ne sont qu'une explication des dix commandemeus. Oulre le Sabbat, il ordonna trois grandes fêtes où tous les Israélites seraient obligés de se présenter devant lai : la Pàque où ils immoleraient un agneau, et mangeraient des pains sans levain, en mémoire de leur sortie d'Egypte ; la
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Pentecôte, c'est-à-dire le cinquaiitième jour après la Pâque , qui était le jour où ils avaient reçu la loi , et où ils oiTri raient les prémices des fruits ; enGn la fête des tabernacles, c'esf-à-dire,des tentes, en mémoire du voyage dans le désert.
Moïse , ayant écrit toutes ces lois par ordre de Dieu , les lut au peuple , avec les promesses que le Tout-Puissant Taisait de le mettre en possession de la terre de Chanaan, et de le combler de biens, s'il pratiquait fidèlemenlses suprcmesordonnances. Les Israélites le promirent , et le saint homme retourna sur la njontagne, où il demeura quarante jours en conféreiue avec Dieu, qui lui ordonna de construire le tabernacle , de conlérer à Aaron le souverain ponliilcat, dignité unique, donnée à lui et à sa postérité, et qui lui prescrivit en même temps les cérémonies du sacre d'Aaron et des prclres, ses enfans ; la l'orme de leurs babits mystérieux ; les i'onctions qu'ils avaient à remplir ; celles des lévites ou enfans de Lévi , fils de Jacob, qui furent aussi consacrés d'une manière particulière au service des autels.
Cependant , les Israélites, voyant que leur clief jie revenait pas, environnèrent en tumulte Aaron, et firent tant par leurs menaces , qu'il consentit à élever un veau d'or , semblable aux idoles des Égyptiens. Un autel est dressé devant ce riche simulacre ; on lui offre des sacrifices ; on mange les victimes immolées ; on forme des chœurs de musique ; on saute , on danse autour de l'immobile divinité. L'éternel voit cette joie impie : sa colère s'allume ; il veut exteruîiner les ingrats. Moïse se prosterne , et le conjure de pardonner à cette multitude qu'il a délivrée par tant de miracles. Le seigneur se laisse apaiser , et Moïse va l'otrouver son peuple, tenant à la main les deux tables de pierre que Dieu lui avait données , et sûr
jO AEREGEDEHASTE.
lesquelles étaieut graves les préceptes du Décalogne.
La vue des danses détestables excite son indignation ; il brise les tables de la loi an pied de la inonlai;ne , réduit en poudre le veau d'or , charge de reproches le trop i'aible Aaron , et ordonne à ceux de la tribu de Lévi de tuer, sans distinction, quiconque se présenlera devant eux. Vingt-trois lii T- L:i::n-,es expient par leur mort le crime de
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veau douLlier les iniquités de son peuple. Mais les Plébreuxne méritaient plus d'être traités comme des enlans : Dieu les mit sous le joug comme des esclaves. Il rijouta aux commajidemeus du DécalogTie , de nouvelles ordonnances proportionnées au carat tire de ce peuple : C'est ce quon appelle la Loi céiéîJionitlle ^ pour la distinguer de la loi morale cou'.enue dans le tjonvernement civil. Elle reclerme i.n détuil mtini d'observances, incommodes, pénilies, accablantes parleur multitude, et parles rigoureux cbâtimens dont les violateurs sont men:=cés.
Moïse descend de la nionlao^ne ; son visage , sans qu'il le sût , ëldit tout rayonnant de lumière ; on n'osait l'approcher; il lallut qa*il mit un voile pour leuipérer ce céleste éclat , dont le Seigneur avait décoré son front. On travaille à Tarclie d'alliance et au tabernacle, cest-à-dire à la lente qui devait renr.jmer ce disiu monument. Le peuple porte à Tenvi ce qu'il a de plus précieux pour le ccns.:crcr au Trc;-H.-.'.iî ; et bientôt loutcs Its or-
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(lonnances que le législateur divin avait prescrites par rapport à son culte , sont exécutées avec une religieuse exactitude.
