‹ Ermites et reclus [microform]Chapitre 13 sur 32 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

LES REGLUS

LES ermites dont on s'est occupé dans la première partie menaient, loin des centres habités, dans la solitude des déserts, des forêts ou des îles, une vie de pénitence et de contemplation. Le reclus, au contraire, se faisait enfermer, souvent en pleine ville, dans une étroite cellule conti— guë à une église, ou bien dans une cellule dépendant d'un monastère, pour y rester confiné de longues années ou même — c'était le cas le plus fréquent — jusqu'à la fin de ses jours. Ce genre de vie, qui nous paraît aujourd'hui si étrange, fut adopté, au moyen âge, par un très grand nombre d'ascètes de tous les pays.

La vie érémitique en plein vent n'était guère pratique pour les femmes : aussi très rares furent, avons-nous dit, celles qui adoptèrent cette existence que n'encouragea jamais l'autorité ecclésiastique, tandis qu'il y eut anciennement autant de recluses que de reclus, peut-être même davantage dans les derniers siècles.

Sous les traits de la Sœur Gudule du Trou-aux-Rats, Victor Hugo a dessiné, dans Notre-Dame de Paris, une sinistre caricature de recluse (i). J.-K. Huysmans, mieux documenté, a introduit dans L'Oblat une digression sur les reclus des deux sexes qui donne une idée beaucoup moins fantaisiste de ces curieuses existences (a).

(i) L. VI, ch. 3.

(a) ÛOhlat, p. i23-i35.

Divers travaux historiques ont été publiés sur les reclus d'une région ou d'une époque déterminées. Plusieurs ont une réelle valeur (i). C'est avec l'intention d'écrire une étude d'ensemble de la réclusion religieuse, et en même temps une étude aussi précise que possible dans le détail, que nous reprenons le sujet à notre tour.

(i) Citons : A. Basedow, Die Inclasen in Deutschland vornehmlich in der Gegend des Niederrheins um die Wende des 12. a. 13. Jahr/mnderfs(Heidelberg, 1895); Dom J. Besse, art. Anachorïtes du Dict. de théologie de Vacant (col. n38-ii4o); M. BouDET, Documents inédits sur les recluseries au moyen-âge. La recluserie du Pont Sainte-Christine à Saint-Flour (Aurillac, 1902); R. M. Clat, The Hermits and Anchorites of England (London, 191A); E. L. GuTTs, Scènes and Characters of the Middle Ages, p. gS-iSi (London, 187a); F[rahz] F[alk], Die Inclusen and Inelusinen des ^ittelallers am Mittelrhein (KathoUk, 1872, p. 711 s.). Du mênae, Ein Incluse des 13. Jahrh. zu Osnabriick {Ibid., 1878, p. 354 s.); M. G. GoteuE, Recherches sur les recluseries de Lyon (Lyon, 1887); Pavt, Les réclaseries (Lyon, 1876); Dom P. PiO- HN, Note sur la réclusion religieuse (Bulletin monumental, XLV, 1879, p. 4/19 s., XLVl, 1880, p. 5i8 s.); L. Ricaud, Les reclus des Hautes-Pyrénées (Tarbes, 1908); F.M. Steelb, Anchoresses of the West (London, igo3) [quantité de références fausses]; Sthebeb, art. Inclasen oder Reclusen, dans le Kirchenlexicon (VI, 63i-643); E. Va» Wihtershoven, Recluseries et ermitages dans l'ancien diocèse de Liège (Bulletin de la société scientifique et littéraire du Limbourg, XXIIÏ, 1906, p. 96-158); E. Sainte-Marie Perriw, Le reelusageen France au moyen âge (Revue hebdomadaire, 19 juillet 191 1, p. 698-629) ; J. Aseh, Die Klausen in Kôln (Annalen des historischen Vereins fur den Niederrhein, Heft iio, 1927, p. 180-aoi); Notice sur les réclaseries du moyen âge, dans Le Saint-Sacrement et V église Saint-Martin à Liège par J. Cruls (Liège, 1881, p. 179-217).

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