‹ Éraste, ou, L'ami de la jeunesse (volume 2)Chapitre 9 sur 84 · ROYAUME D'ISRAËL · texte numérisé non relu

ROYAUME D'ISRAËL

Après avoir éprouvé à diverses reprises la piiissance du Dieu de ses pères, Jéroboam n'en persiste pas moins dans son impiété : il y engage de plus en plus ses sujets , et provoque enfin la justice du Très-Haut. Il perd c.inq cent mille hommes dans la guerre qu'il déclare à Abia, successeur de Ro-

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])oani, roi de Jiida; déCaile terrible qui affaiblit extrêmement le rovaiime d'Israël, et qui donne la supériorité -aux en fans de David. Ce prince idolâtre, toujours malheureux et toujours digne de l'élre , termine sa carrière après ying-t-deux ans de règne.

Nadab . sou fds, qui ne Talait pas mieux que lai , succède à ses crimes comme à sa puissance ; mais il semble ne monter sur le trône que pour être assassiné par Baasa , qui usurpe sa couronne, et lait mourir tout ce qui restait de cette race impie.

Baasa conserve durant vingt-quatre ans le sceptre quil avait envahi : il marche sur les traces de Jéroboam , et est enfin puni avec la même sévérité.

Le règne de son fils Ela ne dure que deux ans. Zaïnlri^ qui commandait la moitié de sa cavalerie, se l'é^oltb^ lui arrache la vie, prend le sceptre; et, pour le conserver , il extermine toute la maison de Baasa, sans en laisser la moindre trace.

Zambri^ aussi méchant que ses prédécesseurs, ne fait que paraître. Se voyant assiégé dans la ville de Tersa par Amri , que l'armée d'Israël avait élu Toi^ il met le feu à son palais, et s'y brûle avec toute sa famille.

Amri occupa le trône pendant douze ans. Il bâtit la ville de Samarie , qui devint, dans la suite, la capitale du royaume d'Israël; mais il surpassa en impiété et en scélératesse tous ceux qui avaient j)orté la couronne avant lui . et ne fut surpassé luimême que par son fils A chah , qui liérita de sa perversité ainsi que de son sceptre.

La malice naturelle dAchab s'accrut encore par son mariage avec Jésabel, lille du roi des Sidoniens. Ces deux monstres établirent dans Israël le culte de Baal , dieu des Syriens; ils persécutèrent les serviteurs du vrai Dieu , et lirent périr la plus grande partie des saints prophètes. Une tyrannie aussi sanglante eut le succès qu'en attendaient

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Acbab et Jésatel : la prévarication devint si générale, qu'il semblait que le Dieu d'Abraliam n'eût plus d'adorateurs dans le royaume d'Israël.

Sous ce règne impie, Dieu suscite le prophète Elle , qui, brûlant de zèle pour la gloire du Trèsl^aut, paraît devant Acbab, et lui fait les plus terribles menaces. A l'ordre du prophète , le ciel cesse durant trois ans de verser sur la terre les pluies et les rosées qui la fertilisent ; et tout Israël est livré aux cxlrémités de la plus cruelle famine. Enfin le Seigneur s'apaise; les prêtres de Baal sont confondus; le peuple prosterné reconnaît le vrai Dieu, et, à la prière d'Eiie, la pluie tombe de nouveau sur la terre. Bénaclab, roi de Syrie, vient assiéger Saniaric avec des troupes nombreuses ; mais, outré de son impiété, le Tout-Puissant confond son audace sacrilège, et donne la victoire à Achab, qui contracte avec lui l'alliance la plus étroite, et le renvoie avec honneur dans ses états. La clémence d'Achab provoque la colère du Tout-Puissant, qui n'avait livré Bénadab entre les mains du roi d'Israël, qu'afin de punir ses blasphèmes. Bientôt le prophète Elie lui prononce cette formidable sentence : « Yoici ce que dit le Seigneur : Je vais >î faire fondre sur vous toutes sortes de maux,*et ï3 j'exterminerai votre maison , comme celle de Jé- » roboam et de Baasa. Après avoir léché votre sang, » les chiens dévoreront Jésabel , et son cadavre sera a comme du fumier sur la terre. « La mort injuste de Naboth , que i'infàme monarque avait fait lapider à l'instigation de la reine, parce que ce fidèle Israélite avait refusé de lui vendre l'héritage de ses pères , avait encore augmenté la fureur du Très-Haut. C'est pourquoi, comme Achab marchait contre Ramoth qu'il voulait reprendre sur les Syri-ens, le roi de Syrie vint au secours de cette place ; après un sanglant combat, Achab fut atteint d'une flèche qui lui perça la poitrine, et comme on rap-