Alors le Seigneur renouvela les préceptes qu'il avait tant de fois donnés à son peuple , en lui promettant que quiconque gardera ses lois et ses ordonnances y trouvera la vie, et en menaçant des plus terribles cliàtimens ceux qui les mépriseront. On vit bientôt après une preuve sensible de la sévérité avec laquelle l'Eternel punissait la transgression de ses lois : le feu devait Lrûler continuellement sur l'autel des holocaustes , et les sacrificateurs étaient obligés de l'entretenir , en y mettant du bois soir et matin. Nadab et Abiu , fds aines d'Aaron , y mirent un feu étranger et profane. Dieu, pour les punir , lança sur eux des llamuics qui les dévorèrent au-dedans , sans toucher au-dehors de leurs corps ;, et ils moururent devant le Seigneur.
Moïse , latigué des murmures du peuple , que la longueur du voyage et le souvenir des mets d'Egypte portait à la rébellion, conjure l'Eiernel de le décharger du soin de conduire cette multitude séditieuse et indocile, et Dieu !-ii donne, pour l'aider , soixante-dix hommes qu'il remplit de son esprit ; ensuite , sa fureur s'allume contre les rebelles , il les frappe d'une très-grande plaie, plusieurs expirent , et ce lieu est appelé les Sépulcres de la concupiscence , parce qu'on y enterra ceux qui avaient été frappés île mort , eu punition de leur coupable convoitise.
On s'avance vers les frontières de l<i Terœ Promise. Donze espions sont envoyés pour reconnaître ce beau pays ; de leur nombre étaient Josué et Caleb. Après quarante jours d'absence, ils reviennent avec des fruits dont la beauté faisait assez comprendre quel devait èlre ce P'<ys délicieux. Néanmoins , dij^ des espions exagèrent si
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Lieu la force des lja!)itans, les hauteurs des inn^ railles de leurs villes, cjue tout-à-coup les îiëbreux sont saisis de frayeur. En vain Moïse essaie de les calmer ; en vain Galeb et Josiië s'eiîorcent de rappeler leur courage ; bien loin de les entendre , les séditieux veulent les lapider. Apaisé par Moïse , le Très-Haut consent à les laisser subsister ; mais il jure qu'à l'exception de Caleb et de Josué , aucun de ces rebelles n'entrera dans la terre de Chanaan. C'est ainsi que cette nation perverse n'eut plus d'autre espoir que la mort pour terme de son exil.
De nouveaux murmures éclatent ; Coré , Datlian et Abiron se soulèvent contre Moïse : la terre s'entr'ouvre , et engloutit les deux derniers tout vivans ; Coré est dévoré par des flammes soudaines, avec deux cent cinquante hommes qui l'accompagnaient. Bientôt Moïse et Aaron sont obligés de se réfugier dans le tabernacle : Dieu les environne et les protège ; il frappe les mutins d'une plaie qui les aurait fait périr tons en un moment . si le souverain pontife ne se fui jeté , l'encensoir à la main, au milieu des morts et des mourans , et n'eût écarté par ses prières, ce redoutable fléau , dont quatorze mille sept cents hommes étaient déjà les victimes.
Sur la tin de ce long- voyage, lesenfans de Jacob manquèrent d'eau , et Moïse renouvela le prodige de la pierre d'Horeb : il fit sortir d'un autre rocher des sources abondantes d'une eau salutaire ; mais par un léger mouvement de déiiance , il frappa deux fois le rocher, et Dieu, pour punir cette faute, le condamna à mourir sans entrer dans le beau pays de Chanaan ; seulement il lui laissa la satisfaction de conduire son peuple jusqu'aux fron» tières de celte riche contrée, et d'en préparer lu conquête.
Alin de remplir cette dernière fonction de soa
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jp.inistère , Moïse , après avoir inhumé Aaron , qui yenafl d'expirer à J'âi^e de cent vino t-trois ans, et éJevé à la souveraine sacrificaUire , Eléazar , fils aîné du ]ioîitife déiunt , demande au roi des Iduméens , descendaus d'Esaii , ia permission de passer par ses teri-es. Le monarque le relnse , et les enfaîîs de Jacob sont obligés de prendre un grand détour pour arriver à la Terre Promise. Ce surcroît de fatigue Jes porle à renGi2ve]/3r leurs plainles ; n-ais Dien cbange leurs clameurs en des cris de pénitence; il déciiaîne contre Jes coupables des serpens q\ù les tuent par leurs morsures brûlâmes comme le feu , et ils n'éciiappent à cette jnorl cruelle, qu'en regardant un serpent d'airain, que Moïse éiève au haut d'une pique, par l'ordre du Seigneur.
