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ENTRETIEN VI. loi
où Ton pcul se trouver. Il a pour pôles deux points, l'un audessus de notre t^tc, apTpe\tl vertical ou zeniik , Tautre direc-stement opposé, que Ton nomme nadir.
Il y a deux sortes d'horizons ; Tun rationnel ou Intelligible •: c'est un grand cercle qu'on ne peut concevoir par rentende-* ment, et qui a le même centre que la terre ; l'autre visuel ou sensible : c'est celui qui termine notre vue lorsque, dans une vaste campagne, nous portons nos regards autour de nous, jusqu'à Textre'mité où la terre semble finir, et le ciel commencer.
On dit que la sphère est droite, quand on place l'equateur et l'horizon rationnel de manière que le prcnvier de ces cercles est perpendiculaire à l'autre. Les peuples pour qui la sphère est droite ont leur zénith dans l'equateur céleste ; le soleil les éclaire toute l'année durant douze heures; ils aperçoivent successivement toutes les étoiles du ciel, et voient les deux pôles du monde à leur horizon.
On dit que la sphère est parallèle , quand l'equateur est parallèle à l'horizon. Les peuples pour qui la sphère est parallèle ont leur zénith dans l'un des deux pôles célestes; ils jouissent durant six mois de la lumière du soleil , et en sont privés durant six autres mois : ils n'aperçoivent jamais q le les étoiles qui se trouvent entre l'equateur et le pôle qu'ils habitent ; et ils les voient tourner, comme le soleil et la lune, parallèlement à l'horizon, dans l'espace de vingt -quatre heures.
Enfin , on dit que la sphère est ohlirfue, lorsque l'equateur coupe obliquement l'horizon. Tous les peuples de la terre , excepté ceux qui habitent sous l'equateur et sous les pôles, ont la sphère oblique ; ils voient le soleil tantôt plus, tantôt, moins de douze heures, à moins que cet astre ne soit au point des équinoxes; car alors leurs jours sont égaux à leurs nuits, pi. S,/îg. I.
Le contraste des saisons dans les deux hémisphères a fait donner aux peuples qui les habitent des noms particuliers. On appelle Périsciens, ceux qui habitent les zones froides ; Uètérosciens, ceux qui habitent les zones tempérées; Amphisciens, ceux qui habitent la zone torride ; Asciens, qui veut dire sans ombre , indique les habitans des zones torrides, qui, ayant quelque temps le soleil perpendiculairement sur leurs têtes^,
sont, alors sans ombre; les Antisciens habitent de diffe'rcns côte's de l'e'quateur ; leurs ombres ont à midi des directions contraires, fig. 2.
Eugène. Mais comment marcher autour d'une boule, puisque la terre n'est dans le fait autre chose; cela se conçoit difficilement. ]S'y a-t-il pas plusieurs points où Ton a la tête en bas, ou, ce qui est la même chose, n'a-t-on pas des peuples sous ses pieds?
Eraste. Oui , il y a des peuples qui se trouvent dans une direction contraire à la nôtre , qui ont leurs pieds sous les nôtres, et on les nomme antipodes; mais ils ne sont point sous terre comme vous l'entendez; car la terre est un globe , et un globe n'a lui-même ni dessus ni dessous; ils n'ont pas la têle en bas; car a\oir la tête en bas, c'est l'avoir plus proche de la terre que les pieds : on ne peut craindre qu'ils tombent , puisque tomber c'est s'approcher de la terre. Les peuples antipodes ont les jours, les mois, les heures, les saisons absolument opposes aux nôtres. Quand nous avons le matin, ils ont le soir; quand nous avons Te'le', ils ont l'hiver, ainsi de suite, même Jigiire. Je vais continuer à vous parler des cercles de la sphère, même figure.
Ce grand cercle qui passe par les deux pôles et qui partage la sphère en hémisplière oriental el en hémisphère occidental , ce qui forme les mappemondes ordinaires, s'appelle méridien, parce qu'il est midi lorsque le soleil est parvenu à ce cercle, pi. j^Jig. 9. Un homme qui iroit d'un pôle à l'auîre par une ligne droite ne changeroit pas de me'ridien ; au lieu qu'il en changeroit h chaque pas, s'il aiioit par une ligne droite d'orient en occident , ou d'occident en orient. On peut donc imaginer autant de me'ridiens qu'il y a de points dans le ciel, à prendre ces points d'orient en occident ; et tous ces méridiens seront de grands cercles passant par le point du ciel qui re'pond sur notre tête , et par les deux pôles de la machine cèles! e, pi. 8,Jig. 3.
Les deux culures sont deux grands cercles qui passent par les deux pôles , et qui s'y coupent. L'un d'eux coupe aussi l'equatcur aux deux points où il est déjà coupe par Tecliptique , et ce sont les points des équinoxes ; aussi le nomme-t-on roture des équinoxes : l'autre passe par les deux points de l'écliptique les plus éloignes de i'cquateur , qui sont les points
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cîc solstices; et c'est pour celte raison qu'on l'appelle colurc des solstices. Ces deux cercles ne doivent pas vous embarrasser, puisque ce sont deux véritables lue'ridiens, qui ne sont introduits dans la sphère que pour plus de commodité', pi. 7,.
Elg. Vous venez de faire mention des solstices; je vous assure que j'ignore ce que c'est.
Er. On a observé que le soleil , pendant six mois , paroît s'élever de plus en plus dans le ciel, et descendre de plus en plus pendant six autres mois. Mais on a remarqué en même temps qu'il y a un point au delà duquel il ne descend plus, et un point au delà duquel il ne monte plus. On a donné à ces deux points le nom de solstices, parce que, quand cet astre y est pars'enu , il paroît s'y arrêter durant quelques jours, sol stare videlur, pi. 8, Jig. i. Le mouvement annuel du soleil est compris entre ces deux points. Pour les indi(]uer sur la sphère , on a imaginé deux petits cercles que l'on a appelés tropiques, d'un mot grec qui signifie tourner, et qui in(li(jue la marche apparente du soleil. Le premier de ces cercles, qui est vers le septentrion, se nomme twpi(jue du Cancer, à cause de la constellation ainsi appelt'e; le soleil paroît le décrire le 21 juin, et alors nous avons l'été : l'autre, qui est vers le midi , et qui passe par la constellation du Cajiricorne, porte le nom de tropique du Capricorne ; le soliil semble y arriver le 22 décembre, et alors nous avons l'hiver, pi. 8,
Les autres petits cercles, qui sont au dessus de ces derniers, sont appelés polaires, même fig.., parce qu'ils sont très voisins des pôles du monde. Celui qui est au septentrion se nomme cercle polaire arctique, et celui qui est au midi s'appelle cercle polaire antarctique.
Les quatre petits cercles servent particulièrement à partager toute la surface du ciel en cinq portions ou bandes circulaires parallèles à Téquateur, et que l'on nomme zones, mot grec qui signifie ceintures. On distingue chacune de ces zones par des épithètes qui leur viennent de ce que l'action du soleil se fait plus ou moins sentir dans les pays qui sont situés au dessous d'elle. Ainsi l'on appelle zone torride celle qui est brûlée par la chaleur du soleil ; cet astre la traverse deux fois par an. Elle est comprise entre les deux tropiques , et contient
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quarante-sept degrés, qui sont coupés en doux parties égales par Téquateur, vii;gt-trois et demi au septentrion, et autant au midi.
L'espace compris entre chaque tropique et les cercles polaires s'appelle zone tempérée, parce que l'action du soleil y est moins vive. Il y en a deux ; l'une dans la partie septentrionale, l'aulre dans la partie méridionale du globe, et chacune a quarante-trois degrés.
Enfin, l'espace compris entre les cercles polaires et les pôles se nomme zone froide ou glaciale, à cause du froid excessif qu'il fait en ces contrées. Il y en a deux aussi , parce qu'il y a deux pôles et deux cercles polaires : l'une est septentrionale , et l'autre est méridionale, et chacune est de vingt-trois degrés et demi,y/g-. 5.
On nomme climat un espace de terre compris entre deux cercles parallèles à l'équateur. Les climats se partagent en cliiiiaîs d'heures et en climats de mois. Un climat d'heure est celui dont le jour est plus long d'une demi-heure en sa fin <ju'en son commencement. Le climat de mois est celui dont le plus grand jour est plus long d'un mois en sa fin que dans son commencement ,7/^. 6.
