‹ Ermites et reclus [microform]Chapitre 15 sur 32 · NOTIONS LIMINAIRES · texte numérisé non relu

NOTIONS LIMINAIRES

désigner l'habitant (i). Dans un texte du XP ou du XIP siècle, inclusa signifie, non pas « recluse m, mais «la cellule d'un reclus » (2).

La forme de vie adoptée par les reclus est appelée, dès les époques mérovingienne et carolingienne, inclusio (B), retrasio (4). clausura (5). Postérieurement on dira aussi reclusio (en français réclusion) (6).

La réclusion religieuse apparaît en Orient dès le IIP ou le IV' siècle. Les reclus y furent nombreux aux V* et YP siècles (7). Les écrits de S. Grégoire de Tours (f vers 5 98) prouvent que cette forme de vie ascétique florissait de son temps en Gaule (8), Elle florissait en Ecosse au temps de la reine Marguerite (1070-1093) (9). De bonne heure également, l'Italie posséda des reclus et des recluses (10). Sous le pontificat de Léon X (i5i3-i5ai), quatre recluses occupaient encore la chapelle de Saint- André à Saint-Pierre de Rome (i i).

(i) Lettre d'un reclus à Giraud le Gambrien {De invectîonibus, vi, a3, éd. W. S. Davies, dans Y Cymmrodor, XXX, igao, p. aaS).

(a) Ordq inclusoran, éd. Haeften, Disquisitiones monasticae, Antverpiae, 1744, I, vni, p. 83.

(3) Grégoire de Tours, Hist. Franc, vu, i, éd. Arndt, p. aSg.

(4) Vita S. Eagendi, 5 (M. G. Script, rer. Merov., III, i56); Grimlaïc, Régula, i4, 16, col. 5ga, 5g4.

(5) ETIENNE II, Ep. k (P. L., LXXXIX, 1000).

(6) Gonc. de Francfort de 7g4, éd. Werminghoff, M. G., Leges III, Concilia II, p. 168 ; Pierre le Vénérable, Op. cit. (P. L., CLXXXIX, 97); Vita Aiberti, II, 11, éd. citée, col. 678.

(7) Streber, art. cité, 63i-633; M. Heimbugher, Die Orden nnd Kongregationen, Paderborn, 1907, I, p. i46. Sur la réclusion en Orient et en Gaule aux temps mérovingiens, voir J. de la. Martinière, Saint Cybard, étude critique de textes {Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 7* sér., t. VII, 1907, p. 142 s.).

(8) Voir les références ci-dessus et ci-dessous.

(9) TuRGOT, Vita Margaritae, 9 (Haddas et Stdbbs, Councils and Eccles. Docum., II, I, p. iSg).

(10) S.Grégoire le Grand, Dial., III, i6(P.L.,LXXVII, a57);ÉTiENNE II, loc. cit.

(il) Wadding, Anales Minoram, ad an. r5i5, n. 4i. Cf. P. M. Baomgarten, Inklusen bei St Peter in RomXHist. polit. Blâtter, CXLI, 1908, 6-i5).

6o LES RECLUS

Beaucoup de villes de l'Europe occidentale, notamment Toulouse, Lyon, Strasbourg, Liège, Norwich, entretinrent, pendant des siècles; une succession de reclus ou de recluses, dans les mêmes reclusoirs (i). « Peut-être, observe un écrivain belge, n'y avait-il pas d'église à Liège, au XIIP siècle, qui n'abritât quelque recluse à l'ombre de ses murailles (2). »

Holstenius, qui parcourut l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie et qui, de plus, voyagea en Angleterre et en Pologne, déclare, dans un ouvrage publié pour la première fois en 1661 (l'année de sa mort), ne point connaître de reclus, mais il ajoute qu'on montrait, de son temps, dans de nombreux monastères, des reclusoirs jadis habités (3). Nous avons cependant sur l'existence de reclus des deux sexes en Belgique, pendant la première moitié du XVIP siècle, les témoignages formels d'Aubert Le Mire (Miraeus), mort en i64o, et d'Haeften, bénédictin d'Afflighem, mort en 1648 (4). Le Mire en signale à Bruxelles, à Anvers, à Louvain, à Gand et en d'autres lieux (5). On peut citer les noms de deux recluses du XYIP siècle : Jeanne de Gambry, née à Douai, recluse à Saint-André de Lille, qui mourut en ,1625, et Marguerite, fille de Wolfgang Franz von Luschen, née à Stuttgart, luthérienne

(i) Guillaume de Ci.srEh, Mémoires de l'histoire du Languedoc, Toulouse, i633, II, 191; C. GuiouE, op. cit., et Bibliothèque historique du Lyonnais (I, 1886, p. 73-117); L. Pfleger, Zur Geschichte der Inklusen am Oberrhein am Ausgang des Mittelalters (Hist. polit, Blàtter, CXXXIX, 1907, p. 5o4); Blomefield, History of Norwich, d'après M. H. Bloxam, Principles of Gothic Architecture, London, i88a, II, p. 170 s.; Juliehhb de Norwich, Révéla'lions de l'amour divin, trad. Dom Gabriel Meunier, Paris [igaB], p. xxi s.

(a) Demarteau, Op. cit., p. aï.

(3) HoLSTBNius, Codex regularam monasticaram, Augustae Vindelicoruiu, 1769, I, p. aga. Miss R. M. Clai donne une liste de cellules de reclus, ou prétendues telles, qui se voient encore actuellement en Angleterre, avec des illustrations (Op. cit., p. 8a-8^, pi. a6 et a7).

(ti) Haefteit, Disquisitiones monasticae, Ântverpiae, lôlik, p> 84.

(5) A. Miraeus, Fasti belgici ac burgundici, Bruxellis [i6aa], p. 554.

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convertie, qui vécut en réclusion de 1628 au 31 août i65i, date de sa mort, dans une cellule contiguë à l'église du Saint- Esprit à Luxembourg (i). En 1686, Dom Michel Germain et Dom Mabillon furent témoins de la vie extrêmement édifiante de deux reclus qui logeaient dans deux cellules séparées à l'ermitage de Gamaldoli près d'Arezzo (a).

(i) Strebeh, art. cité, 64o-64i.

(2) Lettre de Michel Germain à Claude Bretagne (18 avril 1686), dans la Correspondance inédite de Mabillon et de Montfaucon avec l'Italie, Paris, 18A6, 1. 1", p. 243-244.

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