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portait son corps à Samarie, les chiens lëclièreiît son sang, selon la parole que le Seigneur avait piononcée par Elie. Ainsi périt ce prince après vingtdeux ans de règne et de forfaits.

Ochosias y son fils, marcha sur ses traces, et suivit les leçons de Jésabel ; mais la brièveté de sa vie mit des bornes à ses crimes. Il n'avait régné que âcMx ans, lorsqu'il tomba d'une fenêtre de son palais , et se froissa tout le corps. Il expira peu de temps après, et laissa la couronne à Joram , son J'rère. Ce Fut alors qîie le Seigneur tira à lui son saint prophète , que ie jnonde n'était plus digne de posséder. Le don de prophétie et celui des miracles qu'EJie possédait, lurent transmis à son disciple Elisée.

Cependant Joram faisait le mal devant le Seigneur; quoiqu'il eut détruit les stntues de Baal, il ' ne renonçait pas aux veaux d'or de Jéroboam : le digne héritier d'Elie lui reproche vivement son impiété, et par des iniracles nombreux, il manifeste déplus en plus la puissance du Très-Haut. Eénadab vient assiéger Samarie avec toutes les troupes de son royaume; il presse tellement cette TÏile, que les citoyens réduits, à la disette la plus affreuse, faisaient usage des choses les pins immondes, et qu'il y eut même des mères qui massacraient leurs enfans pour les dévorer. Elisée se met en prières : les ennemis frappés de terreur pendant la nuit, prennent la fuite, et abandonnent leur camp plein de richesses et de vivres , qui ramènent ra!;ondance dans Samarie.

La douzième année du règne de Joram, Jéliu, qui devait être l'exterminateur de toute la famille d'Achab, est proclamé souverain par toute l'armée. Il marche aussitôt vers la ville de Jezraël, où Joram s'éfait retiré. Le fils d'Achab sort de la place, et vient au-devant de ses troupes pour savoir la raison d'une arrivée si soudaine. Jéhu bandant son

ou l'ami de la jeunesse. 85 arc , lui lire nue flèche qui le perce de part en part, et il tombe mort. Ocliosias, roi de Juda, cpil l'était venu voir, est aussi tué par l'ordre du nouveau prince. Jéhu entre aussitôt dans Jezraël, et i'.iit précipiter de la fenêtre du palais, Jésabel qui s'y était présentée hien parée, pour lui reprocher son usurpation. Elle est foulée aux ]ueds des chevaux, et ensuite mangée par les chiens, selon la prédiction du prophète Elle. Soix;inte-dix fdsd'Achab sont immolés à l'ambition de Jéhu, et quarante-deux princes de la maison de Juda, qui venaient rendre visite aux enl'ans d'Achab, ont le même sort, ainsi que tous les porens de ce monarque , tous les jirandsde sa cour, tous ses amis,

tousses prêtres. Jeliu termine cet horrible massacre par celui des prêtres mêmes et des propbèles de Baal , dont le temple est défruit et changé en un cloaque. Durant un règne de vingt-huit ans, il marche comme ses prédécesseurs dans les voies de Jéroboam , laissant subsister les veaux d'or que ce prince avait érigés , et jamais il ne s'attacha sincèrement à la loi du Très-Haut.

