‹ Éraste, ou, L'ami de la JeunesseChapitre 81 sur 89 · FRANÇOIS II · texte numérisé non relu

FRANÇOIS II

iSog. François ir, fils de Henri n et de la trop fameuse Catherine de Médicis, ne porta le sceptre que dix-îmit moismais son règne vit éclore tous les maux qui depuis désolèrent la France. François, duc de Guise , et le cardinal de Lorraine son frère, furent mis h la tête du gouvernement , et commencèrent la subversion du royaume. Antoine de Bourbon roi de Navarre , et Louis son frère, prince de Condé, les plus considérables des princes du sang, disgraciés et sans fonctions, fâchés que deux étrangers tinssent le roi en tutelle la nation en esclavage , les princes du sang et les officiers de la couronne éloignés, résolurent de secouer le joug. De concert avec l'amiral Goligni, ils se joignirent aux calvinistes pour détruire les Guises, protecteurs zélés de la foi catholique. L'ambition fut la cause de cette guerre ; la religion , le prétexte, et la conspiration d'Amboise, le premier signal. Cette conspiration éclata au mois de mars i56o. La cour étant prévenue , les conjurés furent découverts. Les chefs furent condamnés h mort ; on fit grâce à la multitude qu'on crut séduite. Mais quelques jours après, ceux qu'on venoit d'épargner ayant tenté une seconde entreprise sur Amboise, on fit main basse sur tout ce qu'on put découvrir de conjurés. Telle fut la fin de celte fameuse conspiration, oij les calvinistes donnèrent le premier exemple de la fureur que l'héiésie peut inspirer contre les puissances légitimes.

Quelque temps après, on découvrit que le prince de Condé étoit le chef des calvinistes , qu'il avoit été l'âme de la conjuration, et qu'il en tramoit une nouvelle. Il fut arrêté à Orléans, où étoient convoqués les e'tats du royaume. On instrui- IL 24

sit son procès dans les formes, et le crime se trouva si manifeste, que les juges ne purent se dispenser de prononcer la sentence de mort. Ce prince coupable alloit finir sa vie par la main du bourreau , lorsque François ll , infirme dès l'enfance, mourut dans la dix-huitième anne'e de son âge , laissant la cour et le royaume en proie à des factions qui dévoient bientôt dege'ne'rer en guerres cruelles.

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