Kernarquez aussi sur la sphère une rosette, pi. 'J^fig. 9, qui est un cadran divisé en vingt-quatre heures; il sert à résoudre différens problèmes. I3n peu au dessous, on voit le soleil et la lune portés sur deux bras, qui tournent, l'un autour du pôle de Técliptique, et l'autre autour d'un point qui en diffère de cinq degrés.
\ous concevez, mes chers enfans , que, par le moyen de ces divisions, il est bien plus aisé de contempler l'immensité des cieux, et de sui^Te les révolutions de ces vastes corps qui y sont répandus avec tant de profusion, et que nous désignons tous par le nom (ïastres, à cause de l'éclat qu'ils répandent. II scroit trop long, et même inutile, de vous détailler les divers systèmes que l'on a imaginés, en différens temps, pour expliquer l'ordre et la structure des cieux; je me contenterai de vous dire un mot des hypothèses de Ptolomée et de Copernic.
Piolomée, qui florissoit en Egypte, vers Tan i38 de Jésus' Christ, prenant toutes les apparences pour des réalités, prétcndoit que la terre étoit immobile au centre de l'univers, et
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qu'elle voyoit circuler autour d'elle en vingl-quatre heures, d'orient en occident, le soleil, tous les astres et tous les cieux. Cette opinion parut si plausible, qu'elle fut embrassée et soutenue, durant plus de douze siècles, par tous les astronomes : tant il est difficile d'abandonner Terreur dès qu'une fois on s'est de'claré pour elle! Cependant il ne falloit qu'une observation bien simple pour de'truire cette longue illusion, pour démontrer la mobilité et le mouvement de la terre, pour renverser, par conséquent , les chimériques ide'es du philosophe égyptien.
EuDOXiE. Pour moi , monsieur, je ne vois pas comment on peut prouver que Ptolomée a tort ; et , si l'on s'en rapporte au jugement de mes yeux , assurément sa cause est gagnée , et son système triomphe.
Er. Mais, ma chère Eudoxie, vos yeux vous trompent. Quand on voyage sur l'eau, d'occident en orient, et qu'on fixe les yeux sur les bords de la rivière, ne diroit-on pas que le rivage s'avance d'orient en occident, tandis que c'est le bateau qui chemine en sens contraire avec tout ce qu'il porte? Le mouvement que nous croyons remarquer dans les cieux n'est pas plus réel que celui du rivage : c'est notre bateau qui s'avance, c'est le lieu que nous habitons sur la terre qui, nous transportant avec lui circulairement d'occident en orient, nous fait apercevoir, dans un sens contraire , tout ce qu'il y a de visible à la voûte céleste.
Copernic , mathématicien fameux , né à Thorn , dans la Prusse royale, s'aperçut de la foiblesse du système de Ptolomée, et en chercha un autre au commencement du seizième siècle. Il plaça le soleil au centre du monde, et fit circuler la terre autour de cet astre. Au lieu de dire, comme Ptolomée , que tous les cieux, que tous les corps qui les illuminent, cheminoient en vingt-quaire heures, d'orient en occident, autour de notre globe , il supposa que c'étoit la terre qui tournoit ainsi sur son axe, et que de ce dernier mouvement^ qu'il appeloit diurne, résultoient les jours et les nuits, pi. 8, ftg. I, comme les diverses saisons naissoient du premier, auquel il donnoit le nom à'anmiel. Cette nouvelle hypothèse frappa fous les esprits, et à peine eut-elle vu le jour qu'elle fut adopte'e avec ardeur : Kepler, astronome allemand , Galilée, philosophe italien , le célèbre Newton et une foule
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d'autres grands hommes la développèrent , la perfectionnèrent , la portèrent au dernier point d'eVidence ; en sorte que c'est aujourd'hui la seule qu'on puisse raisonnablement soutenir, la seule par laquelle on puisse expliquer d'une manière satisfaisante les phe'nomines ce'lestes ; on prouve, par ce système , non seulement le mouvement de la terre autour du soleil, mais encore que la lune tourne autour de la terre dans une orbite qui est emportée avec la terre dans son mouvement annuel autour du soleil; que les autres astres errans que nous appelons planètes , et qui font partie de notre système solaire, tournent de même avec leurs satellites en plus ou moins de temps autour du soleil , et que le tout est terminé par le ciel des étoiles fixes, pi. 9, Jig. i. Les marques qu'on a jointes au cours des planètes sont les signes qui servent à les représenter; nous les rappellerons et les expliquerons bientôt en parlant de leur mouvement de révolution autour du soleil. Ce système sera donc le seul que je suivrai dans ces foibles notions, quoiqu'en vous parlant de la sphère, je me sois rapproché, pour plus de commodité, de Thypothèse de Ptolomée, en consultant un peu les apparences, et en laissant, comme lui, le globe terrestre au centre de la machine du monde.
Tous les astres ne sont pas de la même espèce. Les uns, fixes et immobiles, ou du moins paroissant garder constamment la même position les uns à Tégard des autres, brillent de leurs propres feux, communiquent leur éclat à tout ce qui les en\T[ronne : on les appelle étoiles fixes. Les autres sont des corps opaques, des masses de ténèbres, comme cette terre que nous foulons aux pieds, et ne jouissent que d'une lumière (jui n'est point à eux; ils errent dans les régions célestes, et changent continuellement de position entre eux.
Nous ne connoissons ni la nature , ni la distance , ni le juste nombre des étoiles fixes : tout ce que nous pouvons dire, c'est que chacune d'elle est un soleil, et qu'il y a lieu de croire qu'elles ne sont pas d'un moindre volume que celui qui nous éclaire. On prétend qu'un boulet de canon qui tomberoit de Tétoile qui semble la moins éloignée de nous, emploieroit plus de six cent mille ans h se précipiter dans notre soleil. Or un boulet de canon parcourt cent toises ou six cents pieds en une seconde ; et , supposé cju'il conservât toujours la même
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vitesse avec laquelle il fait les cent premières toises au sortir du canon, il feroit en une heure cent quatre-vingt lieues. Il parcourroit donc, en six cent mille ans , pour arriver de l'e'toile au soleil , un intervalle de plus de neuf cent quaranJesix milliards quatre-vingt millions de lieues de deux mille toises chacune. Mais cette supposition, quelque c'norme qu'elle paroisse , est encore beaucoup au-dessous de la réalité , et ne peut nous donner qu'une bien foible idée du prodigieux espace que le Créateur a mis entre l'atome que nous habitons, et tous ces globes de lumière.
Toutes les étoiles ne nous paroissent point également grosses , et cette différence peut venir de leurs différens degrés d'éloignement : il est possible aussi qu'elles difTèrent rét'llement de grandeur entre elles ; mais c'est encore ce que nous ne savons pas , et ce que peut-être nous ignorerons toujours.
L'éclat plus ou moins vif que nous remarquons dans les étoiles les a fait distribuer en six classes. Les plus brillantes, celles que nous apercevons le mieux à la vue simple , s'appellent étoiles de la première grandeur. Celles dont la lumière paroît avoir un degré de moins, se nomment èloilcs de la seconde grandeur; et ainsi les autres progressivement. Celles qu'on ne peut entrevoir que par le moyen de ces lunettes qu'on nomme télescopes, et qui grossissent et approchent singulièrement les objets, composent une septième classe, à laquelle on donne le nom d'étoiles télescopiques.
S'il n'y avoit qu'un petit nombre d'étoiles, on auroit pu les distinguer toutes par des noms propres ; mais, leur multitude étant infinie , il a fallu les partager en plusieurs groupes ou assemblages, que l'on appelle 607i5/«//«//o/«, el à qui l'on attribue les noms de figures de différens personnages célèbres , et même de plusieurs animaux , instrumens ou machines que la fable avoit transportés au ciel. 11 y en a trente-cinq au septentrion , douze au milieu, c'est-à-dire, depuis un tropique jusqu'à l'autre, et trente-quatre au midi.
Les douze constellations du milieu sont les seules qui nous intéressent. Elles entourent l'écliplique et remplissent celte zone du ciel , que l'on nomme zodiaque. On les appelle ordinairement les douze signes, ou les douze maisons du soleil, parce que cet astre semble répondre à chacune d'elles durant chaque mois de l'année. Voici leurs noms, avec les marques
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par lesquelles on les désigne souvent , et les noms auxquels elles ont rapport.
1° Le Bélier Y -, Mars; 2° le Taureau y, Avril; 3° les Gémeaux H , Mai ; 4° VEcrevlsse $p , Juin ; 5° le Lion Ç^ » Juillet; 6° la Vlerge^^ Août; 7° la Balance £k , Septembre; 8° le Scorpion ir|. Octobre; 9° le Sagittaire ■♦-^ , Novembre ; 10° le Capricorne )t 1 Décembre; 11" le Verseau :CîK, Janvier; 12° les Poissons ){ , Fe'vrier, pi. gijig. i.