On arrive sur les confins du pavs des Amorrhécns , et l'on demande pissage à Séhon , leur roi. Ce prince , pour toute n'ponse , se met à la tête d'une armée ; il est vaincu, et les Israélites passent au iil de i'('pée tous les sujets de ce monarque. Og- , roi de Basan , a le même sort avec tout son peuple , ainsi que Bala , roi des Madianites , qui sont tous égorgés sans exce^ption. Ensuite Moïse, averti que sa longue et pénible carrière allait être terminée, fait assembler toutes les tribus , déclare Josué pour son successeur , et donne de grandes instructions aux enfans d'Israël. Après les avoir bénis, il monte sur le sommet de la montagne Nèbo, d'où le Seigneur lui fait voir la terre de Chauaan , et lui dit : a Yoilà le pays que » j'ai promis avec serment à Abraham , à Isaac et » à Jacob: regardez-le ; mais vous n'y entrerez » pas. » Presqu'en même temps ISlv'ùè rendit le dernier sou})ir.
Après la mort de l'homme de Dieu, on voit se multipiierlesmcrveillesenfaveurdupeuplechoisi. Docile à la voix de Josué^ le Jourdain écarte aussi Abrégé cVÉraste. 4
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ses eaux, et présente un passage aux enlansd'Israël. Tout fuit , tout se soumet à l'approche du chef des Hébreux , et l'on s'aperçoit sans peine que la terre de Chanaan appartient à ces nouveaux venus. Les remparts de Jéricho tombent miraculeusement au son de leurs trompettes ; une embuscade leur ouvre les portes de Haï ; le soleil suspend son cours pour éclairer leurs victoires, et, après une guerre de six ans, presque toute la Terre Promise reconnaît les lois des enfans de Jacob. Ce nouvel état fut divisé en douze provinces , suivant le nombre des tribus. Celle de Lévi seule n'entra pas dans le partage , parce que Dieu voulut que les Lévites fussent répandus dans toutes les autres. Josué mourut comblé de vertus et d'années. Cnleb et les anciens gouvernèrent après lui ; mais ils ne purent arrêter les désordres où se précipitèrent alors les Israélites. L'Eternel livra les coupables au joug de Chuzan, roi de Mésopotamie, qui les accabla pendant huit ans sous le poids du plus triste esclavage.
Israël se repentit enfin de ses crimes, et le Seigneur, touché de ses larmes, suscite Othoniel , gendre de Caleb. Le nouveau chef brise les fers qui enchaînaient ses compatriotes , et les gouverne pendant quarante ans. Aussitôt qu'il eut rendu l'esprit , on vit les enfans de Jacob retournera leurs iniquités. Eglofi^ roi des Moabites, les en lit repentir par une servitude de dix-huit ans; il fallut de nouvelles larmes pour expier les nouveaux crimes. Aod ^ do'jzième juge, administra pendant quatre-vingt-dix ans la république des Juifs dont il avait été le libérateur, et sa mort fut aussi funeste aux Hébreux que l'avait été celle d'OthonieL Jabin^ roi de Chanaan, les assujettit, et ce n'est qu'après vingt ans d'une nouvelle captivité qu'Israël a recours à la clémence du Dieu de ses pères. A Iors la prophétesse Débora , QiBarac ^ troisième
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juge, défont Sisara , général du roi cliananéen. Une guatrième chute attire, quarante ans après, une qualrième servitude, dont Gédéon ^ miraculeusement choisi pour être le libérateur de ses frères humiliés^ les délivre avec trois cents hommes, qui , victorieux sans corabatlre, poursuivent et détruisent les superbes Madianites. Abimélech, fils de Gédéon , usurpe , par le meurtre de ses soixaute-dix frères, l'autorité dont son père avait été revêtu , l'exerce tyranniquement, et la perd enfin avec la vie. Après lui Thola ^ de la tribu d'îssachar , est établi cinquième juge d'Israël, et gouverne durant vingt-trois ans. On croit que c'est sous cette judicature qu'arriva l'histoire touchante de Ruth, qui devint l'épouse du riche Booz , et donna la naissance à Obed ^ aïeul de David.
