HUGUES CAPET
987-995. Les quatre premières années du règne de Hugues Capet ne furent pas tranquilles. Charles, duc de la Basse- Lorraine , frère de Lothaire , et onde du dernier roi , pre'tendoit ouverlement au trône , et étoit soutenu par quelques seigneurs puissans. Mais ce prince fut enfin vaincu : on le fit prisonnier ; on le conduisit à Orléans; on le jeta dans une prison : il y mourut , laissant son rival paisible possesseur du diadème de ses ancêtres.
Aussi aimable par sa douceur et son affabilité, que redoutable par sa puissance, son génie et s^ valeur, il n'est pas étonnant que Hugues Capet soit parvenu à monter sur un trône que la foiblesse avoit pour ainsi dire laissé vacant ; qu'il s'y soit maintenu avec gloire , et qu'il y ait établi sa postérité. Avant lui , grand nombre de bénéfices ecclésiastiques , d'abbayes , de cures même , étoient possédés par des seigneurs , la plupart gens de guerre ou engagés dans le mariage ; il fit cesser ce scandale en renonçant aux riches abbayes dont
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il touchoit les revenus. Son exemple fut suivi parles seigneurs de sa cour, et cet acte de justice autant que sa piété , lui mérita le litre de défenseur de l'Eglise.
996. Hugues associa Robert , son fils aîné, à sa puissance, et quitta la vie dans la dixième année de son règne , et la cinquante-cinquième de son âge.