Outre toutes ces constellations, on de'couvre encore au ciel certaines petites taches blanchâtres qu'on appelle étoiles nébuleuses, et une grande tache de lumière qui s'e'tend presque du midi au septentrion, à laquelle on a donné le nom de voie lactée. On a cru long-temps que c'étoient des amas d'étoiles trop petites et trop nombreuses pour t;tre aperçues chacune en particulier; mais, par des observations plus récentes, on prétend avoir découvert que l'on étoit dans l'erreur à cet égard?, sans toutefois nous instruire de la véritable nature de ces tracesUumineuses.
Les planètes, le soleil et notre terre, qui ne sont que comme un point au milieu de tant de vastes corps , n'occupent , en comparaison, qu'une très petite partie des cieux ; et c'est ce que nous appelons notre Univers.
On distingue les planètes en principales et en secondaires , et presque toutes nous paroissent aussi éloignées que les étoiles-; .de là l'erreur qui nous les fait confondre avec elles , quand on nejnous a pas appris à les discerner. Pour ne s'y point tromper, il faut observer qu'une étoile brille par élancement , ce qu'on appelle mouvement de scintillation : au lieu que la|!uraière d'une planète est plus uniforme et plus tranquille.
Les'planètes principales, qui diffèrent entre elles et par la place qu'elles occupent dans les cicux, et par leur volume , et par la durée de leurs mouvemens , sont au nombre de onze, savoir j: Mercure, Vénus, la Terre, Murs, Jupiter, Saturne, Urauus * ou Herschel, Cérès ou Plazzl, Pallas ou Olbers, Junon et Vesta.
' Celte plaaète fnt déconverte à Londres en 1781 , par Herschel ; Piatzi découvrit Cérès à Naples, le i*"" janvier 1801; Olbers déconvrit Pallas à Bremen, le^ 28 mars i8oa, et Vesta en mars 1807. En novembre i8»4»
Les planètes secondaires, que l'on appelle encore Satellites ou Lunes, sont au nombre de dix ; une qui appartient à la lerre, et qui porte spe'cialement le nom de Lune, quatre qui accompagnent Jupiter , et cinq qui environnent Saturne. Voyez Jig. i ,;;/. 9, où elles sont indique'es par de petits points blancs, place's sur des cercles qui marquent leur révolution autour de leur planète.
Les planètes du premier ordre , place'es à différentes distances, circulent toutes d'occident en orient autour du soleil, dans des temps re'gle's et proportionne's aux degrés d'éloignement où elles sont de cet astre, et les planètes de la seconde classe ont le même mouvement autour de la planète principale qu'elles accompagnent : c'est ce qu'on appelle réi^olution périudîijue.
Mercure fait cette révolution en trois mois ; Vénus en met près de huit pour la sienne ; la durée de celle diî la Terre est ce que nous appelons Tannée ; Mars achève la sienne en deux ans , Jupiter en douze, Saturne en trente, Herschel en quatrevingt-quatre, Cérès en quatre ans sept mois, et Pallas en quatre ans huit mois. La révolution de Junon et sa distance du soleil sont à peu près les mêmes que pour Cérès, Pallas et Vesta.
La révolution de la lune autour de la terre se fait en vingtsept jours et un tiers à peu près ; c'est ce que l'on nomme mois lunaire. Le premier satellite de Jupiter, c'est-à-dire , celui qui se trouve le plus près de cette planète , fait sa révolution en un jour et dix-huit heures; le second, en trois jours et treize heures ; le troisième , en sept jours et près de quatre heures, et le quatrième , en seize jours et seize heures et demie.
La révolution du premier sateUite de Saturne, autour de sa planète, est d'un jour vingt et une heure un quart ; celle du second, de deux jours dix-sept heures trois quarts ; celle du troisième , de quatre jours treize heures trois quarts ; celle du quatrième, de quinze jours vingt-deux heures trois quarts ; celle du cinquième, de soixante-dix-neuf jours et huit heures ; celle du sixième , d'un jour huit heures cinquante-trois mi-
M. Harding décoavrit, à l'observatoire de Lilientbal, dans le signe its Poissons , ane nouvelle étoile niobil« à laquelle il donna I« nom d« JanoD.
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nutes ; enfin , celle du septième est de vingt-deux heures trente-sept minutes. Outre ces sept satellites , Saturne a encore un anneau ou cercle lumineux qui l'entoure sans le toucher, et dont on ignore la nature et les usages. La planète de Herschel, découverte en 1781, a aussi deux satellites, la révolution synodique du premier est de huit jours dix-sept heures une minute dix -neuf secondes, et sa distance de trente-^trois secondes ; la révolution du second est de treize jours onze heures cinq minutes une seconde, et sa distance de quarante-quatre secondes.
Puisque chaque planète a sa marche particulière , et que les unes mettent plus de temps que les autres à faire leurs révolutions , vous devez comprendre que tous ces astres changent continuellement de positions respectives : tels qui se trouvent aujourd'hui sur la même ligne avec le soleil , figureront tout autrement avec lui dans un autre temps ; d'autres, qui répondent ensemble à la même constellation dans le ciel , en auront ensuite trois ou quatre entre eux ; ce sont ces différentes positions des planètes que l'on appelle aspects, et qu'on distingue par des noms propres.
Quand deux planètes répondent au même point du zodiaque , cet aspect s'appelle conjonction.
Quand elles sont opposées l'une à l'autre de la moitié du zodiaque ou de six signes , cela s'appelle opposition.
Et lorsqu'elles répondent à différens points du zodiaque, qui comprennent entre eux, deux, trois, quatre signes, etc., on fait connoître leur aspect par le mot opposition, en ajoutant le nombre des signes du zodiaque , qui sont interceptés entre les deux lieux du ciel auxquels elles répondent.
Quand une planète paroît s'avancer selon l'ordre des signes, toujours d'occident en orient , on dit qu'elle est directe ; quand elle paroît dans le sens contraire, on dit qu'elle est rétrograde; quand elle semble séjourner vers le même point du ciel , on dit qu'elle est stationnaire. Toutes ces irrégularités , que l'on croit remarquer dans la marche de chaque planète, ne sont que des apparences qui viennent de ce que la terre, d'où nous observons, n'est pas fixe , et de ce qu'elle n'est point au centre de la révolution que fait la planète.
Les planètes sont placées à différentes distances du sola'l. La plus voisine de cet astre est Mercure ; les autres en sont
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plus éloignées suivant cet ordre : Vénus, la Terre avec la Lune; Mars, Cérès, Pallas, Jupiter avec ses satellites; Saturne avec les siens et son anneau , et Herschel. De là vient la distribution qu'on en a fait, par rapport à la terre, en jj/anèies supérieures et planètes inférieures. On donne le premier nom à celles qui sont au-dessus de notre globe, savoir : Herschel, la plus éloignée de toutes, Saturne, Jupiter, Mars; et le second, à celles qui sont entre la Terre et le Soleil , savoir : Cérès , Pallas , Vénus et Mercure.
11 en est des planètes du second ordre , comme de celles du premier; chacune est placée à une distance plus ou moins grande de la planète principale autour de laquelle elle <:ircule.
Chaque planète de îa première ou de la seconde classe , en faisant sa révolution autour de son astre central , décrit une espèce de cercle que l'on appelle orbite. Mais comme l'astre n'est pas précisément au centre de cette orbite , il s'ensuit que la distance de la planète à son astre n'est pas toujours la même ; qu'elle est tantôt plus petite, et tantôt plus grande , dans le cours d'une même révolution.
Le point de l'orbite où une planète principale se trouve le plus loin qu'elle puisse être du soleil, s'appelle «yr;//<'7/f, mot grec qui signifie éloignement du soleil : et celui où elle est le plus près, se nomme périhélie, mot grec encore qui veut dire voisinage du soleil. Les deux points de l'orbite , (jui sont juste au milieu de l'aphéhe et du périhélie , s'appelle distance moyenne.
La distance est une chose commune aux deux termes qu'elle sépare : ainsi, quand la terre, par exemple, est dans son aphélie, le soleil est le plus loin d'elle qu'il puisse être , et c'est ce qu'on appelle V apogée de cet astre ; quand elle est dans son périhélie , le soleil est le plus près d'elle qu'il puisse être , et c'est ce que l'on nomme le périgée du soleil.