A ïhola succède Jaïr^ qui conduit Israël durant vingt-deux ans. Mais à peine ce sixième juoe fut-il mort , que les Hébreux se déshonorèrent encore par leur idolâtrie ordinaire ; et Dieu les en punit par une cinquième servitude, qu'ils supportèrent pendant dix-huit ans, sous les Philistins et les Ammonites. S'étant humiliés sous la main iun les punissait, le Tout-Puissant choisit /e^^/^/e pour briser les fers d'Israël. Sur le point de combattre, ce grand capitaine fait vœu, s'il triomphe , d'offrir en holocauste au Seigneur ce qui sortira le premier de sa maison à son retour. Didii couronne sa valeur et il revient chez lui au milieu des guerriers compagnons de sa victoire. Quelle est sa douleiu-, lorsqu'il aperçoit sa fille unique qui accourait à sa rencontre au son des tamboursj elle alla pleurer sa virginité durant deux mois sur les montaones après quoi elle se soumit à la volonté de son père , qui l'oifrit au Seigneur en holocauste, ainii qu'il lavait promis.
Ahésan succède à Jephté , et, après sept ans de judicature, il laisse, pir ga mort, sa dignité à
76 abrégéd'éraste,
Ailon , c[ui gouverna dix ans. Après lui Ahhon administra avec sagesse diiraiil huit ans ; mais aussitôt qu'il eut rendu l'esprit, les Israélites mérilèrent de lomLer dans nne sixième servitude qui dura quarante ans , sous les Philistins. Cette captivité ne les empêcha pas toutefois d'avoir des juges, tels que Samson et le grand-prètre Uéli,
Samson avait reçu du ciel une force inouïe. Vers Tage de dix-neuf ans , il commencji à exercer contre les Pliilissius le niiiîistère de vengeance pour lequel le Seigneur l'avait fait naître. Il brûla leurs Liés , leurs vignes, il en tua un grand nom!>re dans diverses circonstances, et, en un seul jour, il en massacra mille, n'ayant pour armes que la mâchoire d'un âne. A la lin, s'ctant laissé vaincre par la trop grande affection qu'il avait pour Dalila, i'emnie philistinc, il lui découvrit que toute sa force consistait dans ses cheveux. Celle femme })erfide les lui fil couper . et le livra entre les mains de ses compatriotes, qr.i lui crevèrent les yeux et le jetèrent dans une prison. Quelque temps après, les principaux d'enire les Philistins célébrèrent une grande fêle en riioimeurde leur dieu Dago7i^ et ils firent amener le Jorinidable Hébreu dans la salle du festin , pour qu'il leur servît de jouet ; mais Suusonayant saisi deux colonnes qui soutenaient f édifice, écrasa sous ses débris trois mille Philistins, et périt lui-même avec eux.
Le grand-prêtre Héli jugea le peuple pendant tout le cours de cette sixième servitude; mais il fit tomber sur lui et sur toute sa famille les plus terribles effets de la vengeance du Seigneur. Maloré les avertissemens que Dieu lui donna, il 4iéolioea de réprimer les désordres de ses deux fils Ophi et Phinées ^ qui détournaient le peuple d'offrir des sacrifices à PEternel. Ces prévarications attirèrent enfin sur Israël des punitions ])lus rigoareuses encore que celles que le Tout-Puissant
ou L'A:^tI DE LA .TEUiVESSE. ^7
avait exercées jusqu'alors. Les enlans ue J.icoL, vaincus dans un premier combat par les Philistins, croient être plus heureux en mettant à leur tête l'arche d'alliance ; mais Dieu iesabandonne ; irei te mille hommes demeurent sur la place; l'arche sainte est prise par un peuple incirconcis, les deux fils d'Héli périssent, et leur inibrtuné père, en apprenant ces tristes nouvelles, tombe du haut de son siège , se l'end la tète et meurt.