Jonchas, son fils » hérite de son sceptre, qu'il conserve pendant dix-sept ans. Durant son règne , Israël est livré à la fureur du roi de Syrie qui porte partout le fer et le feu. E'épée des Syriens moissonne toute la jeunesse d'Israël , et il ne reste plus au fds de Jébu qu'une troupe faible et timide, qui ne peut garantir son prince et la patrie du joug de l'étranger. Cependant le Très-Haut donne un sauveur aux enfans d'Israël dans la personne de Joas y fds et successeur de Joachas. Ce prince remporte trois grandes victoires sur le roi de Syrie, et reprend toutes les places qui avaient été enlevées a son père. Amasias , roi de Juda, lui déclare la guerre : les deux armées marchent l'une contre l'autre; elles se rencontrent j Joas triomphe; AmsL-

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sias est fait prisonnier : le vainqueur le conduit à

Jérusalem, dontil rcnverseune ])artie des murailles,

et retourjie dans ses états, après avoir enlevé tout

l'or et tout l'argent qui se trouvait dans le temple

du Seigneur et dans le palais du monarque

vaincu.

Jéroboam II ^ fils de Joas, porta la couronne pendant quarante -un ans. Il conquit plusieurs places sur les Syriens et rétablit les anciennes limites de son royaume; car le Seigneur ne voulait pus encore effacer le nom d'Israël de dessous le ciel : il sauva cette nation criminelle et malheureuse par la main du iiouveau monarque. On croit que ce lut sous le long règne de ce prince qu'arriva 1 Jiistoire du prophète Jonas. qui fut renfermé d urant trois jours et trois nuits dans le ventre d'une baleine, et rejeté ensuite sur le rivage.

Après la mort de Jéroboam II, le royaume d'Israël fut agité de grands troubles. Il demeura sans chef pendant plusieurs années, au bout desquelles Zacharie ^ fils du dernier souverain , monta enfin sur le trône. Il n'y fut que six mois; Sellum le tua et prit sa place.

Un mois après , Manahem arracha à Sellum la couronne et la vie; et, durant dix ans, ce nouvel usurpateur continua d'irriter le Dieu de ses ancêtres, FJiacéia. son fils, succède à sa puissance : à peine a-t-il régné deux ans, que Phacée^ fils de Roméiias, son général, fimmole à son ambition, saisit son diadème, et le conserve durant vingt ans.

Phacée est aussi impie que ses prédécesseurs ; Téglath-Phalasar,roid'Assyrie; vient fondrecomme un torrent sur les états de ce prince, enlève tous ceux qui habitaient au-delà du Jourdain, elles répand dans ses vastes provinces. Ce ne fut ])as la seule disgrâce qu'eut à essuyer le roi d'Israël :

ou L*AMI r)E LÀ JEUISESSE. 87

Osce forma une conjuration contre ses jours, et lui arraclia la vie, comme il l'avait arrachée lui-même à SOM souverain.

Salmanasar , fils et successeur de Téglatli-Phalasar , impose à Osée un tribut annuel ; mais (juelque temps après, fier de la protection du roi d'Egjple , il veut secouer le joug. Salmanasar se montre de nouveau , renverse tout, et vient investir son téméraire vassal dans Samarie. Cette capitale est emportée, et presque entièrement ruinée. Osée, charyé de fers^ se voit jeté dans une prison , où il meurt après neuf ans d'usurpation ; les dix tribus sont transportées à Ninive , et de là dispersées parmi les nations étrangères.

Ainsi finit le royaume d'Israëî , deux cent cinquante-quatre ans depuis le schisme. Dieu ne voulut pas cependant que sa sainte loi s'éteignît entièrement parmi ces indignes héritiers du nom de Jacob , et dans cette foule de coupables , toujours indociles à la voix des prophètes , il sut se conserver un petit nombre d'adorateurs fidèles. L'histoire de Tobie, arrivée en même temps, nous fait voir la conduite des élus de Dieu , au milieu même des nations idolâtres. Captif et persécuté à Ninive, il persista dans la piété avec sa famille ; et le Seigneur, pour récompenser ses vertus, lui fit trouver grâce devant Salmanasar. Après avoir recouvré la vue par un miracle , il vit' les en fans de ses petitsfils. Tous ses descendans persévérèrent dans une vie sainte, et Dieu leur fit éprouver les bénédictions de la loi, dans le sein même d'une terre étrangère.

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