Dans son aphéhe , Mercure est éloigné du soleil de 14,722,64.2 lieues, et de 9,678,4.82 lieues dans son périhélie. L'aphélie de Vénus est de 22,g5o,t)28 lieues; et son périhélie, de 22,635,668 lieues. L'aphélie de la Terre est de 82, o5 1,64.2 lieues , et son périhélie , de 3o,9go,o58 lieues. L'aphélie d? Mars est de 62.^88,790 lieues , et son périhélie , de 45,600,468 lieues. L'aphélie de Jupiter est de 171,816,700
lieues, et son pe'rihelie, de i56,o53,70o lieues. L'aphe'iie de Saturne est de 317,939,610 lieues , et son pe'rihélie de 223,4-5o,i66 lieues. L'aphélie de llerschcl, est de 609,100,760 lieues; celle de Cérès , de 95,028,000 lieues ; et enfin celle de Pallas, de 95,890,000 lieues. L'aphe'iie de Junon et de Vesta est encore inconnu.
Une planète ne se meut pas toujours avec la même vitesse dans toutes les parties de son orbite; plus elle se trouve près de l'astre autour duquel elle chemine , plus son mouvement est rapide ; et au contraire , on remarque qu'elle ralentit sa marche , à mesure qu'elle s'en e'ioigne davantage. La terre , par exemple, est plus long-temps à atteindre et à quitter son aphe'lie , qu'elle ne l'est à se rendre au point opposé , et à remonter vers l'autre ; et comme l'aphe'iie de la Terre re'pond aux signes me'ridionaux , le soleil , qui paroît toujours dans un point oppose' , doit se'journer plus long-temps dans les signes septentrionaux, que dans les signes me'ridionaux, et c'est, en effet , ce qui arrive.
Outre la re'volution que chaque planète du premier ou du second ordre fait autour de son astre central , il est à pre'sumier que toutes ont encore un mouvement de rotation sxiv leurs axes d'occident en orient, ce qui fait qu'elles ont, comme la terre, toutes les parties de leurs surfaces successivement expose'es à l'action du soleil, pi. ^,fig. i. La plupart ont des taches qui ont donne' lieu d'observer ce mouvement et d'en déterminer la durée. Celui de Vénus est de vingt-trois heures 21 minutes; celui de la terre, de vingt-quatre heures; celui de Mars, de près de vingt-cinq; et celui de Jupiter, de près de dix heures. Mercure, parce qu'il est très près du soleil , est si fort illuminé, et Saturne , à cause de son grand éloignement, l'est si peu, que leurs taches, s'ils en ont, échappent aux observateurs , ou ne se montrent point assez pour les mettre en état de vérifier leur mouvement de rotation ; mais on peut conclure , par analogie , qu'ils en ont un. Toutes les planètes sont des corps sphériques comme la terre; et pour s'en convaincre , il suffit de considérer que les différentes parties de leurs surfaces ne reçoivent que successivement la lumière du soleil ; car si elles étoient planes, tois les points de ces surfaces recevroient en même temps les rayons de l'astre qui les éclaire, comme une chandelle allumée
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qu'on élève au bord d'une table , devient visible aussitôt d'un bout à l'autre. La sphéricité de la terre vous paroîtra bien de'montrée par les faits suivans : i." Si l'on est sur le bord de la mer, sa sphe'ricite' s'aperçoit à l'œil. 2." Si un vaisseau quitte le rivage, le corps du bâtiment disparoît le premier, puis la partie infe'rieure des mâts , puis leur sommet. 3" Les voyageurs qui ont fait le tour du monde sont revenus par un point opposé ^fig> 7. Observez cependant que la sphéricité des planètes n'est point parfaite , puisque ce sont des globes un peu aplatis vers leurs pôles. Cette figure s'appelle sphéroïde.
Si l'on étoit placé au centre de notre univers , h l'endroit même qu'occupe le soleil , pour observer les planètes , on les verroit toujours comme des disques lumineux et bien arrondis , parce qu'on découvriroit tout l'hémisphère illuminé de chacune d'elles , comme nous voyons la pleine lune ; mais, si nous supposons le spectateur placé sur la terre, il pourra arriver que les hémisphères , éclairés par le soleil, ne soient pas cn'ièrcment tournés vers lui; et alors, n'en apercevant qu'une partie, il verra la planète sous la figure d'un croissant, ou d'un quartier de lune. Ces différentes figures , sous lesquelles nous apercevons les planètes , s'appellent phases ou apparitions.
Ces phases des planètes prouvent bien qu'elles sont toutes des corps opaques, incapables d'éclairer par eux-mêmes, et qui ne nous renvoient que la lumière qu'ils reçoivent du soleil ; mais rien ne le démontre mieux que leurs éclipses, c'està-dire cette obscurité passagère dans laquelle elles tombent toutes les fois que quelque corps leur intercepte les rayons de l'astre cjui leur prête son éclat. Quant à la nature de ces planètes , les montagnes et les vallées profondes qu'on croit observer dans la lune semblent nous dire qu'elle est la même que celle de la terre.
EuG. Puisque les planètes sont des corps opaques, et qu'elles changent continuellement d'aspect entre elles, leurs oppositions et leurs conjonctions doivent causer de fréquentes éclipses.
Er. Votre remarque est très-judicieuse , mon cher Eugène. Les éclipses, en effet, seroient très-fréquentes dans ces circonstances , si toutes les orbites étoient dans un seul et même plan; car alors les planètes, en les parcourant , passeroient II. 8
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à coup sûr les unes devant les autres , et la plus voisine du soleil de'roberoit la lumière de cet astre à toutes les planètes qui seroient au-dessous d'elle. Mais la sagesse du Créateur y a pourvu : de toutes les orbites, il n'y en a pas deux qui soient en même plan. Elles sont toutes plus ou moins inclinées les unes aux autres; de manière que, quand deux planètes passent l'une devant l'autre , il arrive presque toujours que la plus éloignée reçoit les rayons du soleil , qui viennent par-dessus ou par-dessous celle qui passe entre cet astre et elle.
De toutes les planètes, la terre est la seule dont l'orbite soit précisément semblable à l'écliptique , c'est-à-dire , la seule qui se meuve dans le plan de cette ligne. Les autres , durant leur révolution périodique , s'abaissent plus ou moins au-dessous de cette ligne , pour remonter ensuite d'autant au-dessus. Ce sont ces écartements ou déclinaisons de part et d'autre que l'on appelle latitude des planètes. La déclinaison que l'orbite de la planète fait vers les signes septentrionaux du zodiaque , se nomme latitude septentrionale ; et celle qu'elle forme vers les signes méridionaux Rappelle latitude viéridionale.
Quoique les orbites soient diversement inclinées entre elles, et au plan de l'écliptique, elles ont cela de commun , que chacune d'elle coupe cette ligne circulaire en deux points diamétralement opposés. Pour vous faire une idée de ceci, figurez-vous deux cercles de tonneaux passés l'un dans l'autre, et qui s'éloignent de trois ou quatre doigts, plus ou moins ^ fig.^. L'un de ces cercles représentera l'écliptique; l'autre, l'orbite de Mars , par exemple ; les deux endroits où ces deux cercks se coupent, sont ce qu'on appelle les nœuds. Celui de ces deux points que la planète décrit , en passant des signes méridionaux aux signes septentrionaux , s'appelle nœud ascendant : on donne à l'autre le nom de Jiœud descendant.
Toutes les planètes , h l'exception de la lune , ont des orbites fixes, c'est-à-dire que chacun de ces astres, en faisant sa révolution périodique , coupe toujours l'écliptique aux mêmes points, en montant et en descendant , et que ses plus grandes latitudes septentrionales et méridionales sont constamment aux mêmes endroits du zodiaque ; ou, si ces quatre points sont sujets à quelques variations, elles sont si peu considérables, qu'on peut les négliger.
Tcme 2 P.,.,
Outre les planètes primitives qui circulent autour du soleil et que nous ne perdons point de vue, pour ainsi dire, il on est d'autres, en beaucoup plus grand nombre, qui se montrent de temps en temps dans les régions ce'Iestes ; mais la brièveté' de leurs apparitions nous a empëche's jusqu'ici de les bien connoîire : on soupçonne seulement qu'elles sont de la même nature que les autres planètes.
Ces astres , qui ont été long-temps l'effroi des peuples, sont appelés comètes, c'est-à-dire, astres dievelus , parce que leur partie la plus radieuse est ordinairement enveloppée d'une espèce d'atmosphère moins brillante, que l'on appelle chevelure ou harbe , pour la distinguer de cette partie à laquelle on donne le nom de noyau. Les comètes traînent encore d'ordinaire après elle une queue lumineuse, qui est quelquefois très longue, toujours opposée au soleil , et qu'on croit être une vapeur occasionnée par la chaleur de cet astre; car on remarque que cette queue augmente et diminue, suivant que la comète qu'elle accompagne se trouve plus ou moins près de lui, pi. 10,7%. 3.