Les Philistins placent l'arche sainte dans le temple de Dagon , comme un trophée de la victoire que leur dieu a remportée sur le Dieu des Hébreux; mais ce dieu de pierre ne s'anime, pour ainsi dire , que pour se précipiter au pied de l'arche, et attester, par la dispersion de tous ses membres , que le Dieu qui y habite est le seul Dieu véritable. Israël gémit sur ses crimes ; aussitôt le bras du Tout-Puissant s'aiipesantit sur ses tvrans : frappés de plaies douloureuses, les Philistins sont contraints de renvoyer l'arche avec honneur, et d'y renfermer les preuves des chàtimens qu'ils ont éprouvés. L'arche arrive chez les Belhsamites , traînée par des animaux dont le Seigneur dirige les pas. A cette vue inespérée, on se livre aux transports d'une joie religieuse ; mais la curiosité des Belhsamites, qui osent porter dans l'arche des regards indiscrels , coûte la vie à plus de cinquante mille d'entre eux.
Après le décès du grand-prètre et le retour de 3'arche, Samuel, élevé dans le tabernacle auprès d'Héli, juge le peuple d'Israël, et remporte de grandes victoires sur les Philistins. La vigueur de Samuel l'ayant abandonné dans sa vieillesse, les Israélites voulurent, à l'exemple des peuples voisins, avoir de:, rois pour les gouverner. Le saint prophète résista long- temps h leurs sollicitations ; mais enfin il se rendit, et Saùl^ de la tribu de Benjamin, fut choisi pour régner sur les enfans de
y8 ABRÉGÉ DÉ RASTE,
Jacob. L'éclat du trône éLlouit son âme; il ouLlia ce qu'il avait ctc et à qui il devait sa grandeur; il osa Diéme désobéir à Dieu , et mépriser les lois de la religion : aussi lut-il réprouvé , et sa couronne transférée sur une tcle plus digne. Après avoir gouverné rpiarante ans , sans avoir jamais goûté le bonlieur. li termina lui-même sa fatale existence.
David ^ jeune berger de la tribu de Juda, et le dernier des fils de Jessé, avait 'ïté secrètement élu en sa place par Samuel, et consacré roi à l'âge de seize ans, par l'effusion d'une huile sainte, il avait justifié le choix du Seigneur , non-seulement par une piété sincère , mais encore par les actions les plus héroïques. Il avait mérité d'épouser la fille du roi, en terrassant Goliath, fier et redoutable géant philistin. Pendant douze années de persécution rpe lui avait suscitée la jalousie de Saiil , il n'avait opposé aux barbares poursuites de ce monarque déchu , que la fuite, la douceur, la patience et la soumission : enfin il avait fixé sur lui les re- .^arus de tous les Hébreux, lorsque la mort de son persécuteur le laissa maître du diadème.
Devenu roi de tout Israël, David subjugua les ennemis du peuple de Dieu. Il prit sur les Jébuséens la forteresse de Sion , et il y établit , par l'ordre du Seigneur, le siège de la royauté et celui de la religion. Sion , dont Melchisédech avait été roi, iut la demeure du monarque, et il la nomma la Cité de David.
\\ y mena en triomphe l'arche d'alliance, afin (\\\t Dieu régnât dans Sion , et qu'il y fût reconnu i'omme le protecteur de Jérusalem et de tout le royaume; mais le tabernacle où le peuple avait servi Dieu danS le désert , était encore à Gabaon. C'était là que s'offraient les sacrifices, sur l'autel que Moïse avait élevé, en attendant qu'il y eût un temple où l'autel fût réuni avec l'arche , et où l'on pût célébrer le service divin avec une magnificence
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digne du Dieu d'Israël. Quand David eut défait tousses ennemis, paisible et viclorieux, il conçut le dessein de bâtir cet édifice dont la nécessité se faisait sentir de plus en plus. Il en traça lui-même tous les dessins, il en amassa les riches et précieux matériaux, et y deslina les dépouilles des peuples et des rois vaincus ; mais ce temple devait être construit par un roi pacifique, et l'honneur de l'élever fut réservé aux mains de Saîomon, que le sangdes vaincus n'avait point souillées.*
Au milieu delà gloire que ses exploits et ses vertus lui avaient méritée , David s'oublia au point de s'emparer de Betsabée, femme d'Urie, et de faire périr ce brave officier, en ordonnant à Joab , son général , de l'abandonner dans une attaque , au siège de Rabbath , ville des Ammonites. Mais le Sci.;neur, qui aimait David, lui ouvrit les yeux par le ministère du prophète Nathan. Le monarque rc'coimut sa faute; il ]deiira sous la cendre et le cilice , et , par sa pénitence , il fit tourner son crime même à la gloire du Créateur. Après les plus rudes épreuves , Dieu couronna sa parfaite soumission, en lui rendant la paix et le bonheur qu'il avait perdus; et David mourut plein de jours de mérite, regretté de son peuple, respecté de ses ennemis même , après avoir clioisi pour successeur Salomon , fils de cette même Betsabée , dont la possession lui avait coûté tant de larmes.