Il n'en est pas des orbites des comètes comme de celles des planètes; celles-ci ne s'écartent pas de l'écliptique au delà de sept à huit degrés ; la largeur du zodiaque les contient toutes, et suffit à leur plus grande latitude ; au lieu que les orbites que décrivent les comètes par leurs révolutions périodiques se portent vers des parties du ciel fort différentes les uns des autres, soit dans l'hémisphère septentrional , soit dans l'hémisphère méridional. »
Elles diffèrent encore des planètes , en ce qu'elles ne marchent pas toujours comme elles , selon l'ordre des signes ; c'est-à-dire, d'occident en orient; mais souvent on kur voit tenir une route opposée : au lieu du mouvement direct, elles ont celui qu'on nomme rétrograde.
Elles n'ont même rien de commun entre elles, que la circulation autour du soleil ; du reste , chacune est plus ou moins éloignée de cet astre, et décrit une orbite plus ou moins allongée, que les unes, par conséquent, sont plusieurs années, et les autres des siècles à parcourir. 11 y en a qui, dans leur périhélie , éprouvent une chaleur mille fois plus vive que celle du brasier le plus ardent , tant elles s'approchent du soleil ; et dans leur aphélie , un froid mille fois plus piquant que ce-
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lui de la glace, tant elles s'e'loignent ensuite de cet astre central. Cependant, maigre' ces aberrations immenses, la précision avec laquelle les astronomes sont enfin parvenus à pre'dire leur retour , prouve qu'elles sont toutes soumises à des lois constantes.
Ouoi qu'il en soit, les comètes , à cause de ces vicissitudes étrangères , de ces alternatives prodigieuses de chaleur et de froid auxquelles elles sont sujettes par les ine'galites de leur marche , peuvent être regarde'es comme des mondes en desordre, en comparaison des planètes , dont les orbites étant plus régulières, les mouvements plus égaux , la tempéralure toujours la même, semblent être des lieux de repos, où , tout étant constant, la nature peut établir un plan, agir uniformément , se développer successivement dans toute son étendue.
Parmi les globes choisis entre les astres errans , celui que nous habitons paroît encore être privilégié : moins froid , moins éloigné ([ue Saturne, Jupiter et Mars, il est aussi moins brillant que Vénus et Mercure , qui paroissent trop voisins du soleil.
Ce dernier, tournant sur lui-même , mais au reste, immobile au milieu des vastes corps qu'il éclaire, sert en même temps de flambeau , de foyer , et comme de pivot à toutes les parties de la machine du monde.
Sa figure est sphérique , et s'il paroît à nos yeux comme un disque circulaire, c'est que, dans l'éloignement où nous sommes de lui , rien ne nous fait sentir que les parties du milieu sont plus avancées vers nous que celles des bords. Mais si nous connoissons sa forme , nous ignorons sa nature : on soupçonne seulement que c'est un amas de matières embrasées depuis la création, puisqu'il échauffe et qu'il éclaire , mais qu'il brûle apparemment sans se dissiper et sans s'obscurcir, puisque son activité et sa splemleur sont inaltérables; son action, qui s'étend autour de lui à une distance inconcevable , et qu'il est impossible de mesurer, se fait d'autant plus sentir aux corps sur lesquels il l'exerce , qu'ils sont plus près de lui.
Une preuve qu'il a un mouvement de rotation sur son axe, c'est qu'on aperçoit sur sa surface des taches qui, à la vérité, ne durent pas toujours , mais qui, tant qu'elles subsistent,
cheminent du bord oriental vers le bord occidenlal, disparoissent alors, et, après un certain temps, se montrent de nouveau pour recommencer la même route. C'est par le moyen de ces taches, qui prouveroient presque que le feu élémentaire n'entre pas seul dans la composition du soleil , qu'on a remarqué que cet astre met vingt-cinq jours et six heures à faire ses révolutions sur lui-même.
Il est incomparablement plus grand qu'aucune des comètes, et il contient près de mille fois plus de matière que la plus grande planète; mais pour mieux juger de son énorme volume , il est nécessaire de connoître les grosseurs respectives des corps principaux qui l'environnent,
Saturne , qui est un peu plus petit que Jupiter, est quatre mille neuf cents fois plus gros que Mars, neuf cent quatrevingts fois plus gros que la terre ; et Vénus, que l'on croit d'un volume égal , est vingt-six mille quatre cent soixante fois plus grosse que Mercure.
Jupiter est cinq mille huit cent cinquante-quatre fois plus gros que Mars, onze cent soixante-dix fois plus gros que la terre et Vénus, et trente-un mille cinq cent quatre-vingt-dix fois plus gros que Mercure.
Mars, qui est cinq fois moins gros que la terre et\ énus, est un peu plus de cinq fois plus gros que Mercure.
La terre et Vénus sont vingt-sept fois plus grosses que Mercure, qui, par conséquent, est la plus petite des planètes du premier ordre, comme Jupiter est la plus grosse.
Or, le soleil est plus de mille vingt fois plus gros que Saturne, plus de huit cent cinquante-quatre fois plus gros que Jupiter; il est cinq millions de fois plus gros que Mars, un million de fois plus gros que la terre et Vénus , et vingt-sept millions de fois plus gros que Mercure. En un mot, on a calculé que toutes les planètes,, avec leurs satellites, ne faisoient que la six cent cinquantième partie de la massii de ce globe immense qui semble régir tous les autres.
EuG. Tout ce que vous dites est surprenant. Eh ! mon Dieu! qu'est-ce donc qu'un homme? qu'est-ce qu'une ville , un royaume, la terre elle-même dans toute son étendue, par rapport à tant de vastes corps? Que je rcconnois bien à présent que toutes les nations ne sont, devant l'Etre suprême, que comme une goutte d'eau, et le globe qu'elles habitent „
ii8 ÉRASTE,
que comme un grain de poussière!... Mais, monsieur, apprenez - moi , je vous prie , comment toutes ces masses énormes peuvent demeurer suspendues , et se mouvoir avec tant de vitesse , sans se précipiter les unes sur les autres?
Er. \ ous me demandez là , mon cher ami , un de ces secrets que l'auteur de la nature couvre d'un voile impénétrable ; et tout ce que la curiosité humaine peut faire , c'est de le deviner. Le sentiment le plus généralement goûté est celui qui suppose aux astres qui circulent autour du soleil deux forces primitives, qui, agissant l'une et l'autre à chaque instant, et combinant leurs efforts, agitent ces grandes masses, les roulent , les transportent, les animent , et leur établissent, au milieu des espaces célestes, des lieux fixes et des routes déterminées.
Par la première de ces forces , que l'on appelle centrifuge, les astres tendent à s'éloigner de leur centre, qui est le soleil; et, par la seconde, que l'on nomme centripète, ils sont retenus et attirés vers l'astre central, qui les rappelle à lui, et empêche qu'ils ne s'éloignent par la tangente. Mais de quelle nature sont ces deux forces, pour faire subsister tous ces mouvemens sans altération sensible durant un si grand nombre de siècles? Voilà ce qu'il est impossible de bien expliquer, et ce qui fait la matière d'une grande discussion parmi les philosophes )iartisans de Ne\vton et de Descartes. Attendons qu'ils se soient accordés , pour nous décider nousmêmes.
EuD. Voudriez-vous bien nous expliquer plus particulièrement comment se fait la révolution du jour et de la nuit, celle des saisons et de l'année , et quelle est la mesure du temps que l'on a tirée des mouvemens apparens du soleil et de la lune?
Er. Le temps se divise en siècles, en années, en mois, en semaines, en jours, en heures, en minutes, en secondes, en tierces , etc.
Chaque révolution de la terre sur son axe occasionne , comme vous savez , une révolution apparente du soleil autour de la terre ; cette quantité de temps qui s'écoule entre l'instant où l'astre de la lumière quitte le méridien, et celui où il y revient le lendemain, est ce qu'on appelle your
naturel on astronomique. Mais, comme h chaque révolution le soleil revient un peu plus tard au me'ridien , il arrive de là que les jours naturels, dans les difle'rens temps de Tanne'e, ne sont point égaux entre eux. Pour les rappeler à régalité, les astronomes ont divisé le temps que le soleil paroît mettre à fournir sa carrière annuelle , en autant de partics qu'il en faut pour en assigner vingt -quatre à chaque jour.
Au moyen de celte équation, nous avons deux sortes d'heures à distinguer : les unes qui sont toujours égales entre elles, c'est ce que l'on appelle temps moyen; les autres qui sont aflectées des inégalités qui se trouvent dans le mouvement diurne du soleil, c'est ce que l'on nomme le temps vrai. Un bon cadran solaire montre les heures du temps vrai; une montre, une pendule bien réglée, montre celles du temps moyen : il y en a dont le rouage est tellenr.ent construit, qu'elles marquent l'un et l'autre temps par différentes aiguilles; ce qui fait qu'on les appelle pendules ou horloges à équation.
En astronomie » on est dans l'usage de compter les vingtquatre heures de suite d'un midi à l'autre ; mais, chez presque tous les peuples, on divise le jour naturel en deux parties égales , de douze heures chacune. Les douze heures durant lesquelles ou une partie desquelles le soleil nous éclaire , s'appellent /our artificiel; les douze autres, durant lesquelles ou une partie desquelles nous sommes privés de sa lumière, ont reçu le nom de nuit. L'éclat que cet astre répand commence toujours avant qu'il ne soit élevé sur notre horizon , et cet éclat subsiste encore quelque temps après qu'il a disparu à nos yeux : c'est ce que l'on appelle les crépuscules; celui du matin se distingue de celui du soir par le nom d'aurore, et le commencement de l'aurore est le point du jour. On a observé que le crépuscule commence le matin, lorsque le soleil est encore à dix-huit degrés au dessous de l'horizon, et qu'il ne finit, le soir, que quand cet astre est descendu de la même quantité au dessous. Or, comme le soleil parcourt par heure quinze degrés de l'équateur ou d'un de ses parallèles, il faut conclure 1° que dans la sphère droite, au temps des équinoxes, les crépuscules doivent durer chacun une heure et douze minutes , et
que le jour, qui n'y de.vroit être que de douze heures, eu égard seulement à la pre'sence du soleil , se trouve augmenté par là de deux heures vingt-quatre minutes ; et les autres temps de l'anne'e, cela varie à proportion de la distance du soleil à l'equateur. 2" Il faut conclure que, dans la sphère oblique , les crépuscules en été sont d'autant plus longs , que le pôle est plus e'ieve'; en sorte que si la latitude du lieu est telle que le soleil, à minuit, ne soit pas tout-à-fait de dix-huit degrés au dessous de l'horizon, comme cela est dans le climat de Paris , il n'y a point de nuit close pendant tout le mois de Juin et une partie de juillet. 3" Enfin, il faut conclure que, dans la sphère parallèle , l'aurore doit y durer encore deux mois, et qu'elle y doit luire encore autant de temps après le coucher du soleil ; en sorte que les peuples qui habitent sous les pôles, si toutefois il y en a, n'ont durant l'anne'e que deux mois de nuit profonde , qui n'est interrompue que par la lumière de la lune.
Sept jours naturels ou astronomiques composent une semaine , et se distinguent par des noms que les anciens astronomes ont tirés des principales planètes auxquelles ils avoient consacré tous les jours de la semaine : le premier au Soleil,, dies Salis; les chrétiens l'ont appelé le jour du Seigneur, dies Dominica, ou Dimanche; le deuxième à la Lune, Lunœdies, Lundi ; le troisième à Mars , Martis dies, Mardi ; le quatrième h Mercure, Mercurii dies , Mercredi; le cinquième à Jupiter, Jcvis dies, Jeudi; le sixième à Vénus, Veneris dies , Vendredi j et enfin le septième à Saturne , Saturnî dies; nous l'avons appelé Samedi, Sabbati dies , en mémoire du jour du sabbat des Juifs.
II y a dans chaque mois la valeur de quatre semaines, et quelques jours de plus dans le mois solaire ; car il y en a communément trente ou trente-un pour répondre à peu près au temps que le soleil met à parcourir un signe ou la douzième partie du zodiaque. A\Til, Juin, Septembre et jSovembre ont trente jours; Février n'en a que vingt-huit ; tous les autres en ont trente-un.
Tandis que la terre fait une révolution entière dans son orbite , elle tourne sur son axe trois cent soixante-cinq fois et un quart à peu près : cela veut dire, selon les mouvemens apparens et les expressions usitées , que l'année solaire est de
ENTRETIEN VI. i2«
trois cent soixante-cinq jours et près de six heures. En prenant CCS six heures excédantes pour complètes, on convient de les réunir, et de donner à chaque quatrième année un jour de plus qu'aux autres. Ce jour fut placé immédiatement après le 23 de féviier, qui , suivant la manière de compter des l\omains, étoit appelé le sixième avant les calendes de mars : ainsi, parce qu'on disoit deux fois, cette année-là, sextus calendas Martii, le jour intercalé fut nommé hissexte, et Tannée où il avoit lieu , bissextile. Cet arrangement , qui se fit sous Jules-César, supposoit que les six heures excédantes de l'année commune étoient complètes, mais elles ne le sont pas; et quoiqu'il n'y manque que quelques minutes, cette petite quantité, répétée durant un grand nombre d'années, devint cependant si considérable, qu'à la fin du seizième siècle, les équinoxes étoient dérangés de dix jours. Le pape Grégoire xiii ordonna , par une bulle du 24 février i582, que ces dix jours de trop seroient retranchés, et que le 5 octobre suivant seroit le i5 du même mois. La plupart des états catholiques reçurent celte réforme ; mais l'Angleterre et quelques autres nations , ne voulant point se conformer à cette correction , continuèrent de dater leurs actes selon l'ancien calendrier; et c'est ce qui a donné lieu à la distinction du vieux et du nouveau style, que l'on désigne souvent par ces lettres, \. S. et N. S. dans les écrits qui doivent passer d'une nation à l'autre. Ce ne fut qu'en 1752 que les Anglais, par un acte émané du parlement, adoptèrent la réforme de Grégoire xill.
Le hissexte ajoute en quatre ans quarante minutes de plus que le soleil n'emploie à retourner au même point du zodiacjue. Ces minutes rassemblées composent un jour entier au bout de cent trente-trois ans. Pour empêcher que cet excédant ne cause cjuelque dérangement nouveau , on omet trois bissextes dans le cours de quatre cents ans. Les années 1700 et 1800, pour cette raison, ne furent point bissextiles; 1900 ne le sera point non plus; mais 2000, 2400, 2800 le seront.
Les trois cent soixante-cinq jours dont l'année commune est composée forment cinquante-deux sem.aines et un jour; en sorte que, s'il n'y avoit pas d'année bissextile, les quantièmes des mois et les jours de la semaine se retrouveroient les mêmes de sept ans en sept ans ; mais l'intercalation du bissexte fait que ce n'est qu'au bout de vingt-huit ans qije le
même quantième peut se retrouver au même jour de la semaine, après avoir parcouru tous les autres : on donne à cet intervalle le nom de cycle solaire. Il s'est e'coulé soixantequatre cycles solaires depuis la naissance de Je'sus-Christ jusqu'à l'anne'e 1792; et nous sommes actuellement, en 1828» dans la huitième annc'e du soixante-sixième y qui finira par conse'quent en 184.8.
Dans le calendrier de chaque anne'e, il y a une lettre qui de'signe le dimanche, et qu'on nomme , pour cette raison , lettre Dominicale; c'est toujours une des initiales des mots latins que voici : Dei, Ccclum., Bonus ^ Accipe, Gratis, Fîlius, Esto. Pour trouver la lettre dominicale d'une année , il faut compter les cycles solaires de cette anne'e circulairement sur quatre doigts, et prononcer de suite les mots pre'ce'dens, en observant d'en exprimer en même temps deux toutes les fois qu'on tombe sur le premier doigt, et un sur chacun des autres. La lettre que Ton cherche est la première du mot que l'on articule le dernier. Ainsi , voulez-vous trouver la lettre dominicale de cette anne'e, 1828, par exemple? Comme le cycle solaire est dix-sept, vous compterez sur vos quatre doigts jusqu'à la concurrence de ce nombre, en prononçant les mots de la manière que j'indique; et les mots Filius, Esto, en tombant sur le i" doigt du cinquième tour, vous marquera que" ce sont les lettres F E que vous cherchez. Comme l'année bissextile a deux lettres dominicales , dont l'une sert jusqu'au vingt-quatre de février, et l'autre pendant le reste de l'année,^ si le cas se rencontroit vous prendriez la lettre suivante. Observez, comme nous venons de le dire plus haut , que l'année 1800 n'a pas été bissextile.