Ici se termine cette époque, qui a duré quatre cent soixante-dix-neuf ans. Du temps de David , et sous les rjis ses enfans, le mystère du Messie se déclara par des prophéties sublimes et plus claires que le soleil. David surtout l'a chanté dans ses psaumes avec une magnificence que rien ne saurait égaler.
Taoleau liistorique de la Religion , depuis la construclioti du temple jiiscjua la captivité de Bahylone.
Cl^QVlÈME ÉPOQUE.
Quarante ans après son imronisntion, Saloman fit commencer la construction tlu teni jue que David avait projetée. Ce superbe ëdilice l'ut Làti sur le modèle du tabernacle. L' arche que Moïse avait construite fut pose'e dans le Saint des Saints, lieu inaccessible, symbole de l'impénétrable majesté de Dieu et du ciel , interdit aux hommes, jusqu'à ce c£ue J. C. leur en eût ouvert l'entrée par son sang-.
Au' jour de la dédicace, l'Eternel y parut dans sa majesté. Il y eut défense de sacrifier ailleurs, et Jérusalem devint la cité par excellence. Après que Salomon eut bâti un temple , il bâlil encore le palais des Rois, dont l'architecture était digne d'un si grand prince. De toutes parts on y voyait briller l'or et les pierreries, ainsi que dans les autres édifices élevés par ses oriSrcs. Les citoyens et les étrangers admiraient la majesté des rois d'Israël ; mais la principale merveille de ce florissant empire était Salomon lui-même. La nature n'avait point de secret pour lui; il connaissait tout, depuis le cèdre du Liban jusqu'à fhysope, et la sagacité de son esprit pénétrait en quelque sorte dans les replis les plus profonds du cœur humain. On l'eût pris , d;:ns les temps heureux de son règne, pour une intelligence céleste , cachée sous le voile de l'humanité, qui était descendue sur la terre pour instruire les faibles mortels.
Néannioins, nn gouvernement si glorieux finit par un honteux égarement. Saîouion s'abandonne à l'amour des lemmes; il oublie le Dieu de David, et se prosterne devant les ridicules siinuiacres des rations étrangères. L'Eternel, justement irrité, épargne toutefois ce prince ingrat en jnémoire du fidèle David; mais il Ini dénouce cjii'il le punira en la personne de son fils. En elfet, Rohoam est; livré à un conseil insensé; l'or^ineil brutal de ce jeune prince lui fait perdre dix tribus que /ero- Z>onw, autrefois l'esclave de Saloincn , et alors le plus redoutable rival de son îîls, séparedeleur Dieu et de leur roi. De pcir que ses sujets ne retournent vers la maison de David, cet usurpateur défend d'aller sacrifier au temple de Jérusalem; et il érige des veaux d'or, auxquels il donne le nom de dieu d'Israël, afin que le changement paraisse moins étrange.
Pendant que ces dix tribus rebelles et schismatiques abandonnent leur Dieu et leur roi sans rejeter entièrement la loi de Moïse, les enfans de Juda , fidèles à Dieu et à David qu'il avait choisi, demeurent dansl'alliance etdans la foi d'Abraham. Les Lévites se joignent à eux avec Benjamin, et le royaume du peuple de Dieu subsiste parleur union, sous le nom de royaume de Juda. Ainsi se forma cette fameuse division de l'empire des Hébreux. Le crime d'un seul prince causa le premier schisme , qui ait déchiré le sein de la véritable Eglise.