L'année se partage en quatre saisons : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Chacune d'elles dure autant de temps que le soleil en met à parcourir trois signes du zodiaque ; ce qui comprend l'espace de trois mois. Pour les climats qui sont entre l'équateur et le pôle arctique, le printemps commence lorsque le soleil entre au signe du Bélier, qui arrive le 20 de mars ou environ , et finit quand cet astre parvient au signe de l'Ecrevisse, le 21 de juin; alors l'été commence , et dureSjusqu'au 22 de septembre, jour auquel le soleil entre au signe de la Balance ; l'automne commence ce jour là , et finit quand le soleil se trouve au premier degré du Capricorne,
c'est-à-dire, au 21 décembre : l'hiver commence alors, et dure jusqu'au 20 mars. Quand les régions septentrionales ont l'hiver , Tête' règne dans celles du midi qui leur correspondent ; il en est de même pour l'automne et pour le printemps.
Le froid qui se fait sentir en hiver, et la chaleur qu'on éprouve en e'te' ne viennent point de ce que le soleil est plus ou moins éloigne de la terre, puistjue c'est dans la dernière de ces deux saisons que l'astre du jour est dans son apoge'e. La cause principale de ces deux effets si contraires, c'est qu'en élé les rayons solaires tombent moins obliquement qu'en hiver sur la partie du globe où nous sommes placés, et riiorizon, par conséquent, en reçoit un plus grand nombre. Ajoutez que les jours d'été sont plus longs que ceux de l'hiver : le soleil , restant plus long-temps sur l'horizon , l'échaufTe davantage ; et les nuits, qui sont proportionnellement plus courtes, causent moins de refroidissement.
La lune, qui est cinquante fois plus petite que notre globe, nous paroît cependant plus grande que toutes les autres planètes ; c'est qu'elle est plus près de nous , puisque , dans son apogée , elle n'est éloignée de la terre que de quatre vingtonze mille lieues; et de quatre-vingt mille dans son périgée.
Elle a trois mouvemens : l'un , qui l'entraîne avec la terre autour du soleil ; l'autre qui la fait circuler autour de notre globe ; et le dernier par lequel elle fait une révolution sur son axe.
Le premier de ces trois mouvemens est annuel. Elle met vingt-sept jours sept heures et environ quarante-trois minutes à faire le second : elle emploie précisément le même temps pour le troisième ; ce qui fait qu'elle nous montre toujours le même hémisphère.
Les vingt-sept jours sept heures et quarante-trois minutes que la lune emploie à parcourir son orbite sont ce qu'on appelle son mois périodique ; ainsi , elle fait, en moins d'un mois, ce que le soleil paroît n'achever qu'en un an , c'est-à-dire, que , dans ce petit espace de temps , on la voit répondre successivement à tous les signes du zodiaque , aller et revenir d'un trorique à l'autre, passer, par conséquent, deux fois sur l'équateur, et décrire par ses révolutions diurnes des cercles qui lui sont sensiblement parallèles.
lai ÉRASTE,
Ea parcourant ainsi son orbite , la lune doit rencontrer tleux fois le soleil sur sa route ; mais comme cet astre s'avance de vingt-sept degrés dans l'ccliplique , tandis qu'elle circule autour de la terre , il lui faut quelques jours de plus pour se retrouver en conjonction avec lui. Ainsi le temps qui s'écoule entre les deux conjonctions est de vingt-neuf jours et demi , et s'appelle mois synodii^ue de la lune , ou lunaison.
La lune, étant un corps opaque et sphérique, ne peut jamais avoir que la moitié de sa surface illuminée par le soleil ; et comme l'hémisphère éclairé se présente diversement à nos regards, dans le cours d'une même lunaison , ces phases particulières sont comme autant de points de divisions pour le mois synodique.
Quand la lune est en conjonction avec le soleil, alors, se trouvant entre cet astre et la terre, sa surface éclairée regarde, le globe lumineux, et ne peut nous transmettre aucun des rayons qu'elle en reçoit ; c'est ce qu'on appelle nouvelle lune, planche (j , f.g. 2.
Après quelques jours de marche dans son orbite , elle nous laisse apercevoir une petite portion de sa surface illuminée sous la forme d'un croissant , dont les deux pointes sont tournées vers l'orient, parce que le soleil est alors à l'occident de la lune, mcmefig.
Peu à peu nous voyons la concavité de ce croissant se remplir ; en sorte que sept jours , ou un peu plus , après la nouvelle lune , nous remarquons la moitié de la partie éclairée sous la forme d'un demi-cercle ; et c'est ce que l'on nomme le premier quartier de la lune : elle est alors parvenue au quart de sa révolution, mêmefig.
A mesure qu'elle s'éloigne du soleil , nous apercevons une plus grande portion éclairée, jusqu'à ce qu'enfin, au quatorzième jour et demi de sa route, étant arrivée au milieu de son orbite , et se trouvant en opposition avec le soleil , elle nous offre toute la partie que cet astre embellit de ses feux ; c'est ce qu'on appelle la pleine lune, mêmefig.
A compter de cette phase, la partie lumineuse va toujours en diminuant pour nous, de sorte qu'au 22 nous ne voyons plus qu'une portion de la lune semlDlable à celle du 7 , avec cette différence qu'elle à sa convexité apparente tournée vers l'orient , d'où lui vient alors la lumière du soleil : c'est le der~
nier quaiiier : elle est alors aux trois quarts de sa route. Ce quartier diminue de jour en jour, et se termine enfin par un croissant semblable au premier, mais dont les pointes sont tournées vers l'occident. Lorsque le croissant est encore fort étroit , on voit assez distinctement le reste du corps de la lune. Ce qui produit ce phénomène, c'est la lumière du soleil réfléchie par la surface de la terre : car notre globe fait , à cet dgard, pour son satellite, ce que ce satellite fait pour lui, même Jîg.
Le retour de la lune au soleil se faisant après vingt-neuf jours douze heures quarante-quatre minutes , les douze lunaisons , au lieu de former une année commune , ne font que trois cent cinquante-quatre jours ; en sorte que si la lune est nouvelle au commencement de l'année, elle ne le sera pas au commencement de la suivante ; elle sera alors âgée de onze jours. Au bout de trois ans , il y aura trente-sept lunaisons , et environ trois jours de plus; mais, au bout de dix-neuf ans, les nouvelles et pleines lunes se retrouvent aux mêmes quantièmes, parce que dix-neuf ans, ou deux cent vingt-huit de nos mois répondent à un nombre exact de lunaisons ; savoir, à deux cent trente-cinq. Cette révolution de dix-neuf ans est ce qu'on nomme cycle lunaire ou nombre d'or, parce qu'à Athènes on marqiioit ce nombre dans la place publique avec des chiffres en or. Il s'est passé quatre-vingt-seize cycles lunaires, depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'à l'année 1828 ; et par conséquent nous sommes, en 1828, dans la cinquième année du quatre-vingt-dix-septième , cjui finira en
Les lunaisons ne reviennent pas précisément à la même heure tous les dix-neuf-ans ; la différence monte à un jour dans l'espace de trois cent quatre ans. Voilà ce qui a fait imaginer, depuis la découverte du nombre d'or, une autre espèce de nombre que l'on appelle épacte, dont l'objet est d'exprimer, pour chaque année , l'âge qu'avoit la lune à la fin de l'année précédente. A la fin de 1827 , par exemple, la lune étoit âgée de quatorze jours, c'est-à-dire qu'il y a eu quatorze jours écoulés depuis la nouvelle lune : ces quatorze jours sont ce qu'on appelle êpacte pour l'année 1828.
Par ce que je vous ai dit de la marche de la lune , vous avez vu que , dans l'espace d'un mois , cette planète se trouve
une fois en conjonction et une fois en opposition avec le soleil. Ces deux positions ou passages, que les astronomes appellent syzygieSf sembleroient devoir occasionner autant d'e'clipses; car la lune , étant un corps opaque , est bien capable de faire ombre sur la terre , en passant entre elle et le soleil dans les nouvelles lunes , et de lui de'rober pour un temps la vue de cet astre ; et la terre , h son tour , se trouvant entre les deux astres, au temps de leur opposition, ou , ce qui est la même chose , dans la pleine lune , pourroit bien, par la même raison, empêcher la lumière de l'un de parvenir jusqu'à l'autre. Cependant les pleines lunes se passent très souvent sans être éclipsées , ainsi que les nouvelles lunes , sans que le soleil le soit; quand l'un ou l'autre de ces deux astres s'éclipse, ce n'est pas toujours de la même quantité , ni par le même bord du disque. Or , cela arrive pour deux raisons ; la première , c'est que l'orbite de la lune est inclinée d'environ cinq degrés au plan de l'écliptique ; rappelez-vous l'image des deux cercles de tonneau , pi. 8 ^yîg. 8 : la seconde, c'est que les nœuds de l'orbite lunaire ont un mouvement progressif qui les fait changer de place à chaque lunaison. Le nœud ascendant de l'orbite lunaire s'appelle tête du dragon, et le nœud descendant se nomme queue du dragon. De ce que l'orbite de la lune est inclinée à l'écliptique , il arrive très souvent qu'au temps de la conjonction et de l'opposition, la planète a assez de latitude, c'est-à-dire, est assez élevée au-dessus ou assez abaissée au-dessous du plan de l'écliptique , pour que la lumière du soleil parvienne, sans osbtacle, jusqu'à elle dans le second cas, et jusqu'à la terre dans le premier; et alors, comme vous voyez , il n'y a point d'éclipsé ; mais parce que les nœuds , au lieu d'être fixes , parcourent successivement les différens points de l'écliptique , il peut arriver, et il arrive en effet de temps en temps qu'ils se rencontrent avec les syzygies, c'est-à-dire, que la lune se trouve, ou dans le plan même , ou fort près du plan de l'écliptique , lorsqu'elle entre en opposition ou en conjonction avec le soleil ; dans le premier cas , l'ombre de la terre le couvre en tout ou en partie , et c'est une éclipse de lune, pi. \o.^fig. 2 : dans le second , c'est elle qui nous cache plus ou moins le soleil , et c'est une éclipse de soleil ,/g'. I.
Quand l'ombre de la terre ne couvre qu'une partie du dis-
que de la lune , l'e'clipse est partielle; quand elle en couvre plus de deux tiers , l'e'clipse est presque totale : enfin , quand elle le couvre tout entier, ce qui arrive lorsque l'opposition entre la lune et le soleil se trouve justement sur le nœud de l'orbite lunaire , l'e'clipse est non seulement totale , mais centrale. La lune totalement e'clipse'e, ne cesse pas pour cela d'être visible; elle paroît sous une couleur de cuivre rouge, ou d'un fer ardent qui commenceroit à s'e'teindre. Cet effet vient des rayons solaires qui se réfractent dans l'atmosphère terrestre , et qui , se croisant après, vont illuminer foiblement l'astre qui ne reçoit plus les rayons directs.
De même quand la lune ne couvre, en passant, qu'une partie plus ou moins grande du soleil , l'êclipse de cet astre est partielle; et quand la conjonction se fait prêcise'ment au nœud, elle est centrale, mais non pas totale, parce que le disque de la planète n'e'tant point assez grand pour couvrir entièrement celui du soleil, cet astre le déborde tout autour, comme un anneau lumineux ; ce qui fait qu'on appelle cette éclipse annulaire.
On distingue deux choses dans une éclipse , savoir Vimmersion et Vémersion. L'immersion est l'entre'e d'un astre dans l'ombre de celui qui doit l'e'clipser : il faut en saisir le commencement , et la fin qui se nomme Y immersion totale. L'e'mersion est la sortie hors de l'ombre : on s'attache aussi à en observer le commencement, et la fin , qui s'appelle émersion totale.
11 faut remarquer qu'une e'clipse de soleil , fut-elle centrale , n'est pas visible pour toutes les parties de la terre qui doivent être e'claire'es par cet astre ; et que celles-là mêmes qui l'aperçoivent ne voient pas le soleil éclipse' de la même quantité' : cela vient de ce que la lune est beaucoup plus petite que le soleil et la terre. Par la raison contraire , une e'clipse de lune s'aperçoit partout où cette planète seroit visible , si le globe qu'elle accompagne ne lui de'roboit point la lumière.
Je termine par deux re'flexions , mes chers amis, tout ce que j'avois à vous dire sur les astres. Premièrement , l'e'clipse de soleil , arrive'e à la mort de Je'sus-Christ , n'a pu être que miraculeuse , puisque la fête de Pâque se ce'le'broit chez les Juifs au commencement de la pleine lune , c'est-à-dire , dans
le temps où cette planète entre en opposition avec le soleil. En second lieu , gardez-vous bien de croire que les astres ont d'autres influences sur nous que celle de nous e'clairer ou de nous e'chauffer. Ainsi, ne vous figurez pas , avec le vulgaire imbe'cile et Tantiquite' crédule , que les phe'nomèncs ce'lestes, les e'clipses , les apparitions des comètes , annoncent à la terre des malheurs , des catastrophes : de'fiez-vous de tout ce que ces imposteurs , que l'on nomme astrologues, attribuent aux corps ce'lestes , et soyez bien convaincus que tout ce que nous remarquons dans les voûtes immenses qui sont suspendues sur nos têtes , est la suite naturelle de lois sa^es, et d'autant plus invariables, que les hommes sont venus à bout d'en pre'voir les effets plusieurs siècles avant qu'ils n'arrivent.
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De VAir, du Feu et de la Lumière,
EuGÈTsE. Ce que vous nous avez dit du ciel me rend curieux de connoître les merveilles qui sont plus près de nous. Par exemple, qu'est-ce que l'air?
Eraste. C'est un fluide élastique et pesant.
La fluidité' de l'air est très grande, parce qu'il est composé de parties extrêmement rares, sphériques, très petites, très mobiles, peu pesantes, qui, bien loin de s'attirer, se repoussent, et qui, par conséquent, peuvent être facilement séparées les unes des autres.
On a remarqué, jusqu'à présent, qu'une masse d'air d'une certaine étendue conservoit toujours sa fluidité; et l'on n'a jamais observé qu'on pût lui faire perdre cette qualité , soit en la gardant durant plusieurs années dans des vases exactement bouchés, soit en l'exposant au froid le plus piquant, soit en lui faisant subir les plus fortes et les plus longues compressions.
L'air est élastique , puisqu'on peut le comprimer, et que , dans la compression , il fait effort pour se rétablir, comme il se rétablit en effet , dès que la cause qui pressoit son volume
ENTRETIEN VÎT. ,^j
cpsse de renchaîner. C'est par le moyen de cette pronriete' que Pair renferme dans un fusil à vent chasse une balle qui peut porter la mort à soixante-dix pas.
L'air se comprime lui-même par son propre poids; de sorle que celui que nous respirons dans Ja plaine est plus dense que celui qu'on trouve sur une montagne , parce que celui-ci est chargé d'une colonne moins longue que ceiui-ià. Pour vous convaincre de la pesanteur de l'air, prenez une bouteille de verre mince, plate et pleine d'air; ajustez-la sur une platine de la machine pneumatique , de sorte que l'orifice de la bouteille corresponde à celui de la platine : pompez l'air renfermé dans la bouteille ; vous la verrez éclater en des milbons de parties , parce que l'air extérieur n'étant plus en équilibre avec l'air renfermé dans la bouteille, doit en pousser les parois l'une contre l'autre avec toute la force que lui donnent sa pesanteur et son ressort.
EuDOXiE. Apprenez-nous, je vous prie, ce que c'est que la machine pneumatique?
Er. C'est un instrument composé d'une pompe de cuivre avec son piston, d'une platine de cuivre couverte d'un cuir mouillé, sur laquelle on pose un vase de verre fait en forme de voûte , et d'un robinet placé dans un petit canal qui sépare la pompe d'avec la platine. Ce robinet est tellement percé, que tantôt il ouvre une communication entre le récipient et le corps de la pompe, et tantôt entre le corps de la pompe et l'air extérieur. Lorsqu'on veut (aire le vide, on ouvre la communication entre l'intérieur du récipient , et l'intérieur de la pompe ; on abaisse le piston, et alors une partie de l'air contenu dans le récipient descend dans le corps de la pompe , d'où il est aisé de le faire sortir, en relevant le piston , et en faisant communiquer l'intérieur de la pompe avec l'air extérieur. On recommence la même opération , jusqu'à ce qu'on ait fait le vide , qui n'est jamais absolu , mais seulement relatif. C'est dans ce récipient, ainsi purgé d'air, que l'on fait une infinité d'expériences qui jettent le plus grand jour sur les connoissances physiques.
L'air forme une espèce d'enveloppe à notre globe ; et cette masse, avec les vapeurs et les exhalaisons qui y nagent, est appelée atmosphère terrestre.
Cette atmosphère est composée d'air ^ de vapeurs , de dif-